Rembrandt Harmenszoon van Rijn naît à Leyde en 1606. Issu d’un milieu d’artisans, il entre en 1621 dans l’atelier de Jacob van Swanenburgh et apprend le dessin à la plume. En 1624, il se rend à Amsterdam chez Pieter Lastman, où il découvre le caravagisme. Palliatif esthétique au voyage d’Italie qu’il ne fera jamais.
Revenu à Leyde, Rembrandt ouvre un atelier avec le peintre Jan Lievens. Il produit des eaux-fortes commerciales représentant des scènes bibliques, comme Repos pendant la fuite en Égypte, 1626. L’une de ses premières toiles, La Lapidation de saint Étienne (1625) témoigne de sa grande maîtrise du chiaroscuro. Amateur d’art, il se lance également dans une collection d’objets européens et orientaux.

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Rembrandt est encore jeune, mais sa réputation le précède déjà. Dès 1627, il enseigne à de nombreux élèves (Gérard Dou, Jan Victors…). Il voyage entre Leyde et Amsterdam pour satisfaire les commandes d’une riche clientèle. C’est ainsi qu’il rencontre la fille d’un marchand, Saskia van Uylenburgh, qui devient sa première femme… Et l’un de ses modèles favoris.
Le début des années 1630 est une période faste. En 1632, Rembrandt livre sa première grosse commande et son premier portrait de groupe, La Leçon d’anatomie du docteur Tulp (1632). L’œuvre, exécutée pour la confrérie des chirurgiens d'Amsterdam, laisse penser que l’artiste a assisté à plusieurs autopsies pour un plus grand sens du détail. Rembrandt a été le premier à vouloir introduire un sens du drame, du mouvement et une narration dans ce genre de peinture. Comme il l’avait compris, cette nouveauté ne pouvait être acceptée que s'il arrivait à satisfaire pleinement l'ego du principal commanditaire, le chirurgien Nicolaes Tulp. Ce genre deviendra représentatif de sa production, bien qu’il n’en réalisera que très peu au cours de sa carrière.

Rembrandt s’essaie également à la peinture d’histoire, mais ses scènes confinent souvent au maladroit (L’Enlèvement d'Europe, 1632), à l’anodin (Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée, 1633) voire au grotesque (L’Enlèvement de Ganymède, 1635). D’autres toiles sont plus réussies (La Descente de Croix, 1633), de même que quelques remarquables paysages (Paysage au pont de pierre, 1637).
Le tournant des années 1640 contraste avec le flamboyant début de carrière. En 1639, Rembrandt s’endette pour acheter une maison à Amsterdam. Son fils Titus naît en 1641, mais en 1642, sa femme meurt subitement. À l’échec intime s’ajoute l’échec artistique. La même année, il livre la Ronde de nuit du capitaine Frans Banning Cocq, une œuvre au format imposant (4,4 × 5 m) représentant les membres de la milice civile. Le talent du peintre est incontestable, mais l’œuvre reçoit un accueil mitigé…

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La controverse autour de la Ronde de nuit était due à sa composition unique, voire provocatrice : plutôt que de représenter la milice en rangs stricts selon leur grade, l’artiste les a dépeints en train de s’adonner à diverses activités. En outre, les personnages sont traités de manière réaliste et non idéalisée, de sorte que certains membres n'ont probablement pas été flattés par leur apparence. Le tableau témoigne d’un jeu de lumière virtuose propre à Rembrandt.
En 1645, Rembrandt engage une servante qui devient sa seconde épouse, Hendrickje Stoffels. Il peint d’elle de nombreux portraits. Il poursuit également sa production de gravures de grande qualité (La Pièce aux cent florins, vers 1648). En 1654 naît un deuxième enfant, Cornelia. Il réalise de superbes portraits (Jan Six, 1654) et des scènes de genre sans comparaison. Le Bœuf écorché (1655), souvent regardé comme un défi plastique, contient une portée morale fréquente dans les tableaux de l’artiste.

Acculé par les dettes, Rembrandt est obligé de vendre sa maison en 1656. L’une de ses commandes, La conjuration de Claudius Civilis (1662), est refusée par la mairie d’Amsterdam. En 1663, Hendrickje meurt suivie par son fils Titus, en 1668.
L’artiste leur survit. En 1662, il peint le Syndic de la guilde des drapiers, mais son style brut et naturaliste est moins apprécié qu’aujourd’hui. Rembrandt meurt dans la pauvreté en 1669, à l’âge de 63 ans.

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Des années 1620 jusqu’à sa mort, Rembrandt a peint de nombreux autoportraits. On en compte environ une centaine, qui constituent une véritable autobiographie picturale. Les premiers exemples témoignent d’un début de carrière ambitieux (Autoportrait en costume oriental, 1631). Rembrandt se représente tantôt en bourgeois, tantôt en boudeur, ou en chevalier. Ses derniers autoportraits, attestant de la misère du peintre, sont les plus sombres et les plus magistraux. L’Autoportrait aux deux cercles (vers1665) est sans doute le plus énigmatique et le plus complet de toute la série.
Éminent portraitiste, Rembrandt a peint dans des genres très divers. Une orientation inhabituelle à une époque où nombre d’artistes sont souvent spécialisés. Son inclination à se recopier a par ailleurs déteint sur ses élèves, sans compter sur sa façon aléatoire de signer… De fait, la paternité des œuvres de Rembrandt est des plus délicates à établir. Régulièrement, des tableaux sont attribués ou déclassifiés, selon les expertises successives. Il y aurait aujourd’hui environ 350 toiles « authentiques ».

La cote des œuvres certifiées ne souffre pas des discussions. On se rappelle encore de l’acquisition des Rembrandt de la collection Rothschild par le Louvre et le Rijksmuseum, en 2015. Deux tableaux en pendant, acquis pour la modique somme de 160 millions d’euros.



