En 1859, Theodor Friedrich Wilhelm Märklin fonde une entreprise de jouets miniatures à Göppingen (Bade-Wurtemberg). D’abord spécialisée dans les maisons de poupée, la firme s’oriente rapidement vers la fabrication de petits trains. La mort prématurée du fondateur dans un accident, en 1866, n’empêchera pas la marque de lui survivre.
Dès les années 1860, la société Märklin produit des trains à tirer avec une corde. Les premiers modèles attestent déjà d’un souci de qualité de tout premier plan. Chaque pièce est fabriquée avec un soin réaliste à partir de métaux et d’alliages composés de tôles fines, d’aluminium, de bois ou de matériaux synthétiques.

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Le premier train sur voie ferrée voit le jour en 1891. Composé d'une locomotive à mécanisme d'horlogerie, sur ses rails en huit, il est présenté lors de la Foire de Printemps de Leipzig. Le succès est au rendez-vous.
Les trains alimentés à l’alcool à brûler permettent quant à eux à la firme de se lancer. Dès les années 1890, Märklin commercialise les premiers modèles électriques. La société lance des écartements de voie standards, dont certains sont encore utilisés aujourd’hui. Vers 1900 est introduite l’échelle 0 (1:45).

Mais dès le départ, Märklin diversifie déjà ses activités en produisant des bateaux en métal (échelle 1) ou des jeux de construction du type Meccano, avec plus ou moins de succès.
Dans les décennies suivantes, l’activité se développe à l’échelle mondiale. Le train électrique s’impose progressivement comme le jouet à la mode. Il devient plus manipulable grâce à l'apparition du système 20 volts. Le « système Märklin » repose sur l’introduction d’un troisième rail à picots de contact dissimulé au centre de la voie. Il assure l’essor de la marque en permettant une alimentation simplifiée, très utile pour résoudre les cas complexes comme les boucles de retournement.

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Mais ce sont bien les années 1930 qui voient Märklin asseoir sa domination. En 1935, la firme crée l’échelle HO (1:87), qui devient une norme planétaire. Sa présentation à la foire de Nuremberg assure à l’entreprise une renommée sans précédent. L’avènement de ce nouveau standard permet de monter les circuits sur une table.
Corrélativement, Märklin soigne toujours avec minutie l’aspect des trains et des maquettes. Les montagnes et les rampes, les villages et les gares sont reproduits avec la plus grande fidélité. Les aventuriers du rail voyagent de plateau en plateau, des denses forêts du Nord aux plaines arides du Far West, en passant par les décors lisses des villes des temps modernes. C’est l’âge d’or du train électrique.

Les décennies suivantes voient poindre un renforcement de la concurrence, avec la popularisation de l’échelle N (1:160) par la marque Arnold (1962). Märklin se diversifie et commercialise des voitures électriques de 1967 à 1982 (les Märklin Sprint). L’entreprise poursuit également la tradition du rail miniature en créant l’échelle Z (1:220), sous le nom Mini-Club. Celle-ci sera la plus réduite au monde durant des décennies, avec une voie de 6,5 mm d’écartement.

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Dans les années 1980, Märklin s’adapte à l’irruption des nouvelles technologies. La société met au point Märklin Digital, un système de commande numérique avec décodeur, contrôle central (Märklin 6020/6021) et interface électronique (Märklin 6050). Les centres de pilotage permettent de contrôler jusqu’à 80 locomotives et 256 aiguillages. Le produit est présenté à la Foire de Nuremberg en 1979.
En 1994, Märklin rachète la manufacture de trains Trix à Nuremberg, et ajoute l’échelle N à son éventail. Märklin étant spécialisé dans les modèles trois rails, et Trix dans les modèles deux rails, une harmonisation des gammes est effectuée. L’entreprise vit bien, mais les temps changent : au tournant des années 2000, le petit train passe de mode. Le virage sera difficile à négocier.

En 2006, Märklin, jusqu’alors aux mains de trois familles allemandes (Märcklin, Friz et Safft), est cédée au groupe d’investissement Kingsbridge Capital pour 38 millions de dollars. La société compte alors 70 millions de dollars de dettes, suite à des années de très mauvais résultats.
Mais en dépit des efforts, Märklin dépose le bilan en 2009 mais – suite à d’importants remaniements – réussira à se rétablir l’année suivante. La société est finalement rachetée en 2013 par Simba Dickie Group, l’un des plus gros fabricants de jouets en Allemagne.
L’innovation se poursuit à plusieurs degrés. En 2014, la société met au point le décodeur numérique mFx+, qui permet une simulation du poste de conduite et de la consommation énergétique (charbon, sable, diesel). De nouveaux modèles de train sortent régulièrement comme le SAPSAN, en 2010.

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Aujourd’hui, la magie Märklin continue de fasciner petits et grands. Elle assure un lien intergénérationnel entre les collectionneurs, qui peuvent s’échanger des pièces datant de plusieurs décennies. Certains trésors de collection atteignent des prix considérables aux enchères. En 2005, une locomotive Märklin #2609 a été cédée 82 500 dollars (chez Noel Barrett Auction). Début 2018, le bateau « Sankt Georg » (1920) s’est vendu à 160 000 dollars (Bertoia Auction). En 2019, la marque a fêté, ses 160 ans… et n’a certainement pas fini de générer de nouveaux records !
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