Le Suédois Helmer Osslund a été actif à une époque où de nombreux artistes s’affiliaient avec une certaine zone géographique. Comme Carl Larsson et Anders Zorn avec la Dalécarlie, Eugène Jansson avec Stockholm et Carl Wilhelmson avec le Bohuslän et la côte ouest, Osslund a représenté le paysage nordique de la Suède dans des compositions dynamiques et colorées.

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Helmer « Åslund » naît en 1866 en Suède, à Tuna, Medelpad. Premier fils d'une famille d’artistes, son père travaille comme géomètre, mais peint et écrit des romans. Malgré l’ambition de sa sœur Frida de devenir écrivaine et de celle de son frère, Elis, de devenir artiste, une carrière dans l’art n’est pas forcément évidente pour le jeune Helmer. En effet, les projets du jeune homme sont alors davantage tournés vers le voyage.

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Après avoir terminé ses études techniques, Helmer s'installe aux États-Unis et change l'orthographe de son nom de famille de Åslund à Osslund. Là-bas, il fabrique des pièces détachées pour des locomotives à Boston.
Il ne reste néanmoins pas longtemps aux États-Unis et retourne en Suède après onze mois pour poursuivre ses études. En 1889, à l'âge de vingt-trois ans, il est employé à la manufacture de porcelaine de Gustavsberg, où il travaille comme décorateur pendant quatre ans. À Gustavsberg, Osslund voit sa production s’étendre à de nombreux objets, allant des assiettes aux bols, en passant par les pots.
À l'automne 1894, Osslund démissionne. Intéressé par l’art, adepte des musées et mordu de littérature artistique, il souhaite s’investir corps et âme dans la peinture, un projet qu’il n’a jamais pu concrétiser faute de moyens. Après avoir fait ses adieux à la fabrique de porcelaine de Gustavsberg, il se rend à Paris, avec seulement 800 couronnes suédoises (environ 80 euros) en poche, pour étudier la peinture.

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Osslund commence enfin sa formation artistique, en étudiant pendant un certain temps auprès du post-impressionniste français Paul Gauguin à l'Académie Colarossi. Bien que son apprentissage auprès de Gauguin ait été court, Osslund est fortement inspiré par la peinture décorative et rentre chez lui avec un nouveau regard sur la peinture. Il voyage également à Bonn, Rotterdam, Amsterdam et en Écosse, où il peint des paysages et des portraits. En 1898, il retourne en Suède, en partie à cause de ses finances limitées, mais aussi parce qu'à mesure que l'artiste découvre son propre langage artistique, le Norrland commence l’attirer de plus en plus.

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C'est au début du XXe siècle qu'Osslund trouve véritablement sa place sur la scène artistique : il commence à peindre les étendues sauvages du nord, et se concentre particulièrement sur la Laponie. Tombé amoureux des paysages magnifiques, des rapides sauvages, des forêts colorées et des montagnes massives, sa peinture se fait de plus en plus dynamique. Osslund entreprend alors de longues promenades dans la nature sauvage avec de la peinture et du papier sulfurisé. Ces promenades durent parfois des mois entiers, emmenant l'artiste dans tout le Norrland, de Nordingrå en Allemagne à Torneträsk en Laponie.
Pendant ses excursions, il peint presque exclusivement sur du papier sulfurisé, une technique qu'il avait assimilée lors de ses études avec Gauguin. Le papier, plus facile à transporter que les lourdes toiles, laissait également la brillance des couleurs transparaître plus clairement, selon le peintre.

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En 1905, Osslund se rend pour la première fois à Abisko et Lapporten, où il puise certains de ses plus beaux motifs. Osslund a également influencé le jeune Leander Engström qui, à une occasion, l'a accompagné lors d'une session en plein air. Engström, à son tour, a réalisé des œuvres similaires à celles d'Osslund, avec la nature sauvage du Nord comme motif principal.
Pendant cette période, Osslund peint des masses de nuages, des crêtes bleues, des rapides et des rivières, des glaciers, de minces bouleaux et des pins déformés, dans des tableaux de plus en plus monumentaux et colorés.
L'année 1909 marque la véritable percée de l’artiste, car c'est à cette époque qu'il organise une exposition à la Maison des artistes de Stockholm. Les critiques sont mitigées : certains n'apprécient pas ce qu'ils appellent « l’aspect décoratif » de ses œuvres, tandis que d'autres qualifient sa peinture d'atmosphérique, poétique, personnelle et authentique.

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Mais son art ne se limite pas aux étendues nordiques. Avec un portefeuille plus rempli, grâce notamment au succès de son exposition, Osslund voyage à l'étranger tous les six mois et peint à nouveau dans des pays comme l'Allemagne, la France, l'Angleterre et la Belgique, mais aussi l’Italie, l’Espagne, la Tunisie et l’Algérie.
En 1914, Osslund reçoit la médaille de bronze à l'exposition baltique de Stockholm et est chargé de peindre une grande fresque pour l'auditorium de l'école Vasaskolan (alors appelée Gävle högre allmänna läroverk). La peinture murale, baptisée Höstafton à Stora Sjöfallet, s’y trouve encore aujourd'hui.
Atteint de la maladie de Parkinson pendant de nombreuses années, Osslund décède en 1938 à Stockholm. Peu avant sa disparition, l’artiste a pu assister à une grande exposition rétrospective de son œuvre à l'Académie des beaux-arts de Stockholm. Les quelque 300 œuvres présentées y ont peut-être reçu, pour la première fois, la reconnaissance qu'elles méritaient.

Aujourd'hui, les œuvres d’Osslund, qui a vécu presque toute sa vie avec très peu de moyens, se vendent à des centaines de milliers d’euros. Au cours de l'été 2020, le tableau Mullfjället, datant de 1913, a été vendu chez Bukowski pour 7 300 000 couronnes suédoises (693 500 euros).
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