Artiste habitué et incontesté du Salon, William-Adolphe Bouguereau est l'un des peintres les plus célèbres du XIXe siècle, bien qu’il fut largement déconsidéré après sa mort et jusqu’à la fin du siècle suivant. Né à La Rochelle en 1825, il a fait preuve d'un talent inouï pour le dessin et la peinture dès son plus jeune âge. À vingt ans, il s'installe à Paris pour étudier à l'École des Beaux-Arts, où il apprend à maîtriser le style qui le définira en tant qu’artiste et qu’il défendra jusqu’à la fin de sa vie, la peinture académique. Il se consacre principalement aux scènes historiques ou mythologiques et donne une importance toute particulière à l'anatomie humaine, qu’il représente de façon idéalisée (basée sur la sculpture classique), à la perspective géométrique et à l'équilibre des couleurs.

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Son talent est très vite remarqué et en 1850, il reçoit le prestigieux Prix de Rome, une résidence de trois ans à la Villa Médicis à Rome qui l’expose aux chefs-d'œuvre de la Renaissance et de l’antiquité. Il a un jour déclaré : « Il n’y a qu’une sorte de peinture. C’est celle qui offre à l’œil cette perfection, cette espèce de bel émail impeccable qu’avaient les Véronèse et Titien", ses plus grandes inspirations.

A l'issue de son séjour, il rentre en France et sa carrière décolle. Il reçoit plusieurs commandes, allant des scènes allégoriques des Quatre Saisons aux grandes scènes de bataille de Napoléon III. En 1863, son tableau La Sainte Famille, exposé au Salon de Paris, est vendu à Napoléon III et sa femme Eugénie puis accroché dans leur appartement parisien. Cette faveur impériale attire l’attention de la royauté européenne et de l’aristocratie américaine.

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Réputé pour ses rendus précis (mais idéalisés) de la figure humaine, créés dans le respect de ses études universitaires, il se classe comme un « peintre de la femme » et explore ce thème de prédilection à travers les représentations des déesses Aurora, Psyché ou Vénus, dans une peinture sensuelle influencée par les Vénus d’Ingres. Bouguereau dessine systématiquement ses sujets avant de toucher à sa palette, une leçon tirée de ses années passées à l'École des Beaux-Arts. La texture lisse et minutieuse de ses corps est à la fois adulée et vivement critiquée, et sera même qualifiée de « léché flasque » par l’écrivain et critique d’art Joris-Karl Huysmans.

Bien que très populaire à son époque, il a été rejeté par les impressionnistes, comme Edgar Degas et Paul Gauguin, qui trouvaient son travail trop lisse et trop lié à la tradition. Bien qu’il ait été très populaire à son époque, l’artiste a été méprisé par les impressionnistes, pour son travail trop lisse, trop poli et limité à la tradition. Après sa mort en 1905, l’arrivée de l’Art moderne et la re-dynamisation de la scène parisienne le font sombrer dans l’oubli, son nom est omis des encyclopédies artistiques et de l’enseignement généraliste, et s'il est un tant soit peu mentionné, c'est comme un exemple « à ne pas suivre ». Les collectionneurs américains, qui avaient favorisé son succès de son vivant, recherchent continuellement ses toiles et par la force des choses, ont fait disparaître un grand nombre de ses œuvres du territoire français. Il a laissé derrière lui plus de 820 tableaux, et si la majorité se trouve outre-Atlantique, les plus célèbres sont conservés au musée d'Orsay.

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Son talent pour la représentation de sujets idéalisé, du corps des femmes et des thèmes classiques a connu une renaissance au cours des dernières décennies, faisant décoller le prix de ses œuvres aux enchères à plusieurs millions. En 2019, Sotheby's a présenté La Jeunesse de Bacchus, une scène monumentale (3 mètres de haut pour 6 mètres de long) aux qualités techniques notoires, considérée comme l’une des plus ambitieuses de son corps de travail. Proposée avec une estimation entre 25 à 35 millions de dollars, la toile est pourtant restée invendue. Le record actuel de l’artiste est est tenu par Chansons de printemps, adjugé à 2,9 millions de livres sterling chez Christie's en 2019.
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