Avec près de 600 lots, la vente « Out of The Ordinary » (Hors du commun) organisée par Sworders les 13 et 14 avril sera la plus importante jamais organisée par la maison à ce jour. Comme l’indique son nom, la vacation sera axée sur l’étrange, l’unique et le merveilleux. D’un accessoire de tournage de la série Doctor Who à une épée offerte par la Grande Catherine à un cosaque qui a aidé à réprimer une rébellion populaire, en passant par un cirque de puces savantes (le seul encore existant au Royaume-Uni), voici les points forts de la sélection.

Les puces savantes étaient un spectacle forain très populaire en Angleterre et en Allemagne entre les années 1830 et 1960. À son apogée, le Professor Len Tomlin Flea Circus attirait les foules à Manchester, et s’est ensuite produit au Ribchester Museum of Childhood. Ce lot est considéré comme le dernier exemple existant au Royaume-Uni. Le prix pour les deux trapèzes balançoires miniatures, un char, deux bicyclettes, un moulin à vent, un rouleau de jardin, un chariot et un piédestal de duel est estimé entre 1 500 et 2 000 livres sterling.

Autrefois fréquents dans le quartier londonien de Billingsgate, les chapeaux « bobbin » ornaient la tête des porteurs de marchandises du marché aux poissons. Ces derniers se servaient du « plateau » qui surmonte le chapeau pour poser des caisses, paniers et autres compartiments de transports sur leurs têtes, se déplaçant ainsi avec plus d’aisance depuis les stands jusqu’aux véhicules de distribution.
Une paire de chapeaux datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, dont l’un a appartenu à James Alfred « Robo » Robinson (né en 1911), sera présentée lors de la vente. Robinson a travaillé à Billingsgate la majeure partie de sa vie et a reçu le chapeau de son père. On pense que ce curieux type de couvre-chef tire son nom de « bobbin » le paiement que les porteurs recevaient pour leurs services.

Les Daleks ont maintenant presque soixante ans. Ils sont apparus pour la première fois sur nos écrans en 1963 mais restent les plus célèbres de tous les méchants de la série Doctor Who. D'une hauteur de 1,6 m, cet exemplaire (estimé entre 15 000 et 18 000 livres sterling) est fabriqué selon les spécifications de la « nouvelle série » (principalement en bois avec des éléments en fibre de verre, en métal et en plastique) et a récemment été équipé d'un moteur pour pouvoir être déplacé. Il est apparu dans trois épisodes de la série de la BBC, aux côtés de Matt Smith dans « Asylum Of The Daleks » en 2012 et de Peter Capaldi dans « The Magician's Apprentice » et « The Witch's Familiar » en 2015.

Toujours dans le monde du spectacle, on retrouvera un grand mannequin de ventriloque du début du XXe siècle ayant appartenu à Hugo Hammond, originaire de l'ouest de Londres. En outre, Sworders présentera un groupe de seize portraits en bois, presque grandeur nature, découpés et peints, du groupe de musiciennes « AR » des années 1960. Ces grands portraits faisaient partie du décor du Leyland Club de Liverpool, où le groupe jouait régulièrement, mais ont été retirés lors de travaux de restauration il y a quelques années.

Une vente intitulée « Hors du commun » ne serait pas complète sans un lot susceptible d'alimenter quelques débats. C’est ainsi que l’on retrouve, au sein du catalogue, une « licorne » en taxidermie, un cheval cabré grandeur nature affublé d’ailes et d’une corne, qui est estimé entre 8 000 et 12 000 livres sterling.

La magie noire aura aussi sa place lors de la vacation avec L'Incantation, un dessin à l'encre d'une sorcière réalisé par Punch Arthur Wallis Mills (1878-1940) en 1898, ainsi qu’un rare ensemble de 10 cartes postales photographiques françaises intitulé Sorcières Au Sabbat. Cette série de cartes, datée aux environs de 1910, représente un groupe de jeunes sorcières nues se rendant à un sabbat sur des balais.

Les photographies victoriennes originales de la célèbre muse préraphaélite Julia Prinsep Stephen (née Jackson) devraient faire leur petit effet. Véritable top-modèle, Julia Jackson était considérée comme l'une des plus belles femmes de son époque. Elle a servi de modèle à de nombreux artistes, dont William Holman Hunt (qui l'a demandée en mariage), et Julia Margaret Cameron (sa tante maternelle et marraine). Après la mort de son premier mari, Herbert Duckworth, avocat et noble originaire du Somerset, la jeune femme a refusé de se remarier pendant un long moment. En 1878, elle a fini par accepter la proposition de l'écrivain et critique Leslie Stephen avec qui elle a eut quatre autres enfants, tous membres influents du Bloomsbury Group.

Parmi les objets les plus importants sur le plan historique, la maison proposera un sabre russe du XVIIIe siècle de style shamshir (un type d'épée persane). Sur la lame en acier est incrustée la silhouette de la Grande Catherine et une inscription en cyrillique qui se lit : « Par la grâce de Dieu, moi Catherine II, Impératrice et Autocrate de toutes les Russies, accorde ce sabre au cosaque Ivan, fils de Vassily Lukianov du village de l'armée de Don Cherkz pour ses loyaux services, le 15 mai 1774 ».
L'inscription indique que le sabre a été décerné pendant la rébellion de Pougatchev (également appelée « guerre des paysans » ou « rébellion des cosaques »), la principale révolte d'une série de rébellions populaires qui ont eu lieu dans l'empire russe après la prise de pouvoir de Catherine II en 1762. L'épée, qui a appartenu à Lord Alistair McAlpine avant d'entrer dans la collection de l'homme d'affaires australien Warren Anderson, est estimée entre 20 000 et 25 000 livres sterling.
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