Franz Marc naît à Munich le 8 février 1880 dans une fratrie de deux garçons. Son père, Wilhelm, est un peintre de genre et de paysage qui avait travaillé sur les projets d'ameublement des châteaux de Linderhof et de Herrenchiemsee. À la fin des années 1880, Wilhelm Marc est atteint de la sclérose en plaques et abandonne son travail quelques années plus tard, en 1894. Il doit alors subvenir aux besoins d'une famille de quatre personnes avec une simple pension.

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Pendant ce temps, Franz et son frère aîné Paul fréquentent le lycée Luitpold de Munich, où Albert Einstein suit aussi temporairement des cours. Malgré un intérêt pour la théologie et la philosophie, Franz décide d'étudier la philologie après l’obtention de son diplôme. Son cursus est interrompu par son service militaire, pendant lequel il passe près d’Augsbourg et commence à envisager de suivre de plus près les traces de son père. À son retour à Munich, il quitte l'université Ludwig-Maximilians et s'inscrit en 1901 à l'académie des beaux-arts de Munich, l'école où son père avait également étudié.

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Après deux ans à l’académie, Marc part pour la France avec un ami étudiant pendant les vacances semestrielles. Il s'arrête en Bretagne, en Normandie et, bien sûr, à l’épicentre de la scène artistique de l’époque : Paris. Issu d’une éducation bilingue grâce à sa mère alsacienne, Marc n'a aucun mal à communiquer pendant ses voyages. Ce périple en France reste l’un des plus importants pour sa carrière naissante, c’est à ce moment qu’il découvre son enthousiasme pour les vitraux des cathédrales gothiques ainsi que pour les blocs de bois japonais, qui auront une influence perceptible sur son travail ultérieur.
De retour à Munich, Marc fait ses adieux à l'académie et quitte la maison de ses parents pour louer un studio à Schwabing. Désormais indépendant, le jeune homme entame une liaison avec l'artiste et collectionneuse mariée Annette Simon, qui l'aide à se constituer un réseau grâce à ses relations avec la scène munichoise.

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En 1906, Marc rencontre la peintre berlinoise Marie Schnür et son élève Maria Franck. Un triangle amoureux se forme, bien que Marc soit surtout attiré par Maria. Il épouse Marie en 1907, mais l’union est arrangée pour que le peintre puisse adopter l’enfant illégitime qu’elle avait eu avec le peintre Angelo Jank. Le jour du mariage, Marc part seul en « voyage de noces » à Paris.
Au cours de son voyage, Marc se découvre un enthousiasme pour les œuvres audacieuses de Vincent van Gogh et de Paul Gauguin. À son retour à Munich, il découvre qu'il a lui aussi des admirateurs, en particulier le peintre August Macke, avec qui une longue amitié se formera. Marc développe également des relations professionnelles : en 1910, l'industriel Bernhard Koehler devient son mécène et le soutient financièrement.

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La vie privée de Marc, cependant, est plus tumultueuse que sa vie professionnelle. En 1908, un an seulement après son mariage fictif avec Marie Schnür, Marc divorce afin de pouvoir épouser Maria Franck. Cependant, Schnür (peut-être poussée par une jalousie inattendue) dénonce les liaisons extra-conjugales de l’artiste lors du divorce, l’empêchant de se remarier dans un premier temps. Marc et Franck vivent toutefois ensemble à Sindelsdorf et se marieront quelques années plus tard, en 1913.

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En 1909, Marc visite la première exposition de la Nouvelle Association des artistes munichois (N.K.V.M.), un collectif d'artistes en rupture avec l'art impressionniste qu’il rejoint l’année suivante. Parmi les autres membres figurent Wassily Kandinsky et sa compagne Gabriele Münter. La deuxième exposition présente également des œuvres de Georges Braque et Pablo Picasso, qui commencent à se tourner vers le cubisme.
L'harmonie au sein du groupe est terminée presque avant d'avoir commencé : Kandinsky souhaite peindre de manière plus abstraite, ce qui contrarie de nombreux membres. Marc soutien Kandinsky et, avec Gabriele Münter, ils quittent la N.K.V.M. en 1911 pour fonder Le Cavalier bleu (Der Blaue Reiter), un groupe d’inspiration expressionniste qui présente sa première exposition la même année.

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La deuxième exposition du Cavalier Bleu a lieu en 1912, et comprend des œuvres des membres du groupe Die Brücke, comme Paul Klee. Elle marque également la publication de l’almanach éponyme, où Marc décrit le groupe comme « le dernier mouvement pictural en France, en Allemagne et en Russie » qui se rallie « avec le gothique et le primitif, avec l'Afrique, avec le grand Orient, avec l'art populaire original expressif et avec l'art des enfants ». De toute évidence, les impressions que Marc avait recueillies auprès des cathédrales gothiques lors de son voyage en France en 1903 étaient encore présentes dans son subconscient.

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En 1914, Franz et Maria Marc, désormais mariés, achètent une villa à Benediktbeuren, près de Kochel am See. Le peintre, dont les œuvres deviennent de plus en plus abstraites et adoptent une structure « cristalline », n'y passe pas beaucoup de temps car il est appelé au service militaire avec son ami August Macke plus tard la même année. Macke tombe en septembre 1914, et Marc combat pendant près de deux ans avant de décéder le 4 mars 1916, près de Verdun.

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Marc est enterré une première fois près de Verdun, mais sa veuve Maria fait transférer son corps à Kochel am See en 1917, là où le peintre a passé les étés de son enfance et a découvert l'amour de la nature que l'on ressent dans chacune de ses œuvres.

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Pour Marc, la représentation d'animaux symbolisait toute la force créatrice de la nature dans sa forme la plus pure. Pour réaliser ses tableaux, le peintre utilisait un code de couleurs très personnel : « Le bleu est le principe masculin, dur et spirituel. Le jaune est le principe féminin, doux, joyeux et sensuel. Le rouge est le principe matériel, brutal et lourd et toujours la couleur qu'il faut combattre et vaincre ».

Marc a laissé derrière lui une œuvre importante comprenant des peintures, des dessins, des gravures sur bois et des écrits théoriques. Ses œuvres ont toujours un esprit très moderne et actuel et s'échangent sur le marché de l'art pour plusieurs millions. Le record actuel a été établi le 1er mars 2022 chez Christie's à Londres avec la peinture à l'huile Les Renards de 1913. L'œuvre a été vendue pour 51,1 millions d’euros frais inclus.
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