Le 16 mars prochain, la maison ART RESEARCH PARIS donnera la part belle au XXe siècle avec des objets aussi rares qu’exceptionnels, de l’art Déco au design en passant par l’art moderne et contemporain.

Les amateurs de mobilier et de design pourront se réjouir, car plusieurs lots de la période art Déco se démarquent du catalogue. L’un, créé par le célèbre architecte et décorateur français Paul Dupré-Lafon, est un sublime meuble moderniste d'encoignure en placage de noyer et sycomore sur bâti de chêne. Son aspect incroyablement moderne est sûr de séduire ; l’alliance de différents bois permet un jeu de teintes s’associant à celui des volumes, procurant à ce meuble une touche d’élégance.

L’élégance est certainement incarnée par la statuette de Claire Robertine Jeanne Colinet, la Danseuse de Thèbes. Autre objet inscrit dans l'esthétique Art Déco, il s’agit d’une épreuve en marbre blanc et bronze à patine dorée avec un socle gradin en marbre noir. Cette œuvre orientaliste déborde de détails, la danseuse aguicheuse est couverte de bijoux, tandis que le socle sur lequel elle repose présente une plaque de bronze en semi-relief figurant des personnages et un cartouche imitant l’art antique égyptien. Tout ici est un appel à l’ailleurs et à la luxure ; cette exquise statuette est un régal pour les yeux.

Dans un autre registre, on remarquera un exemplaire de La Rivière enchantée, datant de 1951. Cette relique du passé conserve entre ses pages les textes de René Héron de Villefosse, accompagnés de superbes gravures de Tsugouharu Foujita, artiste d’origine japonaise dont les œuvres s’inspirent autant de l’Occident que de son pays natal. Artiste moderne de grande envergure, aussi bien en France qu’à l’échelle internationale, Foujita a réalisé ces gravures au sommet de sa carrière, cette édition ayant été achevée en l’honneur de son 65e anniversaire.

D’autres grands artistes modernes nous font l’honneur de leur présence, parmi eux, Léon Indenbaum avec Berger et ses lévriers, de 1913. Commandité par Jacques Doucet, l’un de ses plus importants mécènes, Indenbaum a sculpté ce bas-relief de quatre panneaux à décor gravé avant de livrer L’Idylle la même année. Il était alors à l’aube de sa carrière, se formant à l’atelier du célèbre sculpteur Antoine Bourdelle qui voyait en lui un grand potentiel. Ce potentiel s’est plus tard réalisé car Indenbaum devint l’un des plus grands sculpteurs modernes de sa génération.

Lui aussi artiste phare de son temps, Lê Phổ est mis à l’honneur à cette prochaine vente avec une œuvre exceptionnelle et inédite sur le marché de l’art : Jeune garçon à l’oiseau d’or, une laque sur panneau de 1936. Lê Phổ est un artiste moderne dont l’éducation artistique occidentale se mêle à son propre héritage culturel. Il s’élève rapidement dans les années 1930 grâce à sa maîtrise des arts traditionnels vietnamiens et son apprentissage à l’École des Beaux-Arts d’Indochine, devenant l’un des pionniers de l’art vietnamien moderne.
Ce peintre talentueux s’inspire des maîtres de la couleur tels Maurice Denis, une influence clairement visible dans cette œuvre, tout comme la culmination d’une sensibilité multiculturelle. Cette laque, qui évoque celles de Jean Dunand, est d’autant plus remarquable car elle a été réalisée alors que Lê Phổ, au sommet de sa carrière, a produit plusieurs laques magistrales dont ce panneau pour l’exposition internationale de Paris de 1937.

Il ne faut pas oublier la présence d’artistes contemporains de la fin du XXe siècle tels Carlos Cruz-Diez avec Physichromie 1937. Ici le spectateur a l’impression d’une œuvre en mouvement : c'est la quintessence même de l’art cinétique dont Carlos Cruz-Diez était l’un des principaux acteurs. Ce théoricien de la couleur fait une fois de plus preuve de sa maîtrise avec cette impression numérique qui fait vivre la couleur sans support, la laissant exister dans un « présent perpétuel », pour citer les propres mots de l’artiste.

Enfin, pour ceux séduits par l’œuvre multiculturelle de Lê Phổ ou simplement pour les amoureux d’art vietnamien, aura lieu le 30 mars prochain la vente d’un seul et unique lot pour le moins exceptionnel : Portrait de ma mère, une huile sur soie de Nguyen Nam Son, le cofondateur de l’École des beaux-arts d’Indochine avec Victor Tardieu.
Ce superbe tableau dispose d’une grande renommée suite à son exposition à l’Exposition coloniale de Paris en 1931 puis au Salon des artistes français de 1932 au cours duquel Nam Son a décroché la médaille d’argent. La vente de ce chef d’œuvre de la peinture vietnamienne est assurément un évènement à ne pas manquer.



