Contrairement à la tradition française voulant que les présidents s’installent à l'Élysée durant leur mandat, Valéry Giscard d’Estaing et son épouse Anne Aymone préfèrent rester dans leur demeure de la rue Bénouville du 16e arrondissement parisien avec leurs quatre enfants. Ayant, entre autres, pour point commun le goût pour l’art, la culture et le raffinement du XVIIIe siècle français, le couple a réuni, durant leurs 68 ans de mariage des objets de grande qualité, livres, porcelaines, pendules, mobilier, bronzes, aux provenances prestigieuses. 181 lots provenant des collections du couple et des familles Schneider et Brantes, ancêtres de Anne-Aymone, qui garnissait leur résidence parisienne passeront sous le marteau à Drouot.

L’art et la culture, une priorité pour le président
Selon la maison de ventes : « Valéry Giscard d’Estaing était un véritable amateur de mobilier du XVIIIe siècle, un passionné de Louis XV, un grand connaisseur en matière de porcelaine et un expert de la faïence de Clermont-Ferrand ». Il est intéressant de rappeler l’importance de l’art, du patrimoine et de la culture pour l’ancien président. Valéry Giscard d’Estaing fut, par exemple, à l’origine de la création du musée d’Orsay et du musée Picasso, ainsi que du réaménagement du musée des arts décoratifs.
Valéry Giscard d’Estaing était un véritable amateur de mobilier du XVIIIe siècle, un passionné de Louis XV, un grand connaisseur en matière de porcelaine et un expert de la faïence de Clermont-Ferrand
Passion mobilier XVIII
L’un des lots phares de la vente est sans doute un bureau d’époque Louis XVI estampillé Garnier, surmonté d’un cartonnier avec baromètre à Mercure et régulateur signé F.Ageron, un des plus grands horlogers parisiens, connu pour ses mouvements à complications (estimation 300/400 000 €). Il est, d’après les experts de la maison de ventes, comparable à un autre exemplaire conservé au musée Calouste Gulbenkian à Lisbonne, au Portugal. Celui-ci provient de la succession du général de Brantes, ancêtre d’Anne-Aymone Giscard d’Estaing. De la famille Brantes proviennent également une commode Louis XV estampillée Laurent Rochette ainsi qu’un secrétaire en placage de bois de violette ornés de panneaux en laque. Tous deux ont été présentés au Musée des Arts Décoratifs lors de l’exposition Grands ébénistes et menuisiers parisiens du XVIIIe siècle en 1956.
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Passion porcelaine
La porcelaine faisait partie des passions d’Anne-Aymone et Valéry Giscard d’Estaing, qui recevaient leurs convives dans de la vaisselle ancienne. Preuve de leur goût pour l’histoire et la période de Louis XV, deux assiettes en porcelaine de Sèvres proviennent du service « petits vases et guirlandes » de la comtesse du Barry présentant au centre son monogramme « DB » (estimation 12/15 000€). Le service fut probablement commandé pour le château de Louveciennes, offert par Louis XV en 1769 à sa nouvelle favorite. Un modèle similaire est exposé au Musée des Arts Décoratifs et à la Cité de la Céramique de Sèvres.

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Passion Pendule
Les pendules n'échappent pas non plus à l'intérêt du président et de la première dame de l’époque. Parmi les lots présentés par la maison de vente, nous retrouvons une impressionnante pendule d’époque Empire en bronze doré, réplique de celle conçue par Charles Percier et inaugurée par Bonaparte, en 1803, pour l’anniversaire de la bataille de Marengo (estimation 20/30 000 €). Une autre pendule XVIII représentant une nymphe allongée est signée Bouchet, horloger du Roy (estimation 6/8 000€). Une pendule similaire est conservée dans les collections de la Couronne britannique.

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Passion pour l’Art tout simplement
Parmi les tableaux proposés lors de la vente, le portrait du Duc de Choiseul (1719-1785) par Adélaïde Labille-Guiard (1749-1803) est extrêmement rare. Seules soixante-dix œuvres de l’artiste sont connues, et bon nombre d'entre elles sont conservées dans les musées. Adélaïde Labille-Guiard, reçue en même temps qu'Élisabeth Vigée Le Brun à l’Académie royale de peinture et de sculpture, est connue pour avoir réalisé les portraits de la famille du roi Louis XVI à Versailles.

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Enfin, du côté des objets d’art, figure un ravissant buste d’Auguste Rodin (1840-1917) représentant le compositeur et chef d'orchestre autrichien Gustav Mahler (1860-1911). La femme du compositeur qui fut la propriétaire du bronze jusqu’à son acquisition par les Giscard D’Estaing au début des années 1970 raconte combien les séances de pose, au nombre de dix, furent très difficiles entre ces deux personnalités à fort tempérament (estimation 20/30 000 €).

Comble de l’élégance aristocratique française et du goût XVIII, cette collection représente quelque part, notre patrimoine français.
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