Beaucoup la conduisent, mais peu connaissent l'histoire de la voiture qui est devenue l'un des symboles de l'Italie. Alfa Romeo est l'un des constructeurs automobiles les plus anciens d'Italie, et l'un des plus prestigieux. La marque a une histoire fascinante et en juin 2020, elle a célébré 110 ans d'innovations technologiques, de design et de succès sportifs.
La Società Italiana Automobili Darracq (SAID) a été créée en 1906 par le constructeur automobile français Alexandre Darracq, d'abord à Naples, avant de déménager à Milan dans le quartier du Portello. L'enthousiasme initial et les grandes ambitions du fondateur sont temporairement freinés en 1909, avec l'arrivée d'une grave crise économique. Cavalier Ugo Stella, administrateur délégué de l'entreprise, encourage la création d'une nouvelle société pour tenter d'améliorer la situation et la réputation de l'usine. Le 24 juin 1910, la nouvelle firme A.L.F.A. (Anonima Lombarda Fabbrica Automobili), est officiellement enregistrée. Quelques années plus tard, l'entrepreneur Nicola Romeo reprend l'entreprise, et transforme son nom en Alfa Romeo.
Depuis lors, Alfa Romeo a fabriqué des voitures qui ont marqué l'histoire du design automobile. Niveau technologique, la société Alfa est considérée à juste titre comme l'une des plus avant-gardistes dans le monde de l'industrie automobile. Il est difficile d'oublier qu'en 1925, Alfa Romeo a remporté le premier championnat du monde d'automobile de l'histoire et que Ferrari a fait ses débuts en compétition avec des voitures Alfa Romeo.

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L’histoire du logo de la marque n’en est pas moins fascinante. En 1910, la nouvelle société demande au designer Giuseppe Merosi de concevoir un visuel frappant, qui puisse représenter l'Italie dans le monde de l'industrie automobile. Le plus jeune des designers du studio (Romano Cattaneo, un ami proche de Merosi) suggère d'inclure la biscione Visconti, charge héraldique de la noble famille Visconti montrant un serpent azur en train de consommer un humain. L’idée serait venue à Cattaneo lorsqu'il aurait aperçu la biscione sur la Torre del Filarete (la plus haute tour du château Sforzesco) alors qu'il attendait le tram 14 au terminus de Piazza Castello.
La charge héraldique des Visconti symbolisait la force et la puissance de la famille, qui ne reculait devant rien pour détruire ses ennemis. La force et la puissance étant deux notions bien adaptées au lancement d’une marque automobile prospère, la suggestion a été acceptée par Merosi, qui a ensuite ajouté un symbole typiquement milanais, à savoir la croix rouge sur fond blanc des armoiries de la ville. Les deux éléments seront rejoints par une frise bleue portant les inscriptions dorées « ALFA » et « MILANO », et par deux nœuds savoyards rendant hommage à la Maison royale (eux-mêmes remplacés par deux lignes ondulées après la chute de la monarchie et la proclamation de la République).

Au fil du temps, le logo a subi diverses modifications et réinterprétations, comme notamment l'ajout du mot « ROMEO » (suite à l'acquisition de la société par Nicola Romeo). Les deux symboles principaux, le serpent et la croix, sont néanmoins toujours restés présents et sont presque immédiatement associés à la marque. Dans le logo actuel, le serpent apparaît plus proéminent que par le passé, tandis que la figure humaine entre ses mâchoires est stylisée.
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La première voiture de la marque, l’ALFA 24 HP, s'est immédiatement distinguée par ses qualités mécaniques : le moteur de 4084 centimètres cubes dépassait les 40 chevaux et il pouvait atteindre une vitesse maximale de 100 kilomètres par heure, une performance remarquable pour l'époque.
Quatre séries ont été fabriquées jusqu'en 1913 (A, B, C et D) portant la vitesse et la puissance maximales à 110 km/h et 45 chevaux. Au total, plus de 200 châssis ont été construits, et la Spider (un biplace), la Corsa biplace, la Limousine sept places et la célèbre Torpedo sont nées. Le succès de cette dernière est également dû au fait qu'elle a été utilisée par le Commandement suprême de l'armée pendant la Première Guerre mondiale. Et c'est à bord d'un modèle Torpedo 20-30 HP ES qu'Enzo Ferrari a remporté la deuxième place de la prestigieuse Targa Florio en 1920.

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Au début des années 1930, suite à des problèmes financiers dûs en partie à la crise économique et l'effondrement de Wall Street en 1929, Alfa Romeo passe entre les mains de l'État italien, tout en continuant à produire des voitures semi-artisanales jusque dans les années 1950.
À partir des années 1950, l’enseigne se transforme en une véritable industrie automobile, notamment grâce à l'introduction du système de la chaîne de montage, et donne également naissance à quelques modèles légendaires comme l'Alfa Romeo 1900 et la célèbre Giulietta.

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Les années 1960 sont celles du boom économique, de John F. Kennedy, de Youri Gagarine, des Jeux olympiques de Rome, du « bon pape » Jean XXIII… Ce sont aussi des années particulièrement prospères pour Alfa Romeo. Cette décennie a vu, entre autres, la naissance de la Giulia, développée dans une large gamme de berlines et de versions sportives. Couronnée de succès pour son confort de conduite, elle est surnommée la voiture « conçue par le vent ».
La légendaire Alfetta émerge dans les années 1970, tout comme, malheureusement, la crise énergétique, les tensions politiques et sociales et une forte inflation. Cette nouvelle crise se fait sentir chez Alfa Romeo, conduisant l'État italien à vendre la firme au groupe Fiat en 1986, qui parviendra à relancer la marque dans les années 1990.

Le succès et la présence constante d'Alfa Romeo reposent également sur le fait que ses voitures avaient été choisies comme moyen de transport par la police italienne dès les années 1950, notamment le modèle 1900, qui était utilisé comme voiture de service. Le modèle a été surnommé Pantera (panthère) pour sa carrosserie noire, faisant entrer le terme dans le langage populaire (il est encore utilisé aujourd’hui, bien que la carrosserie soit devenue vert clair à la fin des années 1950, avant de passer au bleu et blanc dans les années 1970).
L’Arme des Carabiniers (force militaire chargée de missions de police et de maintien de l’ordre en Italie) a d'abord acheté la 1900 M, puis la Giulietta. Un autre surnom est survenu pour décrire les véhicules des Carabiniers dans les années 1960 : Gazzelle (gazelle), en référence à la vivacité des modèles. Le terme est resté cher aux Italiens et est encore utilisé dans le langage courant.

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Des voitures Alfa Romeo ont également été fournies à d'autres corps de sécurité dans toute l'Italie, tels que le Corps forestier, la Brigade des pompiers, la Police pénitentiaire, la Police municipale et la Police financière.
Alfa Romeo joue un rôle important dans l'imaginaire collectif italien depuis plusieurs années et compte de nombreux fans (qui se définissent comme « Alfisti ») dispersés dans le monde entier. Son slogan, « La mécanique de l’émotion », résume l’esprit d'un constructeur automobile qui a fait de la passion et de la technologie ses fleurons.
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