Qu’est ce que la philatélie ?
Venant du grec philos (ami) et atelia (taxe acquittée), la philatélie désigne l’art de collectionner les timbres postaux et fiscaux, un terme que l’on doit à Georges Herpin, l’un des collectionneurs de timbres les plus importants en France au XIXe siècle. Le timbre étant avant tout une quittance pour le transport de messages. Celui-ci apparaît pour la première fois en 1840 au Royaume-Uni avec le « Penny Black » à l’effigie de la reine Victoria afin de faire payer l’expéditeur d’un courrier. En 1849, une réforme similaire est appliquée en France et le premier timbre fait son apparition, le 20 centimes noir qui porte les traits de Cérès, la déesse des moissons, métaphore de la Deuxième République. Le timbre étant un symbole de communication et d’ouverture sur le monde, apparaissent alors les premiers philatélistes, qui collectionnent les timbres de diverses origines. Se crée alors un marché pour le timbre dans lesquels nombreux sont ceux à investir. À juste titre puisque c’est le seul marché à rester stable lors de la crise de Wall Street dans les années 1920. Cette passion se transmet de génération en génération et figure d’ailleurs parmi l’une des plus partagées au monde avec au moins 30 millions de collectionneurs.
À lire également : Comment devenir un philatéliste hors pair

Quel est le profil des philatélistes ?
Selon Daniel Berrous, l’expert en philatélie chez Millon, les collectionneurs de timbres sont essentiellement des personnes âgées qui ont du temps et du pouvoir d’achat. Il existe sûrement de jeunes collectionneurs, mais ceux-ci ne se rendant pas dans les ventes, ils sont moins visibles. Les préférences des collectionneurs de timbres sont diverses. En effet, certains recherchent des timbres oblitérés (les marcophiles), d’autres le contraire, certains se concentrent sur une période phare, ou une provenance particulière… Autrefois, les collectionneurs cherchaient des timbres venant du monde entier pour constituer une collection hétéroclite, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui en raison de la trop grande quantité de timbres sur le marché.
À lire également : Les Collections Aristophil : entre histoire, poésie, et Beaux-Arts

Que recherche un collectionneur de timbre ?
Le philatéliste s’intéresse à tout ce qui tourne sur la période, la provenance, la rareté, le tirage ou encore la dentelure d'un timbre (le nombre de dents peut influer sur le prix d’un timbre de plusieurs milliers d’euros)… Parmi les timbres les plus recherchés on trouve le 1 franc vermillon au type Cérès – diffusé un jour après le 20 centimes noir. En effet ce timbre fut émis à très peu d’exemplaires en raison de sa couleur qui était mal perçue dans les bureaux de poste mal éclairés et confondus avec le 40 centimes rouges orange, entraînant des erreurs de facturation. Une pièce qui représente le « Graal » de toute collection. La rareté étant un facteur clé dans la valeur d’un timbre, ceux qui ne furent pas détruits durant les guerres ou dont les périodes de tirages furent particulièrement courtes constituent un réel intérêt. Ainsi, s’ajoute au 1 franc vermillon dans le top des pièces les plus demandées en France le 5 francs « Empire », les 10 centimes bistre au type Cérès, les premiers timbres d’Andorre dans les années 1920, les boules de Moulins, les ballons montés, des Berthelot ou des Pasteur. Néanmoins, selon Daniel Berrous, la rareté ne fait pas tout, c’est avant tout l’offre et la demande qui font la valeur d’une collection.
Vous souhaitez recevoir nos derniers articles directement dans votre boîte de réception ? Abonnez-vous à notre newsletter !

Quelles sont les tendances actuelles ?
Daniel Berrous explique que les collections n’étant vendues dans la grande majorité des cas qu’en cas de décès, celles en vente actuellement proposent majoritairement des timbres qui étaient à la mode dans les années 1980, soit ceux émis après 1950, reprenant les thèmes de la reine Élisabeth, de l’Antarctique, du pacifique, des DOM-TOM. Ainsi l’offre de ces derniers étant plus importante que la demande, leur popularité en salle s’en trouve impactée. À contrario, les timbres peu à la mode dans les années 1980 et d’une façon générale ceux qui ne furent pas l’objet de spéculations, par exemple les timbres des colonies françaises ou des pays ayant connu un boom économique comme le Brésil ou la Chine se vendent très bien.

Domaine pointu, l’expertise est donc fondamentale pour garantir la valeur d’un timbre. Par exemple il est important de pouvoir manipuler le timbre et d’attester l’allure de la pièce. Pour les timbres n’ayant pas été utilisés, la gomme au dos doit être intacte. Il faut également observer les teintes car avec le temps la couleur peut ternir. Les dates et les marges des timbres qui ont été décollés devront garder leur niveau d’épaisseur original. Enfin comme pour tout objet, il est préférable qu’il ne soit encore jamais passé aux enchères.
Découvrez des articles similaires sur le magazine Barnebys !










