La broche impressionne non seulement par sa valeur décorative, mais aussi par sa polyvalence et ses origines. Adaptées au quotidien, les broches ont connu des périodes de popularité variées et ne sont pas toujours aussi appréciées que les boucles d’oreilles ou les bagues. Pourtant, la broche est un bijou qui renferme une histoire fascinante, et dont nos prédécesseurs ont pleinement profité.
Tout a commencé à l'âge de pierre avec des aiguilles en os, en corne et en ivoire de mammouth conçues pour maintenir ensemble les peaux que l'homme utilisait pour se vêtir.
Avec le début du travail des métaux, les aiguilles ont été conçues en bronze et ont rapidement évolué vers la fibule (une agrafe), plus complexe. Les fibules les plus anciennes ayant été découvertes remontent au IIIe millénaire avant J.-C. et auraient fabriquées dans ce qui est aujourd'hui la Turquie. La fibule, qui permettait de maintenir ensemble des tissus et des vêtements simples de manière beaucoup plus fiable, pouvait être conçue de différentes manières et servait également de symbole de statut social, surtout à la fin de la période romaine et au début du Moyen Âge.

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Les fibules et leurs fermoirs sont restés en usage jusqu'au début du Moyen Âge, où ils ont été remplacés par le bouton, plus pratique. Cependant, comme les gens ne voulaient pas se passer de l'aspect décoratif d'une fibule, celle-ci s’est transformée en une sorte de broche, donnant naissance à un bijou où l’esthétique prévalait sur l’utilité.
Malgré toute sa polyvalence, la broche, comme tout objet décoratif, est soumise aux tendances. Au XVIIe siècle, les broches inspirées des nœuds qui ornaient les décolletés plongeants des dames sont devenues très à la mode. Les plus célèbres à ce jour sont sans doute celles de l’épistolière française Madame de Sévigné.

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Au XVIIIe siècle, il était courant de porter le portrait miniature d'un être cher, par exemple sur une tabatière ou une montre de poche, ou encore comme pendentif ou dans une broche. Vers 1800, ces miniatures ne représentaient que l'œil de la personne. C'est en Angleterre, à l'époque romantique, qu’on a vu apparaître les broches « commémoratives » contenant les cheveux d'une personne décédée.

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Les élégantes broches Art déco serties de pierres précieuses étincelantes, combinant des matériaux opulents comme l'onyx ou, conformément à la tendance des « bijoux blancs » de l’époque, des diamants et des perles dans une monture en platine, sont encore populaires aujourd'hui.

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Dans les années 1950 et 1960, de fascinantes broches ont été créées en forme d'animaux, tels que des lions, des éléphants et des oiseaux. Les créations de Van Cleef & Arpels étaient particulièrement populaires et comptaient d'illustres collectionneurs tels que Jackie Kennedy et Grace Kelly. Cette dernière était également l'heureuse propriétaire d'une broche en forme de caniche, à l'image du chien que Cary Grant lui avait offert pour son mariage avec le prince Rainier de Monaco.

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Les broches ont également séduit les plasticiens qui se sont lancés dans l’aventure du bijou d’artiste, ces œuvres d’art miniatures à porter sur soi. Il convient de mentionner ici Alexander Calder, qui a créé plus de 1 800 pièces de joaillerie en trente ans. Beaucoup de ces pièces, pour la plupart en laiton, étaient destinées à sa femme Louisa. Sa contemporaine Georgia O'Keeffe a reçu une broche en forme de spirale qu'elle a conservée précieusement toute sa vie.

Qu'elles soient anciennes, vintage ou modernes, classiques, ludiques ou simples, les broches sont si polyvalentes que chacun peut trouver celle qui lui plaît et qui personnalisera parfaitement même les tenues les plus simples.






