Restez au courant du monde des antiquités

En vous abonnant, vous acceptez la politique de confidentialité. Désabonnez-vous à tout moment.

Barnebys

Barnebys HQ

Brahegatan 10
BOX 5038
114 37 Stockholm

Compagnie

  • À propos de nous
  • Rejoindre Barnebys
  • Nos partenaires
  • Presse
  • Carrières

Explorer davantage

  • Barnepedia
  • Astuces
  • Maisons de ventes / Galeries / Marchands

Soutien

  • FAQ
  • Conditions d'utilisation
  • Politique de confidentialité et d'utilisation des cookies
  • Contactez-nous
  • Barnebys Group AB
  • Barnebys.se
  • Barnebys.com
  • Barnebys.co.uk
  • Barnebys.de
  • Barnebys.fr
  • Barnebys.es
  • Barnebys.it
  • Barnebys.hk
  • Tous les lots en vente
  • Catégories
  • Résultats des ventes
  • Magazine
  • Art Ancien
  • Arts Graphiques
  • Arts asiatiques
  • Livres, Cartographie & Manuscrits
  • Tapis, Tapisseries & Textiles
  • Monnaies & billets de collection
  • Art Contemporain
  • Ethnographie
  • Mode & Vintage
  • Art Populaire
  • Mobilier, Design & Miroirs
  • Verrerie
  • Bijouterie & Joaillerie
  • Luminaire
  • Médailles, armes & armures
  • Autres
  • Musique & Instruments de musique
  • Optique & Objets scientifiques & Marine
  • Photographies
  • Céramique
  • Cartes Postales & Philatélie
  • Sculptures
  • Argenterie & Orfèvrerie
  • Sports & Loisirs
  • Métaux
  • Jouets & Collections
  • Véhicules
  • Montres & Horlogerie
  • Vins & Alcools
  • Objets d'Art
  • Tous les lots en vente
  • Résultats des ventes
  • Magazine
  • Demander une estimation
  • Système d’enchères

Magazine Barnebys

Plus récentSélection de la rédactionSujets
Magazine/Art/La reine Kiki, souveraine de Montparnasse

La reine Kiki, souveraine de Montparnasse

Porté par le vent de liberté qui souffle sur les Années Folles, le Tout-Paris se libère des mœurs et adopte une vie ponctuée d’excès et de débauches. Parmi les figures emblématiques de cette époque, Alice Prin, une jeune femme connue sous le nom de « Kiki de Montparnasse », s’est imposée sur les œuvres de nombreux artistes et a marqué les esprits par son glamour débridé.

23 septembre 2026Gritta von Toll
Man Ray (1890-1976), Le Violon d'Ingres, 1924, tirage unique à la gélatine argentique, monté sur carton, estampillé « ORIGINAL », 48,5 x 37,5 cm. Photo © Christie's (Détail)

Man Ray (1890-1976), Le Violon d'Ingres, 1924, tirage unique à la gélatine argentique, monté sur carton, estampillé « ORIGINAL », 48,5 x 37,5 cm. Photo © Christie's (Détail)

Au printemps 1924, Man Ray se tient dans son atelier parisien et appuie sur le déclencheur de son appareil pour prendre une photo qui compte aujourd’hui parmi les plus célèbres au monde : Le Violon d’Ingres. Pensé comme un hommage au peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres, le cliché s’inspire du tableau La Baigneuse de Valpinçon (1808), mais comporte toutefois une touche personnelle faisant référence au passe-temps du peintre : le violon. Parfois décrit comme « une photo dans une photo », le tirage est celui d’un nu de dos, auquel Man Ray a ajouté les ouïes d’un violon avant de le photographier à nouveau.

Gauche : Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), La Baigneuse de Valpinçon, 1808, huile sur toile, 146 x 98 cm, Musée du Louvre, Paris. Photo dans le domaine public | Droite : Man Ray (1890-1976), Le Violon d’Ingres, 1924, tirage unique à la gélatine argentique, monté sur carton, estampillé « ORIGINAL », 48,5 x 37,5 cm. Photo © Christie’s

À lire aussi : Jean-Auguste-Dominique Ingres et le pouvoir du classicisme

Si le nom du modèle d’Ingres est inconnu, nous savons en revanche très précisément qui a posé pour Man Ray en 1924 : une jeune femme de 22 ans nommée Alice Prin, qui, au cours des années 1920, a été surnommée « reine de Montparnasse ».

Alice Ernestine Prin naît le 2 octobre 1901 à Châtillon-sur-Seine, hors mariage. Elle grandit chez sa grand-mère, tandis que sa mère travaille à Paris dans une imprimerie afin de subvenir aux besoins de la famille avec son maigre salaire. En 1913, elle fait venir Alice à Paris, où la jeune fille poursuit sa scolarité pendant un an avant d’entrer dans le monde du travail et d’enchaîner des petits boulots, dont le dernier chez un boulanger (un emploi qu’elle perd après s’être disputée avec la femme du boulanger). Pour continuer à gagner sa vie, Alice pose (parfois nue) pour des artistes, une activité qui horrifie sa mère et qui lui coûte son toit. Mise à la porte, Alice trouve refuge chez des amies et découvre le café La Rotonde, où la compassion pour les âmes torturées ne manque pas. Le café est fréquenté par des artistes qui, depuis quelques années, s’installent de plus en plus nombreux à Montparnasse.

À gauche : Constant Detré (1891-1945), Portrait de Kiki de Montparnasse, vers 1920-1925. Photo dans le domaine public | Droite : Gustaw Gwozdecki (1885-1935), Alice Prin (Kiki de Montparnasse), vers 1920. Photo dans le domaine public

À lire aussi : Fernande Barrey : la muse de Paris

Avec son maquillage soigné, son nez effronté et cette assurance qui compense ses vêtements usés, Alice se fait remarquer à La Rotonde, notamment par Chaïm Soutine, le premier peintre de l'avant-garde montparnassienne pour lequel elle pose dans son atelier de la Cité Falguière. Il présente Alice à ses compagnons de route, parmi lesquels figure le peintre polonais Maurice Mendjinsky, qui deviendra l’homme de sa vie pendant trois ans. Très vite, il la surnomme tendrement Kiki, mais leur relation n’est pas destinée à durer. En 1921, Mendjinsky part dans le sud de la France pour faire avancer sa carrière, mais Alice refuse de quitter Paris. Elle conserve toutefois le nom de Kiki, qui devient, associé à une coupe au carré noire, sa marque de fabrique.

Kiki fascine les artistes de Montparnasse, qui ne cessent de l’immortaliser. Elle se lie également d’amitié avec bon nombre d’entre eux, notamment Moïse Kisling et Tsuguharu Foujita. Foujita est tellement fasciné par Kiki que les portraits qu’il peint d’elle comptent parmi les premiers qu’il réalise d’après un modèle vivant.

Gauche : Kiki de Montparnasse et Tsuguharu Foujita à Paris en 1926. Photo du domaine public | Droite : Tsuguharu Foujita (1886-1968), Kiki de Montparnasse, 1926, signé et daté, huile et encre de Chine sur toile, 41,5 x 33,5 cm. Photo © Christie’s

Il est intéressant d’observer la disparité des représentations de Kiki par les artistes, comme si chacun avait vu ou tenté de saisir quelque chose de différent dans l’aura de cette muse. La variété des poses, des expressions et des mises en scène que l’on retrouve dans les œuvres témoigne également de la polyvalence de la jeune femme en tant que modèle. Son look singulier, avec ses lèvres rouges et ses cheveux noirs courts, a toutefois fortement contribué à sa renommée et à sa popularité. Bien que l’on retrouve Kiki sur de nombreuses toiles et dessins, ses traits ont aussi été immortalisés à travers d’autres disciplines. Le sculpteur espagnol Pablo Gargallo l’a capturée dans une impressionnante sculpture en bronze réalisée en 1928, tandis qu’Alexander Calder, qui a vécu à Paris de 1926 à 1933, a façonné son portrait avec du fil de fer.

Gauche : Moïse Kisling (1891-1953), Kiki de Montparnasse, 1924, signé, huile sur toile, 55 x 38,1 cm. Photo © Christie's | Droite : Pablo Gargallo (1881-1934), Kiki de Montparnasse, 1928, bronze, Musée Goya, Castres. Photo dans le domaine public

À lire aussi : Alexander Calder créateur de mobiles...mais pas que !

Les portraits les plus emblématiques de Kiki restent toutefois ceux du dadaïste et surréaliste américain Man Ray, avec qui elle a entretenu une relation à la fois professionnelle et amoureuse pendant environ sept ans. C’est à cette période qu’ont vu le jour, outre Le Violon d’Ingres, le célèbre cliché Noire et blanche, qui montre Kiki, soigneusement apprêtée, tenant un masque africain dans sa main. Kiki devient également une star à l’écran, notamment dans les courts-métrages expérimentaux de Man Ray (Le Retour à la Raison, Emak Bakia, L’Étoile de mer) et de Fernand Léger (Ballet Mécanique). Elle tente même une brève escapade aux États-Unis pour percer dans le monde du cinéma, mais sans succès.

Man Ray (1890-1976), Noire et blanche, 1926, tirage à la gélatine d'argent, 21,1 x 27,6 cm. Photo dans le domaine public

À lire aussi : Man Ray : le visionnaire surréaliste

Mais Kiki n'est pas seulement une muse, c'est aussi une artiste à part entière qui a marqué les Années folles à Paris. Ses prestations de chant osées dans les cabarets de Montparnasse, notamment à La Coupole et au Jockey Club, sont légendaires. Elle possède également un talent de dessinatrice et compte de nombreux amis artistes qui l’encouragent à poursuivre dans cette voie. En 1927, une exposition personnelle lui est consacrée à la galerie Au Sacre du Printemps, laquelle sera suivie de plusieurs expositions collectives.

Kiki de Montparnasse (Alice Prin, 1901-1953), Gitans, 1928, signé et daté, huile sur carton, 45,7 x 55,3 cm. Photo © Bonhams

À lire aussi : Les 10 œuvres les plus scandaleuses de l’histoire de l’art

En 1929, la relation entre Kiki et Man Ray prend fin. Certains le disent jaloux de son succès, quand d’autres suggèrent que l’arrivée de la photographe Lee Miller, venue à Paris pour devenir l’élève de Man Ray et avec qui il développe une relation amoureuse au fil du temps, y est pour quelque chose. Mais Kiki ne reste pas seule longtemps et devient la compagne de l’éditeur Henri Broca, qui la persuade de coucher ses mémoires sur papier. L’ouvrage « Kiki. Souvenirs », qui comporte une préface de Foujita ainsi que des illustrations de divers artistes, connaît immédiatement un grand succès en France, renforçant son image et son titre de « reine de Montparnasse ». Fort de ce succès, le livre est traduit en anglais l’année suivante et doit être publié aux États-Unis, désormais accompagné d’une préface d’Ernest Hemingway. Mais là-bas, on est scandalisé par le récit sans tabou de Kiki sur sa vie libertine, si bien que le livre est immédiatement retiré de la circulation.

Gauche : Man Ray (1890-1976), Kiki de Montparnasse, vers 1924, tirage argentique, tiré dans les années 1950/1960, 10,2 x 7,2 cm. Photo © Christie’s | Droite : Brassaï (1899-1984), Kiki chantant dans un cabaret de Montparnasse, 1933, signée et numérotée 10/30, tirage gélatine argentique postérieur à 1967, 31,6 x 24 cm. Photo © Christie’s

Vous souhaitez recevoir des articles comme celui-ci directement dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous dès aujourd’hui à notre newsletter gratuite !

La vie débridée de Kiki à Montparnasse laisse toutefois des traces. Plongée dans la drogue et l’alcool, son image se fragmente et sa beauté, à une époque où les canons sont font prévaloir la jeunesse, est de moins en moins adulée. Ses prestations de chanteuse continuent toutefois d’être acclamées, et en 1936-1937, elle décide d’ouvrir son propre cabaret rue Vavin : « Chez Kiki ». Elle est soutenue dans sa démarche par le pianiste et accordéoniste André Laroque, qui non seulement l’accompagne musicalement, mais devient son compagnon dans la vie privée. Il l’aide même à dactylographier son deuxième mémoire, « Souvenirs retrouvés ». Lorsque les troupes allemandes occupent Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, Kiki doit abandonner sa vie à Montparnasse et quitter la ville, où elle revient peu après la fin de la guerre. Mais elle ne parvient plus à renouer avec ses succès d’antan. Ses années d’alcoolisme et de toxicomanie finissent par avoir raison d’elle : Alice Prin, alias Kiki de Montparnasse, décède le 23 mars 1953, à l’âge de 51 ans seulement.

Mais la reine de Montparnasse reste aujourd’hui dans les mémoires, notamment grâce aux nombreuses œuvres d’art qu’elle a inspirées. En 2022, le tirage original du Violon d’Ingres est devenu la photographie la plus chère de l’histoire des ventes aux enchères, lorsqu’il a été adjugé chez Christie’s à New York pour 12 412 500 dollars américains.

Découvrez plus d’articles sur l’histoire de l’art sur le Magazine Barnebys !

Recevez la newsletter de Bbys !

En vous abonnant, vous acceptez la politique de confidentialité. Désabonnement à tout moment.

À propos de l'auteur

Gritta von Toll

Gritta von Toll Rédactrice, Allemagne Gritta von Toll est la rédactrice du magazine allemand de Barnebys. Gritta aime aller dans les choses en profondeur. D'abord, au cours de ses études en archéologie et en préhistoire, puis, depuis 2015, après un bref détour dans le monde de la publicité, pour Barnebys, où elle invite le lecteur contemporain à découvrir l'histoire de l’art.

Lire plus de cet auteur
Gritta von Toll

Découvrir des articles connexes

Gio Ponti, Piero Fornasetti, Edina Altara et Guido Gambone Étude et loges de la Casa Lucano, vers 1951. Photo © Cambi et PHILLIPS
Mobilier

La maison fantaisiste de Gio Ponti et Piero Fornasetti

Collage de « Judith avec la tête d’Holopherne » par Fede Galizias et d'« Un joueur de luth » par Hendrick ter Brugghens. Photos © Dorotheum (détails)
Peinture

Enchères : tout ce que les maîtres anciens ont fait de meilleur

Présentez votre vente aux enchères à des collectionneurs du monde entier !

Nils Tydén (1889-1976), From Sandhamn on 6 Aug, signé Nils Tydén et daté 1923, panneau 79 x 100 cm. Photo © Bukowskis (détail)
Design

Design : la collection d’un important couple de diplomates sera dispersée