Louis Vuitton est né en 1821 à Charbouilla, près d’Anchay dans les montagnes du Jura dans l’Est de la France. Son père était meunier et charpentier, il apprit très tôt à son fils comment manier divers outils. Louis Vuitton vient d’un milieu très modeste. Après la mort de sa mère, son père s’est remarié et Louis se retrouvait parfois en conflit avec sa belle-mère. Il choisit de quitter son foyer pour Paris, à 400 km de là. Il partit à pied et accepta des petits boulots au long du chemin en échange d’un toit et du couvert, ce voyage lui prit deux ans.
Une fois à la capitale, il trouva un travail auprès de Romain Maréchal, qui exerçait le métier de layetier-emballeur. Vuitton garda cet emploi pendant 17 ans, jusqu’à ce qu’il ait 33 ans. Ce travail impliquait d’aider les clients qui partaient en voyage, quelque chose que seuls les riches pouvaient s’offrir à l’époque. L’emballeur s’occupait d’empaqueter les vêtements et objets nécessaires pour voyager.

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En 1852, Napoléon III prit le pouvoir via un coup d’État, ce qui fut une opportunité fantastique pour Vuitton. L’impératrice Eugénie fit de lui son emballeur personnel, un travail qui lui ouvrit bien des portes.
Deux ans plus tard, Vuitton se maria à Clémence-Émile Pariaux et ouvrit son propre studio à la station Saint-Lazare ainsi qu’une boutique sur la rue Neuve-des-Capucines, près de la place Vendôme. L’entreprise était littéralement enregistrée sous le nom « Marque Louis Vuitton déposée », avec l’ajout « spécialité pour l’Emballage des Modes ». Dès le début, son nom fut ainsi lié à la mode et au luxe, et plus spécifiquement à la haute couture. Vuitton était un voisin et bon ami de Charles Frederick Worth, le premier créateur de mode dans le sens qu’on connaît aujourd’hui. Worth était en vogue et se construisait un carnet d’adresses grandissant incluant des impératrices, princesses, duchesses, des chanteuses acclamées et actrices célèbres.

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À cette époque, on attendait d’une femme de la société qu’elle se change jusqu’à sept fois par jour. Pendant un voyage, il fallait deux malles pour chaque ensemble, par conséquent les commandes s’empilaient. En amont de la tournée de l’actrice Sarah Bernhardt au Brésil, Louis Vuitton prépara pas moins de 200 malles. Empaqueter des robes délicates et onéreuses était un travail minutieux, et l’ambition de Vuitton était de créer des malles qui soient fonctionnelles, luxueuses, et innovantes.
Aussi, en tant qu’homme d’affaires, il avait un énorme talent puisqu’il prédit l’explosion du marché du voyage, grâce à la bourgeoisie affamée de luxe. Son entreprise grandit si bien que la production de malles dut déménager dans de plus grands locaux à Paris deux fois en cinq ans.
Mais les temps étaient politiquement et socialement troublés. La France commença à s’industrialiser et les banquiers et entrepreneurs dominèrent de plus en plus la société. Le bateau à vapeur, la locomotive à vapeur et le tourisme international devinrent un nouveau phénomène. Les habitudes changèrent et de nouveaux idéaux se formèrent. Le baron Haussmann fit démolir des quartiers entiers à Paris pour en reconstruire des neufs.

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Tout était sans doute plus calme à Asnières-sur-Seine, où Vuitton s’installa lui-même en 1859 avec son entreprise et sa famille. Puis, ce fut une petite ville calme en milieu rural, qui est aujourd’hui considérée comme la banlieue nord-ouest parisienne. Il se rendit là-bas en tant qu’homme déjà bien établi et couronné de succès, mais c’est seulement à ce moment-là, à presque 40 ans, qu’il put enfin prendre le temps d’apprendre à lire et écrire. Tout s’arrêta en 1870, lorsque la guerre fut déclarée entre la France et la Prusse. Le couple impérial fut forcé à l’exil, Paris se retrouva sous l’occupation et une guerre civile sanglante éclata. Son personnel se dispersa, ses outils furent volés et son studio détruit. Malgré cela, il se jeta de nouveau rapidement dans le travail, et en seulement quelques mois, la production reprit. Il ouvrit une nouvelle boutique sur la magnifique rue Scribe de Paris.
Durant les 20 dernières années de sa vie, Vuitton développa constamment et toujours plus loin ses malles qui rencontrèrent un immense succès à plusieurs expositions mondiales. Son nom devint célèbre et synonyme de qualité dans des cercles encore plus grands. Son fils Georges prit l’initiative de développer l’entreprise à l’échelle internationale et, en 1855, la première boutique hors France ouvrit sur Oxford Street à Londres. D’autres boutiques ouvrirent plus tard à New York et à Philadelphie.
Plusieurs compétiteurs copièrent les malles de Louis Vuitton, alors il changea son ancien tissu gris clair avec un autre à rayures rouges et beiges. Cela n’aida pas beaucoup, puisque les compétiteurs changèrent aussi pour un tissu similaire, avec exactement le même type de rayures. Il prit une décision drastique en 1888 pour mettre fin à la contrefaçon. Il fit breveter un motif à carreaux avec le texte « Marque Louis Vuitton déposée », appelée Toile Damier, qui devint sa marque de fabrique (même si aujourd’hui c’est un des designs les plus contrefaits).

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En 1892, Louis Vuitton meurt à l’âge de 71 ans. Ses enfants et petits-enfants continuent de diriger l’entreprise. En 1959, l’arrière-petit-fils Claude Vuitton développe une méthode qui permet de rendre le tissu en coton vernis plus souple afin d’en faire des sacs-à-main portant leur monogramme, ceux-ci rencontrèrent un franc succès. À la fin des années 1970, la marque se lance à l’international, avec un excellent accueil aux États-Unis et au Japon. En 1984, l’entreprise fusionne avec la maison de champagne Veuve Clicquot et les maisons de couture Givenchy et Loewe afin d’être listée à la Bourse. Trois ans plus tard, l’entreprise devient une part du plus grand groupe de luxe du monde, LVMH (Louis Vuitton Moët-Hennessy), qui est contrôlé par le financier Bernard Arnault. Nombre de gens était sceptiques lorsqu’il engagea un Américain, Marc Jacobs, comme directeur artistique, qui entama une croisade créative dans les studios.

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Sa première collection de vêtements fut présentée, et bientôt l’éventail s’élargit aux chaussures, montres, bijoux, stylos, livres, et plus récemment, parfums. Depuis, presque chaque année qui passe l’entreprise bat de nouveaux records de bénéfices. Pendant longtemps, la marque a été classée comme l’une des plus prestigieuses dans la catégorie du luxe avec des milliers de boutiques. En 2014, Marc Jacobs quitte l’entreprise après 16 fabuleuses années en tant que directeur artistique et lui succède le Français Nicolas Ghesquière.
Avec le temps, Louis Vuitton a réalisé de nombreuses collaborations couronnées de succès avec des artistes et des entreprises. L’une de ces plus fameuses collaborations fut avec Jeff Koons, qui au printemps 2017 a sorti une collection Louis Vuitton avec des reproductions réalisées par Koons d’œuvres d’artistes célèbres. Cette collaboration fut un succès et déjà à l’automne de la même année la seconde édition fut dévoilée, cette fois avec des œuvres d’artistes tels que Claude Monet, William Turner, Paul Gauguin et François Boucher.

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Autre collaboration réussie fut celle entre Supreme et Louis Vuitton. Avec le géant du streetwear, Louis Vuitton sortit une énorme collection comprenant de tout, des malles et sacs aux vestes, denim, pyjamas, pulls, t-shirts et chaussures. Aujourd’hui, les objets de cette collection se vendent à prix d’or dans les maisons de vente autour du monde.
Chaque année, Forbes classe les entreprises les plus fortunées du monde et Louis Vuitton est en haut de la liste dans la catégorie des marques de luxe. Le groupe entier LVMH comprend 70 entreprises dans l’industrie du luxe avec environ 134 000 employés. À Paris à l’automne 2017, une gigantesque boutique vitrine ouvrit sur la place Vendôme, très près de l’adresse où Louis Vuitton avait autrefois lancé son entreprise en 1854.

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En 2014, le patron de LVMH Bernard Arnault et le président Hollande ont inauguré un spectaculaire musée privé dans la périphérie de Paris, nommée la Fondation Louis Vuitton, associant pour toujours le fils d’un humble meunier avec non seulement la mode internationale, mais aussi le futur de l’art contemporain.
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