En 2019, Phillips a reçu la montre jadis portée au poignet du dernier empereur de Chine, Aisin-Gioro Puyi. Trois années d’intenses recherches s'en sont suivies, après quoi l’histoire de la montre et sa provenance singulière ont été confirmées. La montre impériale a été mise aux enchères au nouveau siège social d’Asie de Phillips à Hong Kong le 23 mai. Alors que le prix estimé était de 25 millions HKD (environ 3,1 millions de dollars américains), elle s'est envolée pour la somme stupéfiante de 48 millions HKD (environ 6,2 millions de dollars).
Aisin-Gioro Puyi est né en 1906, fils du prince Zaifeng qui était le frère cadet de l’empereur sans enfant Guangxu. Guangxu meurt en 1908 et, à seulement deux ans, Puyi devient l’empereur de Chine. Il a été le douzième empereur de la dynastie Qing, et le dernier. Le 1er janvier 1912, la République de Chine est proclamée et six semaines plus tard, Puyi abdique, bien qu’il conserve certains de ses privilèges. Pendant un certain temps, Puyi demeure un résident de la Cité interdite, où il continue de mener une vie isolée. Suite à un coup d’État, il déménage à la ville portuaire de Tianjin en 1925, où il se retrouve sous la protection du Japon, profitant d’une vie sociale animée pour la première fois depuis longtemps. En 1934, le Japon, souhaitant se développer en Chine, nomme Puyi « empereur de Manchukuo », un État satellite de la Mandchourie occupé par les troupes japonaises.

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En 1945, Puyi tente de se rendre au Japon, mais avant de même pouvoir quitter la Chine, il est capturé par les troupes soviétiques et amené au camp des prisonniers de guerre de Khabarovsk près de la frontière chinoise, où il passera les cinq prochaines années de sa vie. En 1950, il est livré à la Chine alors communiste, où il est emprisonné pour neuf années de plus dans une tentative de le « rééduquer ». À partir de 1959, Puyi est libéré de prison et gracié par Mao Zendong. Dans un premier temps, il travaille en tant que jardinier au jardin botanique de Beijing, puis devient éditeur littéraire en 1964 et publie la première partie de son autobiographie qui a servit de base au film récompensé aux Oscars de 1987 de Bernardo Bertolucci, Le Dernier Empereur.
En 1967, Puyi meurt à l’âge de 61 des suites d’un cancer du rein.

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La montre-bracelet du denier empereur de Chine vendue chez Phillips est une Patek Phillipe Réf. 96 Quantième Lune en platine. Elle a orné le poignet de Puyi à partir de 1937 et était avec lui lorsqu’il était prisonnier de guerre soviétique en 1945. Dans le camp, Puyi bénéficiait des services d’un tuteur et interprète, Georgy Permyakov, qu’il appréciait apparemment beaucoup car, à sa sortie du camp en 1950, il lui a offert sa montre. Les héritiers de Permyakov (mort en 2005) ont fini par la confier à Phillips en 2019.
Seuls huit exemplaires sont connus de la Patek Phillipe Réf. 96 Quantième Lune, la première référence de la ligne Calatrava introduite en 1932. Un certificat joint issu par Patek Philippe confirme que la montre a été vendue en 1937 à la boutique de luxe Guillermin à Paris, mais que le mouvement a été fabriqué dès 1929.

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Le cadran est remarquable, indiquant le jour de la semaine, la date et la phase de la lune en plus de l’heure. L’émail blanc, en revanche, est érodé. Le servant de Puyi, Li Guoxiong, qui a aussi accompagné l’ancien empereur en captivité, a rapporté que Puyi avait fini par être curieux et souhaitait savoir si le cadran était aussi fait de platine comme le boîtier, lui donnant l’ordre de gratter la peinture. C'est du cuivre qui a émergé et qui, avec sa patine actuelle, procure à cette montre impériale un charme supplémentaire et la rend véritablement unique.
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« Je suis ravi de cette vente révolutionnaire pour la communauté internationale de collectionneurs qui a démarré notre première série d’enchères de montres prenant place au nouveau siège social de Phillips en Asie, » dit Thomas Perazzi, directeur des Montres à Phillips en Asie. « Cette vente historique avait pour tête d’affiche l’inestimable Patek Phillipe Réf. 96 Quantième Lune qui s’est vendue pour 49 millions HKD/6,2 millions de dollars et qui enregistre trois records : la plus grande somme pour n’importe quelle Patek Philippe référence 96 jamais vendue, un record pour les montres-bracelets vendues aux enchères ayant auparavant appartenu à un empereur, et le lot le plus cher jamais vendu par Phillips Watches en Asie. »
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