Lorsqu'on évoque l'histoire de la plongée et des montres de plongée, il est souvent bon de rappeler qu'aujourd'hui encore, après des décennies d'exploration et d'innovations technologiques, nous savons très peu de choses sur les profondeurs sous-marines. Les océans couvrent 70% de notre planète, et pourtant 95% d'entre eux restent totalement invisibles aux yeux de l'homme.
En 1953, Rene P. Jeanneret ressent le désir d'en savoir plus sur le monde marin. Plongeur amateur, René est également à la tête de Rolex et bon ami de Jacques Cousteau, le mythique océanographe. Entre 1954 et 1955, Cousteau réalise la version cinématographique de son livre Le Monde du Silence, un chef-d'œuvre sous-marin qui présente pour la première fois au public, en couleur, les secrets spectaculaires de l'océan. C'est le seul documentaire à avoir remporté la Palme d'or à Cannes jusqu'en 2004 (il a également remporté un Oscar).

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Le film, sorti en 1956, met en évidence un prototype de Rolex Submariner au poignet de Cousteau. La montre, résultat d'un large investissement dans la technologie de la plongée par Jeanneret, est entrée en production en 1953 et a été présentée au monde entier au salon de l'horlogerie Baselworld en 1954. Ce sont les références 6204 et 6205 qui ont donné le ton au modèle, mais il est encore difficile aujourd’hui de savoir lequel est arrivé en premier. Rolex a réussi le pari d’allier style, fonctionnalité et résistance à des conditions extrêmes, propulsant immédiatement la Submariner comme accessoire indispensable des plongeurs.
Extrêmement fiable, facile à lire et étanche, la Submariner comportait également un « enregistreur de temps » révolutionnaire, ou ce que nous appelons aujourd'hui une lunette tournante. C'est cette lunette aux fonctions très spécifiques qui a fait toute la différence : dotée de graduations 60 minutes, elle permettait à tout plongeur de mesurer le temps passé sous l’eau et d'accommoder ses paliers de décompression, élément crucial de la sécurité en plongée.

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Ses bords crantés ont été pensés pour permettre une manipulation aisée avec des gants, tandis que sa lunette Cerachrom (introduite en 2008) fabriquée dans une céramique très résistante, est pratiquement inrayable. Une capsule luminescente sur l’indice du zéro assure une bonne lisibilité dans les eaux claires peu profondes comme dans l’obscurité des abysses.
Sans parler de son boîtier Oyster, véritable tournant dans l’histoire de la marque qui tient son nom de son herméticité : on le dit alors « fermé comme une coquille d’huître ». Avec un fond et une lunette vissée, ainsi qu’une couronne de remontoir étanche comme un sas de sous-marin, le boîtier en acier garantit une incroyable résistance à la corrosion, la pression et les chocs.
Le boîtier Oyster a été mis à l’épreuve pour la première fois en 1927 par Mercedes Gleitze, une athlète qui a entrepris de traverser la Manche à la nage, une Rolex dotée d'un boîtier Oyster accrochée autour du cou. Arrivée 10 heures plus tard avec une montre en parfait état de marche, elle a contribué à renforcer le mythe de la marque. Les innovations techniques apportées par Rolex sur les modèles plus avancés ont rapidement une étanchéité jusqu’à 300 mètres.

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Rolex a continué à adapter la Rolex Submariner au cours des 60 années suivantes, petit à petit, à mesure que de nouvelles technologies et de nouveaux détails de conception étaient découverts. Une collaboration avec le COMEX, le principal groupe de recherche sous-marine, a conduit à la fameuse valve d'échappement à hélium. Le COMEX a découvert que pour les plongées très profondes, il était plus sûr pour les plongeurs de respirer un mélange d'oxygène et d'hélium. Mais les molécules d'hélium sont suffisamment petites pour passer à travers des joints autrement parfaits, s'accumulant dans une montre jusqu'à ce qu'elle s'ouvre. La valve unidirectionnelle introduite pour résoudre ce problème a été utilisée depuis sur toutes les Sea-Dwellers de Rolex, malgré son application très spécialisée.
Même si ce bijou d’horlogerie se place comme gadget maître des profondeurs, il est aussi devenu symbole d’action. Les nombreuses apparitions de la Submariner dans les films de la série James Bond ont contribué à sa popularité sur la terre ferme. Sean Connery porte la référence 6538 du modèle dans ses quatre premiers films, tandis que Roger Moore arbore la 5513 lors de ses deux premières incarnations de l’agent.

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Bien sûr, la grande majorité des Submariners n'ont jamais vu la mer. La montre est tellement populaire qu'elle est devenue l'un des garde-temps les plus couramment contrefaits de l'histoire. Elles peuvent se vendre aux enchères pour des centaines de milliers de dollars, une édition ancienne de 1956 ayant établi le record des Submariners chez Christie's en 2018, atteignant 1,06 million de dollars. Cependant, l'attrait des Rolex Submariners reste ancré dans notre fascination éternelle pour l'océan, qui perdure depuis la nuit des temps.
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