Sur les traces de Joaquín Peinado, figure majeure de l’École espagnole de Paris

L’huile sur toile aux allures cubistes représentant le paisible port de Honfleur, qui sera bientôt présentée à la vente, nous a emmené sur les traces de l’un des plus grands représentant de « l’École espagnole de Paris », Joaquín Peinado. De Séville à Madrid, en passant par Malaga, toutes les routes empruntées par Peinado mènent à Paris.  

Sur les traces de Joaquín Peinado, figure majeure de l’École espagnole de Paris

Honfleur, havre de paix des grands peintres impressionnistes, n’a visiblement pas déplu au peintre espagnol Joaquín Peinado, qui en 1973, a représenté le port de la petite ville dans une composition géométrique à l’allure cubiste. 

Originaire de Ronda, en Espagne, Peinado début son périple à l’âge de 17 ans, lorsqu’il intègre en 1915 l’École Supérieure de Commerce de Séville, où il restera pendant trois ans. En 1918, il délaisse le commerce au profit de la peinture, et pose ses pinceaux à l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando, à Madrid. Il devient l’élève de Julio Romero de Torres et de Cecilio Plá. 

Joaquín Peinado, Le Port de Honfleur, 1973, image © Durán Arte y SubastasJoaquín Peinado, Le Port de Honfleur, 1973, image © Durán Arte y Subastas

Son arrivée à Paris en 1923 bouleverse son langage plastique du tout au tout. Il fait la rencontre de Picasso et Luis Buñuel, membres de la colonie espagnole, qui deviendra plus tard l’École espagnole de Paris. Il s’inscrit, entre autres, à l’Académie de la Grande Chaumière, où il découvre la peinture cubiste et trouve sa liberté d’expression.

Son ami Buñuel l’invite à travailler sur les décors de l’œuvre Les Tréteaux de maître Pierre, un opéra composé en 1922 par le madrilène Manuel de Falla, mis en scène à Amsterdam. Peinado séjourne dans la capitale néerlandaise, avant de regagner l’Espagne en 1927. Parisien de cœur, Peinado s’applique tout de même à contribuer à la scène artistique espagnole : il participe, après avoir remporté le prix de peinture du conseil de Málaga, aux revues Litoral (Málaga) et La Gaceta Literaria (Madrid) en tant qu’illustrateur.

Joaquín Peinado et Pablo Picasso, photo exposée au Musée Joaquín Peinado à Ronda, image ©UngoutdeprovenceJoaquín Peinado et Pablo Picasso, photo exposée au Musée Joaquín Peinado à Ronda, image ©Ungoutdeprovence

Il met à profit son éducation parisienne dans des expositions collectives axées sur la peinture d’avant-garde, comme L'Exposition de peintures et sculptures d'Espagnols résidant à Paris, à Madrid, et l'Exposition Régionale d'Art Moderne.

Jaoquín Peinado partageait les idéaux républicains et a contribué, depuis Paris, à des tâches de propagande lors de la Guerre Civile Espagnole. Il reste dans la capitale française pendant la quasi-totalité de la Seconde Guerre mondiale, et devient délégué de la Section des peintres espagnols de l’École de Paris. 

Joaquín Peinado, Le quai Sainte Catherine à Honfleur, 1959, conservé au Musée Joaquín Peinado à Ronda, image © UngoutdeprovenceJoaquín Peinado, Le quai Sainte Catherine à Honfleur, 1959, conservé au Musée Joaquín Peinado à Ronda, image © Ungoutdeprovence

L’exposition Art de l’Espagne républicaine ; Artistes de l’École de Paris, organisée à Prague en 1946, est un triomphe. Peinado y est présent, aux côtés de ses contemporains Fransisco Bores, Óscar Dominguez, Ginés Parra et Picasso.

Suite à l’exposition, Peinado, développe le style qui lui restera propre jusqu’à la fin de sa vie, et que l’on retrouve dans Port de Honfleur, l’œuvre qui sera présentée chez Durán Arte y Subastas le 30 avril prochain. En alternant les éléments abstraits géométriques, l’artiste met en évidence l’importance du sujet, la précision du trait, la rationalisation de la représentation, et l’utilisation de l’aquarelle. 

Décédé à Paris en 1975, Joaquín Peinado reste l’une des figures incontournables de l’histoire de l’art espagnol et de l’histoire de l’École de Paris. Un musée lui est dédié dans sa ville natale, à Ronda. 

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