La vie de Frans Hals est assez mal connue. Le peintre naît à Anvers en 1582, dans une famille protestante. Ses parents s’installent à Haarlem pour fuir l’avancée de l’armée catholique espagnole. En 1601, Hals entre dans l’atelier du peintre et théoricien Karel van Mander. Il s’y fait remarquer et intègre en 1610 la guilde locale des peintres (Saint-Luc). Hals se spécialise dans le genre du portrait, où il excelle rapidement. Haarlem est alors l’une des principales cités du Nord. Elle compte de nombreuses personnalités du milieu du commerce et de la politique. Pour le jeune portraitiste, la bourgeoisie locale constitue une clientèle parfaite.

La production de Frans Hals se divise globalement en deux parties. Il y a d’abord les portraits de commande, commissionnés par les riches citoyens de la ville. Ceux-ci s’adressent souvent à lui dans un but d’affirmation sociale. Hals travaille vite et bien. Il sait s’adapter et se montre attentif à la flatterie du modèle. Il livre des portraits individuels qui lui valent une solide renommée : Paulus van Beresteyn (1620), le Cavalier souriant (1624) ou Isaac Massa (1626). Mais ce sont probablement les portraits de groupe qui contiennent le plus de vigueur. Entre 1616 et 1639, Hals peint plusieurs scènes représentant les milices locales (Corps des archers de Saint-Georges, 1639). Le musée Frans Hals à Haarlem possède cinq de ces tableaux militaires.

De tels portraits sont pour le moins démonstratifs. Ils rappellent le contexte tendu entre l’Espagne et les Pays-Bas depuis la fin de la Trêve de douze ans (1609-1621). Mais nombre de miliciens, en réalité, ne combattaient jamais. Il s’agissait avant tout de se réunir entre gentilshommes distingués. Ces compositions témoignent également de l’apport financier que pouvaient représenter les commandes de la bourgeoisie : l’emplacement dans le tableau se paie alors à la tête, plus ou moins cher en fonction de la position. Frans Hals peindra de nombreux portraits de groupe jusqu’à la fin. En 1664, c’est à plus de 80 ans qu’il livre d’une main de maître l’une de ses toiles majeures, le Portrait des régents de l'Hospice des vieillards (1664).

À côté des commandes, Frans Hals peint aussi des portraits plus informels. Il prend pour modèle des personnages au statut souvent humble, ici un Bouffon au Luth (1623), là un Joyeux buveur (1628), ailleurs une servante sénile (Malle Babbe, 1633) ou un Joueur de Rommelpot (1620). Ces portraits de genre sont en réalité des archétypes non dénués d’une signification morale: ils attestent également de l’intérêt du peintre pour la psychologie des personnages et des têtes d’expression.
C’est aussi là que le style de Hals s’exprime peut-être le plus librement. Un style fait de coups de pinceaux brossés à la va-vite, valorisant le modèle placé au centre d’un halo de lumière contrastant sur le fond noir. L’influence italienne apparaît ici par le biais du caravagisme d’Utrecht. Où l’on comprend mieux le célèbre mot de Van Gogh, selon lequel « Frans Hals devait utiliser vingt-sept sortes de noirs ».

Frans Hals meurt en 1666. Déjà connu de son vivant, il devient célèbre dans le monde entier au fil des années. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands représentants de la peinture flamande. On connaît environ 200 peintures de sa main. Le peintre influença de nombreux artistes locaux, à commencer par les membres de sa famille. Son frère Dirck et plusieurs de ses enfants embrassèrent eux aussi la carrière de peintre.
En France, certains artistes comme Nicolas Tournier ont vraisemblablement été au contact des œuvres du maître. Il n’est pas jusqu’au grand Thomas Gainsborough qui ne s’en inspire au XVIIIe siècle, comme en atteste la comparaison entre Mr and Ms Andrews (1750) et le Portrait de mariage d'Isaac Massa et Beatrix Van der Laen (1622). Au XIXe siècle, Hals marque durablement l’esprit d’Édouard Manet, de van Gogh et des impressionnistes.

Sur le marché, le peintre jouit de la réputation accordée aux grands maîtres. Il est également l’une des proies favorites des faussaires. Lors de la vente Pierre Bergé en 2009, un Portrait d'homme tenant un livre a atteint la somme de 3,5 millions d’euros (Christie’s Paris). En 2009 également, une Tête de garçon s’est vendue pour un peu plus d’un million d’euros (Christie’s Londres). Le record de l'artiste a été décroché en décembre 2018 chez Christie's avec Portrait d’un homme à 37 ans et Portrait d’une femme à 36 ans, deux tableaux représentant un couple vendus ensemble pour 12,591,789 euros (12,591,789 de livres sterling).
Retrouvez tous les prix réalisés pour Frans Hals aux enchères.



