Nous avions récemment présenté quelques-uns des lots importants de la prochaine vente de militaria organisée par la maison Andreas Thies. Nous lui consacrons ici un deuxième article, afin de faire honneur aux nombreuses pièces de valeur qui passeront sous le marteau, le 10 avril prochain.
Commençons par cet Ordre autrichien de la Couronne de fer, splendide décoration de première classe, datant d'environ 1840. Décoré d’un aigle bicéphale et de la couronne impériale autrichienne depuis 1815, cet Ordre est hérité de la Couronne de fer italienne fondée par Napoléon Ier en 1805.

Continuons sur notre lancée avec l'un des ordres les plus célèbres au monde : l’Ordre britannique de la Jarretière, fondé pendant la guerre de Cent Ans, en 1348, par le roi Édouard III. La légende raconte que l’idée du nom lui serait venue lors d’un bal, alors qu’il dansait avec sa maîtresse et que cette dernière aurait fait tomber sa jarretière. Il l’aurait mise à son genou avant de faire taire les railleries ainsi : « Honi (sic) soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable. » La première phrase de cette riposte, demeure aujourd’hui encore la devise de l’Ordre.

Plus ancien encore que l’Ordre de la Jarretière, l'Ordre portugais du Christ fut fondé en 1319, en tant qu’ordre de chevalerie. La maison Thies en propose un très bel exemple composé de cristaux taillés et datant de la fin du XVIIIe siècle.

Dans un tout autre registre, l’Ordre de la Gloire fut créé le 8 novembre 1943 pour récompenser les soldats jusqu’au grade de sous-officier, sous l’Union soviétique. Le présent exemplaire est une médaille de 1ère classe, un objet aussi rare aujourd’hui qu’il n’était prestigieux à l’époque.

Thies proposera aussi cette médaille militaire de Philippe Pétain, qui était devenu maréchal de France et commandant en chef des armées françaises, avant de diriger ensuite le tristement célèbre régime de Vichy, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Continuons en France, avec ce magnifique sabre qu’un général ou un officier supérieur devait porter, vers 1800. La double lame est décorée avec minutie, et s’accompagne d'un fourreau doré au feu.

Ce sabre et son fourreau en bois précieux, en revanche, sont chinois. Il s’agit très probablement d’un cadeau impérial, et la dédicace gravée révèle que c’est le prince Tommaso de Savoie, membre de la famille royale italienne, qui en était l’illustre destinataire. Ce dernier est notamment connu pour avoir commandé la corvette navale Vittor Pisani de 1879 à 1881, en direction de l’Amérique du Sud et de l’Asie.
Les armes à feu seront aussi présentes lors de cette vente. On trouvera notamment cet exemplaire du fusil à répétition Modèle 1895 de Winchester, qui avait été livré en Russie.

Quant à cette carabine Modèle 73, elle a été fabriquée en Saxe, à partir d'un fusil Chassepot français. Le fabricant d'origine demeure toutefois inconnu.

Dans un tout autre domaine, le fabricant d'armes Walther avait introduit un pistolet de sport sur le marché en 1932, destiné aux compétitions sportives. Le modèle « Olympia » avait par exemple perduré jusqu’aux Jeux Olympiques de 1936.
C’est aussi la société Carl Walther qui a commercialisé le premier pistolet de poche, en 1908. Le Modèle 1 présenté ici, a été remplacé dès l’année suivant par le Modèle 2.

À côté, ce pistolet semi-automatique Modèle Shock P. 08, vient de la société Samson & Co. C’est cette société qui, alors qu’elle était basée à Suhl, a équipé la police et l’armée de la République de Weimar.
La vente aux enchères aura lieu le 10 avril à partir de 13 heures à la maison de ventes Andreas Thies à Kirchheim unter Teck. En raison de la situation sanitaire actuelle, la présence du public est limitée, mais les offres peuvent aussi être soumises par écrit, par téléphone ou en ligne.



