Vincent van Gogh naît en 1853 à Zundert. Il est issu d’une famille de notables active dans le marché de l’art. Après un passage rapide dans une galerie, il s’oriente vers la carrière de pasteur, mais il échoue aux examens. Fervent mystique, van Gogh est déjà habité par des visions qui resurgiront dans ses meilleures toiles.
Si vous aimez vraiment la nature, vous trouverez de la beauté partout.
En 1878, il décroche une mission évangélique auprès des mineurs du Borinage. La vocation artistique naît dans la misère et le charbon : il représentera le petit peuple indigent et oublié de tous. Loin des futurs champs de blé, le premier van Gogh est un notoire producteur de croûtes. Ses dessins de paysans s’inscrivent dans la veine du réalisme social (Garçon coupant l’herbe avec une faucille, 1881). Certaines œuvres sont très mauvaises. D’autres témoignent d’un traitement original des formes et des perspectives. L’ambiance est noire, comme la misère qu’il peint.

À lire aussi : Révélations sur les dernières heures de Vincent van Gogh
Van Gogh est alors influencé par Millet, Lhermitte, Delacroix et les Flamands. Il réalise des natures mortes, des paysages et des vedute rappelant Dürer ou Vermeer (Les Toits de la Hague vus depuis l’atelier, 1882). Son langage pictural se développe progressivement. Les Mangeurs de pommes de terre (1885) valent presque un mauvais Le Nain. Sans horizon dans le Nord, le peintre s’installe à Paris en 1886 où il rejoint son frère Théo, marchand d’art.

À lire aussi : L’Impressionnisme, entre ombre et lumière
Il rencontre les impressionnistes Toulouse-Lautrec, Degas, Pissarro et Gauguin. Fidèle à ses habitudes, il travaille sans relâche. Insatisfait, il recopie piètrement les antiques du Louvre. Il peint le portrait de son fournisseur, le Père Tanguy (1887). Avec Théo, il collectionne les estampes japonaises et s’enrichit des lectures de Charles Blanc. Van Gogh réalise également une vingtaine d’autoportraits au jus de chique et de bitume. Déjà apparaît le motif du chapeau comme une revendication (Autoportrait au chapeau de feutre, 1887). Au total, le peintre réalise plus de 200 toiles durant son séjour dans la capitale.

En février 1888, Van Gogh déménage à Arles. Sur les pas de Signac et de Monticelli, sa palette s’ouvre à la lumière du Sud. Il utilise des crayons gras, de la craie noire, et découvre un type de roseau qu’il taille en plume. Il peint la campagne arlésienne, ainsi que la vie nocturne de la ville. C'est à cette époque qu'il écrit : « Si vous aimez vraiment la nature, vous trouverez de la beauté partout ». Son dessin hachuré s’anime d’une vivacité inédite, il signe certaines de ses plus belles œuvres. La Moisson (1888), Le Café de nuit (1888) et La Chambre de Van Gogh à Arles illustrent cette science des couleurs fauves et des perspectives déviées qui semblent naturelles chez lui.
Il peint également les Tournesols (1888), la Nuit Étoilée (1888), la famille du Facteur Roulin (1888) et trois versions de la chambre qu’il occupe dans la Maison Jaune. C’est là qu’il cohabite un temps avec Gauguin, mais l’expérience tourne court. Van Gogh montre des signes croissants de faiblesse mentale. Un soir, il tente d’entailler son colocataire avec un rasoir, et se coupe ensuite l’oreille, comme pour se punir. Gauguin s’enfuit et prévient son frère, Théo. À la suite de cet événement, Vincent est interné.

À lire aussi : Paul Gauguin, l’innocence perdue
Sitôt dehors, il peint l’Autoportrait à l’oreille bandée (1889). Mais désormais, van Gogh fait peur. Même la population locale se méfie de lui. En mai 1889, il quitte Arles après avoir réalisé plus de 300 œuvres.
Revenu dans le Nord, van Gogh s’installe à Auvers-sur-Oise. Il crèche à l’auberge Ravoux dans une piaule minable louée un franc la nuitée. Il peint le portrait du Docteur Gachet (1890), un amateur d’art, réputé pour soigner les maladies nerveuses. La posture du notable se rapproche d’une célèbre Melancholia…

En deux mois seulement, van Gogh peint 80 tableaux. Du matin au soir, il arpente la campagne avec des kilos de matériel sur le dos. Les ciels et les champs se transforment en vagues, en mouvements de forces telluriques déferlant sur la toile (Champ de blé aux corbeaux, 1890). Les vues du village d’Auvers sont peut-être les plus magistrales (L’Église d’Auvers, 1890).
Le 29 juillet 1890, van Gogh se tire une balle en pleine poitrine au milieu d’un champ de blé. Il meurt peu après dans les bras de son frère Théo, à l’âge de 37 ans. Pouvait-il vraiment faire mieux ? Il est l’un des rares à avoir cerné ce ralentissement de l’action de l’homme propre aux toiles des grands maîtres.

À lire aussi : Les premières œuvres de 10 artistes célèbres
« Suicidé de la société », van Gogh incarne plus que tout autre le mythe de l’artiste maudit. À la médicalisation de son art répond l’esthétisation de sa folie. Avec le temps, la biographie est devenue hagiographie.
Sur le marché, ses œuvres atteignent des prix exorbitants. En 2017, la toile Laboureur dans un champ (1889) s’est vendue pour 69,766,125 euros chez Christie's. Face à la frénésie, on brûle de retrouver des œuvres inédites.
Retrouvez plus d'articles sur vos artistes préférés sur le Magazine Barnebys !



