Des œuvres d'Anna Petrus, Émile Gallé, Märta Måås-Fjetterström, Serge Poliakoff et Olle Baertling, pour ne citer qu’eux, seront présentées chez Bukowskis les 17 et 18 mai prochains. Nous avons parcouru le catalogue pour vous présenter quelques lots phares.

Alva Myrdal (1902-1986), femme politique et diplomate, et Gunnar Myrdal (1898-1987), professeur et homme politique, sont considérés comme deux des personnalités les plus influentes de la Suède du XXe siècle. Ensemble, ils ont œuvré à la réforme de la société et au développement du bien-être suédois.
Alva et Gunnar ont également réuni une impressionnante collection de design dans leur propriété, une villa funky conçue par Sven Markelius et située à Bromma, comprenant des pièces uniques et des meubles d'Axel Einar Hjorth, Uno Åhrén ou encore Björn Trägårdh. Certains de ces objets sont entrés en possession du couple au cours de leurs voyages et de leurs missions diplomatiques à l'étranger. Une vingtaine d'objets de leur collection sont aujourd'hui présentés chez Bukowskis.

En novembre 2021, le cabinet Plan de Paris à vol d'oiseau de Josef Frank a été vendu pour 3 246 000 couronnes suédoises chez Bukowskis, soit un nouveau record pour un objet du designer aux enchères. Aujourd'hui, la maison a le plaisir de présenter un autre meuble emblématique de Frank.
Avant de se réfugier en Suède en 1933, Josef Frank a travaillé à Vienne pour la société Haus & Garten, où il a commencé à tapisser des armoires avec différents textiles. En 1937, quelques années après avoir commencé à travailler pour la firme Svenskt Tenn, il a conçu sa première armoire recouverte d'affiches florales, qui a amorcé la création d’autres pièces tapissées de cuir et de cartes.
Le cabinet présenté ici en est un exemple. Le meuble est flanqué du plan de Paris du cartographe français Georges Peltier. Peltier a dessiné le plan détaillé de Paris tel qu'il était en 1920, un ouvrage qui lui a pris vingt ans et 30 000 heures de travail. Ce n’est pas surprenant, étant donné que chaque petite rue et chaque site emblématique, comme la Tour Eiffel et la Bastille, y sont représentés. Neuf éditions différentes de la carte ont été publiées entre 1920 et 1985, et l'une d’entre elle a fini sur l'armoire de Josef Frank.

Après avoir terminé ses études à l'école technique Chalmers en 1903, Ernst Spolén a commencé à travailler sous la direction de l'architecte Ragnar Östberg, notamment pour la décoration intérieure et la conception du mobilier de l'hôtel de ville de Stockholm entre 1911 et 1923. Pour ce projet, Östberg avait prévu de représenter toutes les étapes historiques de Stockholm par le biais du mobilier, et c’est également lui qui a préconisé de s'inspirer de styles historiques et d’autres cultures. Ernst Spolén a donc été envoyé en voyage d'inspiration à Copenhague. Les références à la Renaissance et à l'Antiquité que l'on peut discerner dans les cabinets de la vente aux enchères ont probablement été puisées lors de son périple. Ce mélange d’influences fait écho à l’idée principale d'Östberg pour l'hôtel de ville : créer des contrastes clairs, de la surprise et de la variété. Cet éclectisme est aujourd’hui typique du mobilier de Spolén.

À l'âge de 19 ans, Isaac Grünewald quitte Stockholm pour Paris afin d'étudier à l'Académie Matisse. Le jeune artiste a décrit sa première rencontre avec un tableau d'Henri Matisse comme une explosion de couleurs : « Soudain, je me suis trouvé devant un mur qui chantait, pour ne pas dire qui rugissait de couleurs et de lumière brillante. J'ai été confronté à quelque chose de complètement nouveau et de téméraire, plein de liberté ». Avec Matisse, Grünewald a abandonné la palette de couleurs nordiques typique au profit de couleurs plus expressives. Le tableau de la vente, Kungsträdgården, i solgasset, a été peint en 1915 et témoigne de cette utilisation de la couleur plus débridée. L'œuvre n'a jamais été présentée sur le marché des enchères mais a été exposée au Kunsthall de Liljevalch à Stockholm, notamment lors d'une rétrospective en 1944, deux ans avant la mort de l'artiste dans un accident d'avion.

Au début des années 1920, Waldemar Lorentzon et Erik Olson se rendent à Paris pour étudier à l'école d'art de l'Académie Moderne de Fernand Léger. Pendant son cursus, Lorentzon a été fortement influencé par le postcubisme de Léger, dans lequel les objets et les figures étaient construits à partir de formes géométriques ayant une apparence « manufacturée ». Le tableau de la vente aux enchères, Le Pêcheur, datant de 1928, en est un bon exemple. Au premier plan, on observe le personnage principal avec une caisse de poissons sur l'épaule et, à l'arrière-plan, le port de la ville de Mölle, en Scanie.

En 1904, Piet Mondrian accompagne son ami Albert Pieter van den Briel dans la province du Brabant, dans le sud des Pays-Bas. L'artiste néerlandais s'est installé dans la ville d'Uden et a peint dans différents endroits de la région, dont Nistelrode. Ce serait là que l'aquarelle de la vente aux enchères, Portes de grange dans le Brabant, aurait été peinte. Grâce à la correspondance de van den Briel, nous savons que Mondrian a créé une œuvre dans des tons de brun rougeâtre avec des tons de blanc et de bleu. Van den Briel écrira plus tard qu'au Brabant, Mondrian « a réalisé plusieurs études de granges aux portes carrées, dans différentes compositions et couleurs ».
À l'automne 1911, Mondrian se fiance avec Gretha Heijbroek, dont la famille a acheté plusieurs de ses œuvres. Portes de grange dans le Brabant a été acheté par le frère de Gretha, Marius Johannes Heijbroek, vers 1905-1911. En 1933, Marius a émigré en Suède, d'où sa femme était originaire, emportant l'aquarelle avec lui. Le tableau est resté en possession de la famille jusqu'en 1970, date à laquelle il a été donné à une autre famille suédoise. Portes de grange dans le Brabant a été redécouvert lorsque Bukowskis a demandé au RKD (Institut néerlandais d'histoire de l'art) d’authentifier l’œuvre. Il a maintenant été confirmé que le tableau est bien de l'artiste néerlandais.

