À quelques mois du bi-centenaire de la mort de l’« empereur des Français » (survenue le 5 mai 1821), un manuscrit unique dicté et annoté de sa main est exposé et mis en vente par la galerie Arts et Autographes dans le cadre de la foire BRAFA in the Galleries. Long de 74 pages, le document a été rédigé par le général Henri-Gatien Bertrand, fidèle de l’empereur, puis annoté par ce dernier à onze reprises à la marge. Il relate la célèbre bataille d’Austerlitz, celle qui a vu la Grande Armée de Napoléon, pourtant en infériorité numérique, l’emporter sur les forces de la Troisième Coalition.

C’est le document historique le plus fabuleux qu’on puisse trouver en mains privées sur l’histoire de France.
Rédigé lors de l’exil de l’empereur sur l’île de Sainte-Hélène (le général Bertrand ayant suivi son supérieur), le manuscrit raconte de manière très précise les préparatifs et le déroulement de la bataille qui, encore aujourd’hui, est considérée comme un véritable chef-d’œuvre tactique. Accompagné d’un plan de bataille sur papier calque, il est proposé par la galerie Arts et Autographes avec un prix de départ d’un million d’euros.

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« Personne ne regardait les écrits de Sainte-Hélène à l’époque », a confié Jean-Emmanuel Raux, propriétaire de la galerie, à l’AFP. « C’est le document historique le plus fabuleux qu’on puisse trouver en mains privées sur l’histoire de France ». Le manuscrit a été acquis par Jean-Emmanuel Raux dans les années 1970, lors de la vente des héritiers Bertrand à Châteauroux. C’est dans des masses de papiers que l’expert a découvert le précieux document relatant la « bataille des trois empereurs ». Sa fille Alizée Raux, qui a rejoint Arts et Autographes en 2015, remarque que l’empereur y « livre une version enjolivée de la bataille ».
BRAFA in the Galleries, alternative à la foire physique bruxelloise BRAFA, se déroule cette année dans les galeries participantes respectives. Du 27 au 31 janvier, 129 galeries de 14 pays différents ouvrent leurs portes et, dans le respect des mesures sanitaires en vigueur dans leur pays, peuvent présenter jusqu’à neuf œuvres (aussi visibles en ligne).

Les objets personnels ou liés à Napoléon font sensation à chaque apparition sur le marché : on se rappelle notamment de l’adjudication de 5,6 millions d’euros pour la « Table des Palais Royaux », de la vente de son service en porcelaine à 1,6 millions, ou encore du demi-million déboursé pour son trône impérial en 2019. Avec l’engouement intarissable du public et l’approche du bi-centenaire de la mort de l’empereur, ce document historique pourrait rejoindre les objets napoléoniens les plus précieux.
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