La muse de Manet, qui a posé pour Olympia et le Déjeuner sur l’herbe sera présentée aux enchères chez Aguttes au mois de novembre, avec son œuvre Scène orientale au fumeur de narguilé.

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Victorine Meurent rencontre Manet au début des années 1860, alors qu’elle n’a même pas 20 ans. Elle se met à poser pour lui et on la retrouvera dans de nombreux tableaux, ainsi que dans ceux d’Alfred Stevens, ami de Manet, qui lui prêtait alors son studio. Elle posera pour Manet de 1862 à 1873.
Mais Victorine est une artiste complète et en 1875, elle s’inscrit à l’Académie Julian dans l’atelier du peintre Etienne Leroy. Ses premières œuvres rencontrent un certain succès et ses toiles sont même reçues à plusieurs reprises au Salon. Sa pratique jette un froid entre elle et Manet, car son style se rapproche de l’académisme que Manet rejette vigoureusement. Une certaine rivalité aurait même pu s’immiscer entre eux quand, en 1876, elle présente Autoportrait au Salon, alors que Manet s’y voit refusé. En 1879, toutefois, elle est exposée dans la même salle que Manet avec Bourgeoise de Nuremberg au XVIe siècle.

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En 1907, Victorine Meurent quitte Paris pour s’installer à Colombes avec sa compagne, la même année où Olympia entre au Louvre (on peut désormais trouver le tableau au Musée d’Orsay). Elle continuera à peindre pendant longtemps encore. À 70 ans, elle se considérait toujours comme artiste, et ce, probablement jusqu’à sa mort en 1927, à l’âge de 83 ans.
Trois de ses toiles sont conservées au musée municipal de Colombes : Le jour des Rameaux, Le Briquet et Le portrait du chien Jup. Son Autoportrait de 1876 est conservé au musée des beaux-arts de Boston, après avoir été redécouvert par la galerie Edouard Ambroselli.
Le corpus des œuvres de Meurent est très réduit, mais s’étant spécialisée dans les portraits animaliers sur commande, il est très certainement toujours possible de dénicher certains de ses tableaux. Ils restent toutefois assez discrets pour le moment.

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La redécouverte de Scène orientale au fumeur de narguilé est donc très intéressante étant donné que peu de ses œuvres sont connues du public aujourd’hui. Ce tableau est particulièrement intéressant pour deux raisons : il est daté de 1876, année où elle est exposée au Salon pour la première fois, et l’orientalisme est certainement un thème inédit pour Victorine Meurent. Sa biographie n’a pas encore été totalement dévoilée, mais on peut facilement penser qu’elle ne s’est jamais rendue en orient et qu’elle a certainement composé son tableau d’après les gravures d'Alexandre-Gabriel Decamps et Prosper Marilhat qui circulaient à l’époque.
Scène orientale au fumeur de narguilé a pour thème une scène de rue, présentant une échoppe remplie d’objets exotiques et trois hommes qui discutent et fument. Ce tableau offre une étude de couleurs et de lumière encore inédite pour Victorine Meurent.

La vente Aguttes mettra également d’autres muses et peintres en avant, notamment l’artiste polonaise Mela Muter et l’artiste algérienne Baya. D’autres œuvres de Kees van Dongen, Renoir, Kisling, Maillol ou encore Hans Bellmer mettant en scène des femmes seront également présentées.
La vente aura lieu le 15 novembre à 16h à Neuilly-sur-seine.
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![Victorine Meurent, Scène orientale au fumeur de narguilé, Huile sur toile, 25 x 16,5 cm, Signée et datée '[18]76' en bas à gauche. Image © Aguttes (recadrée)](https://images.prismic.io/barnebys/d478253a-4509-44d9-ad1a-324a3ee3a2b5_Article+Hero+Image+FR-2.png?auto=format,compress)


