Un bel aperçu de l'évolution de la mode nous est donné par l'art du portrait. Dans les portraits, la garde-robe est d'une importance majeure pour montrer son appartenance à un rang. Être « à la mode » est à l'époque un luxe que peu de personnes sont en mesure de s'offrir. Se faire tirer le portrait, voilà une occasion en or pour porter ses plus beaux tissus.
L'art du portrait connaît son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles. En ces temps là, Paris est la capitale incontestée de la mode. La robe qui est portée par toutes les femmes en Europe, la robe à la française, provient directement de la cour royale. Elle se compose essentiellement de trois parties : un corps baleiné, un panier, et un jupon dont la forme a évolué de manière significative au fil du temps. La robe est fermée sur une pièce d'estomac richement décorée par de la dentelle ou de la broderie. Sous la Régence, l'abbé Guillaume Dubois aurait rapporté de Londres la mode des paniers. Marie Louise Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry et fille de Philippe d'Orléans, adopte l'ample robe dont les cerceaux dissimulent ses formes jugées trop généreuses et ses malencontreuses grossesses qui font couler l'encre des satiristes.

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On retrouve plusieurs représentions de cette robe dans le genre des fêtes galantes, style inventé par Antoine Watteau, qui se plaisait à représenter la volupté des tissus. On lui doit d'ailleurs le terme « plis Watteau », soit l'ensemble des plis du dos qui caractérisent la robe. L'Enseigne de Gersaint est l'un des exemples les plus connus de son œuvre.
Jeanne-Antoinette Poisson, Marquise de Pompadour, est probablement la maîtresse la plus célèbre du roi Louis XV. Ses portraits ont été réalisés par les plus grands peintres français, dont François Boucher. Pour la marquise, ces tableaux témoignent de sa puissance, de son éducation (elle est souvent illustrée au côté de livres ou de manuscrits) et de son bon goût. En portant des robes luxueuses, elle participe également à la renommée des beaux tissus de l'industrie française de la soie.

Dans les années 1770, la robe à la française devient plus pompeuse que jamais. Les paniers (structures en métal qui donnent cet effet bouffant à la jupe) deviennent de plus en plus larges. Les femmes prennent goût pour d'imposantes coiffures, pour donner de la hauteur à leur silhouette évasée.
En 1778, Marie Antoinette est peinte par l'artiste Élisabeth-Louise Vigée Le Brun. La reine, avec son penchant prononcé pour la mode et les belles choses, dépense d'énormes sommes pour s'offrir les plus belles tenues (qui lui vaudront les critiques du peuple). Sa couturière préférée est Rose Bertin, qu'elle proclame même « Ministre de la Mode ».

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Quelques temps plus tard, Marie-Antoinette aspire à une garde-robe plus simple avec des robes blanches de mousseline. Elle souhaite être représentée dans des tenues plus sobres et commandite Vigée Le Brun pour un portrait. Le tableau de Marie-Antoinette « en gaule », présenté au Salon de Paris de 1783, fait scandale. La reine peinte dans une chemise ? Impossible ! Le tableau est retiré de l'exposition.
Cependant, le triomphe de la robe à la chemise est imparable et la Révolution française contribue également à développer une mode féminine plus simple. Peu à peu, la robe à la française et les tenues classiques disparaissent. Les structures sous les jupes disparaissent et les femmes abordent dorénavant des vêtements plus confortables.

Mais ce confort sera de courte durée. Le début du XIXe siècle est une période particulièrement puritaine, et la mode ne fera pas exception. Le port d'un corset lacé très serré devient la norme et il faut couvrir le corps autant que possible. Les vêtements s'élargissent au niveau du col et dans les années 1820 et 1830, les manches deviennent bouffantes .
Avec l'introduction de la crinoline à partir de 1840, les vêtements reprennent un style des années 1770. Dans une peinture de Franz Xaver Winterhalter, l'un des portraitistes les plus populaires de son temps, l'impératrice Eugénie et ses dames sont illustrées assises dans une « mer de crinoline » aux couleurs douces. Dans les années 1860, le point fort de la crinoline n'est autre que son volume. Certains modèles de robe utilisent plus de six mètres de tissu.

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Aux alentours de 1870, la crinoline disparaît de la garde-robe des femmes pour faire place à une nouvelle structure qui donne du volume à l'arrière de la robe. La partie avant de ces nouvelles robes est relativement serré, ce qui a d'abord été considéré comme déplacé.
À la fin du XIXe siècle, cette nouvelle mode est à nouveau mise en sommeil. Les tenues deviennent encore plus étroites, notamment au niveau des hanches, et les manches bouffantes reviennent sur le devant de la scène.
Au début du XXe siècle, avec l'invention de la photographie, l'art du portrait s'essouffle. C'est grâce aux peintres et portraitistes les plus talentueux de leur temps que nous avons pu découvrir les tendances de la mode féminine à travers les siècles et retracer l'histoire de la mode avec autant de précision.
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