Artcurial Motorcars, se prépare à orchestrer l’un des événements les plus marquants de l’histoire des ventes aux enchères de voitures de collection. Les experts de la maison ont parcouru près de 150 000 km pour réunir 230 véhicules d’exception couvrant près d’un siècle d’histoire automobile. L'estimation pour les trois jours de ventes du 3 au 5 février au Salon Rétromobile Porte de Versailles est supérieure à 80 millions d'euros, soit le double de cette même vacation l'an dernier. La vente sera menée par une Ferrari 250LM de 1964 qui pourrait bien surpasser les 25 millions d’euros, suivie par la Ferrari 575 GTC Compétition de 2003 estimée 3,3 à 3,8 millions, ou encore la Bugatti 57 Atalante de 1936 estimée 2 à 3 millions d’euros. En attendant de pouvoir les admirer au parc des expositions Porte de Versailles à Paris, voici une sélection de 6 véhicules d’exception.
Selon les termes de Matthieu Lamoure, Directeur du département Motorcars d'Artcurial : « Paris, à travers Rétromobile, va résonner au son des moteurs et de cette ferveur automobile qui nous unit et qui nous permet de défendre notre patrimoine roulant, si précieux, son histoire, de partager du plaisir et de créer des souvenirs tous ensemble. »
1964 Ferrari 250 LM Berlinetta par Pininfarina
La première place du podium revient sans doute à la Ferrari 250 LM de 1964. Ce modèle est un des chefs-d'œuvre d’Enzo Ferrari, et surtout la plus rare que la maison italienne ait produite (seulement 32 exemplaires contre 36 pour la Ferrari 250 GTO). De plus, le bolide a une histoire symbolique : c’est le dernier modèle à avoir remporté les 24 heures du Mans en 1965 par Masten Gregory et Jochen Rindt, déjouant contre tous les pronostics, la victoire de Ford. En plus d'avoir signé la dernière des neuf victoires de Ferrari à la course mancelle, la 250 LM est l'ultime représentante en compétition de la noble famille des 250, dans la lignée des Testa Rossa et des GTO, tout en annonçant la fabuleuse lignée des Ferrari à moteur central. La LM 250 vendue chez Artcurial présente une condition absolument exceptionnelle. Contrairement à ses consœurs ayant servi sur les courses, ce modèle en particulier est resté entre des mains de particuliers et de collectionneurs qui ne l'ont jamais engagée en course. Seulement présente comme voiture de réserve aux 24 heures de Daytona en 1966, cette 250 LM est la seule au monde avec une autre à avoir sa carrosserie et sa boîte de vitesse d’origine.

2003 Ferrari 575 GTC Compétition
Produite seulement à 12 exemplaires, cette « châssis n°2204 » est une des trois seules à avoir participé aux 24 Heures du Mans. Le 18 juin 2005, elle prend le départ sous le numéro 69, pilotée par Stéphane Daoudi, Jean-René de Fournoux et Jim Matthews de la célèbre écurie JMB Racing. N’ayant pas seulement couru le Mans, cette 575 GTC participe aussi en 2004 aux 24 Heures de Spa, ainsi qu’au Championnat FIA GT, principalement pilotée par Antoine Gosse, Peter Kütemann et Stéphane Daoudi. L’année suivante, on la verra sur « Le Mans Endurance Series ».

1951 Ferrari 340 America Barchetta Touring Superleggera
Bénéficiant des progrès techniques d’après-guerre, ce modèle est la Ferrari la plus puissante de l’époque. En 1951, Eddie Hall et Giuseppe Navone partagent le volant du bolide aux 24 Heures du Mans et réalisent une performance exceptionnelle, signant le meilleur temps des Ferrari en qualification, et faisant partie des rares voitures pendant la course à avoir effectué un tour en moins de 5 minutes, avec le quatrième temps derrière les Jaguar Type C de Moss et Walker, et la Talbot de Fangio. La même année Eddie Hall court une nouvelle fois avec la 340 America au départ du Tourist Trophy, à Dundrod en Irlande. Elle sera ensuite vendue à un riche américain du Connecticut qui l'engage aux 12 Heures de Sebring de 1953. Changeant à nouveau de propriétaire, celui-ci la fait courir à la Speed Week de Daytona, en 1954 où elle enregistrera un record. L’événement est immortalisé par de rares diapositives couleurs qui restituent magnifiquement l'ambiance de cette époque et la teinte bleue de la voiture. L’un des sponsors du véhicule, Sinclair Oil, fera également une campagne de publicité illustrant sa performance. Restée pendant 47 ans entre les mains du même propriétaire, elle présente son châssis, son moteur et sa carrosserie Touring d’origine et est accompagnée d’une riche documentation d’époque. Cette voiture présente un potentiel d’attraction touristique immense lors d’événements culturels comme le centenaire des 24 Heures du Mans qui aura lieu cette année.

Paris, à travers Rétromobile, va résonner au son des moteurs et de cette ferveur automobile qui nous unit et qui nous permet de défendre notre patrimoine roulant, si précieux, son histoire, de partager du plaisir et de créer des souvenirs tous ensemble.
2009 Mercedes-Benz SLR Stirling Moss Edition
Dernier fruit de la collaboration McLaren-Mercedes, ce modèle aux performances époustouflantes (elle peut atteindre près de 350 km/h en pointe) fut produit à 75 exemplaires seulement et vendu de façon exclusivement à des propriétaires de SLR déjà existants à un prix catalogue de l’ordre du million de dollars (920 000 €). La carrosserie est entièrement en fibre de carbone, abandonnant 200 kg par rapport à une SLR standard. La SLR Stirling Moss figure parmi les supercars en édition limitée les plus recherchées dans le monde et la vente d’un tel modèle aux enchères est rarissime, les échanges se faisant d’habitude au sein même des cercles de collectionneurs.

1929 Bugatti Type 35C
Pilotée par des pilotes prestigieux tels Guy Bouriat, le Baron Philippe de Rothschild, Juan Zanelli, Eddoura, Ralph avec des succès notoires dans des épreuves importantes (3 Grand Prix en 1929, dont une 4e place au GP de Monaco et sur le podium pour les courses de la Baraque, la Côte de Camps, les Alpilles, Klausen et le Mont Ventoux dans les années 1930). Ce modèle, jamais modifié depuis 1931 et produit à seulement 55 exemplaires du printemps 1927 à l'été 1930 est un des plus beaux exemplaires conservés et un des plus originaux et authentiques de type 35 C à ce jour. Un « pur-sang » dont la mise aux enchères marque un événement exceptionnel.

1935 Bugatti Type 57 Atalante
Véritable mythe, chef d’œuvre de la vie d’Ettore Bugatti, cette Atalante de 1935 représente la quintessence de la qualité technique, historique et esthétique dans la construction automobile. Ses lignes équilibrées, tout en galbe et tendues que nous devons à Jean Bugatti, assisté de Joseph Walter, le designer interne chez Bugatti. De plus, elle repose sur ce formidable châssis Type 57 de 3,30 m d’empattement, elle a encore son moteur d’origine, entièrement en aluminium, ce qui était très rare pour 1936. Enfin, c’est un des 4 exemplaires sur les 33 produits à avoir été vendus avec un toit ouvrant. Vendue neuve à un joaillier marseillais qui immédiatement a pris part à des courses automobiles, telles que le Rallye Monte Carlo, le Liège-Rome-Liège le Rallye des Alpes en 1938 elle a ensuite été restaurée dans ses conditions d’origine il y a plusieurs décennies. Sa robe bicolore met incroyablement en valeur la carrosserie. Elle est entre les mains d’un historien connu de la marque, qui depuis bientôt vingt ans sillonne l'Europe et les Etats-Unis au volant de sa belle Atalante, grande habituée des Concours d'Élégance.

Rendez-vous au Salon Rétromobile au Parc des expositions de la Porte de Versailles Hall 2.2 pour l'exposition des véhicules, du mercredi 1er au dimanche 5 février 2023. Les ventes auront lieu le 3 février 14h (Lot 1 au lot 128), le 4 février 14h (Lot 129 au lot 299) et le 5 février 14h (Racing, Flying & Yachting).



