Polyvalent, innovateur et un brin irrévérencieux, l’artiste allemand Max Ernst (1891-1976) s’est principalement distingué par sa peinture, mais aussi par ses talents de sculpteur, une discipline qu’Alberto Giacometti lui a fait découvrir en Suisse en 1934. Ces deux médiums sont aujourd’hui représentés dans le top 5 de ses œuvres les plus chères jamais adjugées aux enchères.
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5. The Phases of the Night, 1946

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Datée de 1946, The Phases of the Night est une composition aux multiples facettes dans laquelle Max Ernst a combiné ses expériences personnelles, son interprétation de la nature et son imagination surréaliste avec une symbolique mathématique. Mais il s’agit avant tout d’une déclaration d’amour poétique à l’artiste Dorothea Tanning, sa quatrième épouse, qu’il avait rencontrée trois ans plus tôt à New York et qu’il avait épousée l’année même de la création du tableau. L’œuvre a été réalisée à Sedona, en Arizona, une ville où le couple a vécu quelque temps et dont le paysage a servi de décor pour la toile. The Phases of the Night a été mise aux enchères en mai 2017 lors de la « Vente du soir d’art impressionniste et moderne » de Christie’s à New York et a atteint 6 407 500 dollars américains.
4. Leonora In The Morning Light, 1940

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Lors d’une exposition de ses œuvres surréalistes à Londres en 1937, Max Ernst a fait la connaissance de la jeune artiste Leonora Carrington. Très intense, leur relation a influencé leurs pratiques artistiques respectives, et peut-être seraient-ils restés ensemble pour toujours si le destin leur avait été plus favorable. Ernst, qui vivait avec Carrington dans le sud de la France, a été emprisonné et interné à plusieurs reprises au cours de la Seconde Guerre mondiale (il était jugé à la fois « étranger ennemi » par les autorités françaises et « ennemi du Reich » par le gouvernement nazi), le poussant à s’enfuir seul aux États-Unis en 1941 grâce à Peggy Guggenheim et au journaliste Varian Fry. Après une crise psychique, Leonora Carrington a retrouvé Max Ernst à New York pour quelque temps, avant d’émigrer au Mexique. Le tableau Leonora In The Morning Light, réalisé en 1940, est d’abord resté en possession de Carrington, puis a été transmis par héritage jusqu’à sa vente aux enchères chez Sotheby’s New York en mai 2012. Il a été adjugé à 7 922 500 dollars américains.
3. Le Couple (L’Accolade), 1924

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Datant de 1924, l’année de la publication du Manifeste surréaliste d’André Breton, le tableau Le Couple (L’Accolade) confirme Max Ernst comme un pionnier majeur de ce nouveau mouvement inspiré par l’inconscient. Le couple représenté semble à la fois uni et séparé, reflétant la vie amoureuse ambivalente de Max Ernst qui, à l’époque, vivait depuis deux ans dans un ménage à trois avec le poète surréaliste Paul Éluard et son épouse Gala près de Paris. La relation triangulaire a pris fin en 1924, après le départ de Gala, qui a ensuite épousé Salvador Dalí. Le Couple (L’Accolade) appartenait initialement à Éluard, qui s’en est séparé en 1938. En mai 2025, l’œuvre, provenant d’une collection privée, a été mise aux enchères chez Christie’s New York et vendue pour 9 125 000 dollars américains.
2. The Stolen Mirror, 1941

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Le tableau The Stolen Mirror, datant de 1941, occupe la deuxième place de ce classement, et ce à deux reprises. D’abord en novembre 2011 chez Christie’s à New York, lorsqu’il avait établi un nouveau record aux enchères pour l’artiste avec un montant de 16 322 500 dollars américains. Puis en février 2016, lors de la vente « The Art of the Surreal » orchestrée par Christie’s à Londres, où il s’est vendu pour 7 642 500 livres sterling (10 882 920 dollars américains). Ce chef-d’œuvre, dans lequel Ernst a utilisé la technique de la décalcomanie pour créer un paysage imaginaire alliant passé et présent, faisait partie, au plus tard dès 1951, de la collection d’Edward James, un adepte britannique du surréalisme résidant à New York. Il est ensuite passé entre les mains du fils de Max Ernst, Jimmy Ernst, et de son épouse, Edith Dallas Ernst.
1. Le Roi jouant avec la Reine, 1944

À première vue, la sculpture Le Roi jouant avec la Reine reflète l’amour de Max Ernst pour le jeu d’échecs, mais sa vraie signification reste toutefois obscure. S’agit-il de pouvoir et de relations ? De rêves et d’inconscient ? De jeu et de sérieux ? Ou s’agit-il plutôt d’une métaphore de la Seconde Guerre mondiale, qui se poursuit encore au moment de sa création en 1944 ? Au total, 14 moulages autorisés du modèle en plâtre ont été réalisés, dont beaucoup se trouvent dans de grands musées.
Ce moulage en bronze, qui faisait partie de la collection Paul G. Allen depuis 1992, a été mis aux enchères chez Christie’s à New York en novembre 2022 et a établi un nouveau record pour Max Ernst en atteignant 24 435 000 dollars américains. Trois ans plus tard, une autre version issue de la collection de Robert F. et Patricia G. Ross Weis a également été présentée chez Christie’s, atteignant 20 185 000 dollars américains. Dès 2017, le premier moulage de Le Roi jouant avec la Reine avait été adjugé chez Sotheby’s pour 15 987 500 dollars américains.
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