Il s'agit de l'une des premières peintures de nymphéas à grande échelle à arriver sur le marché ces dernières années.
En 1883, Claude Monet, alors veuf et âgé de 42 ans, s'installe dans une maison à Giverny, au nord-ouest de Paris, avec sa maîtresse puis seconde épouse Alice (veuve du collectionneur d'art Ernest Hoschedé), ses deux fils et les six enfants de sa nouvelle compagne. D’abord locataire, Monet a fini par acheter la grande propriété au début des années 1890, avec le jardin et un autre terrain.
À Giverny, avec l'aide de six jardiniers, Monet a fait aménager un jardin avec un étang de style japonais dans lequel des nymphéas, des rhododendrons, des bambous, des glycines, des pommiers et des cerisiers pouvaient s’épanouir. Il a ainsi créé, pour ainsi dire, l'ultime studio en plein air pour un impressionniste. Bien que les nénuphars ne l’intéressaient pas vraiment au début, il a un jour révélé à un visiteur : « Il m'a fallu du temps pour trouver la bonne approche pour mes nymphéas. Je les avais plantés pour le plaisir et les avais laissés pousser sans penser à les peindre. Il faut plus d'une journée pour qu'un paysage vous colle à la peau. Et puis, d’un seul coup, j'ai réalisé à quel point mon étang était merveilleux et j'ai pris ma palette. À partir de ce moment-là, il n'y avait guère d'autre sujet pour moi ».

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Le sujet des nymphéas est étroitement associé aux « Grandes décorations », une série de peintures monumentales commencée en 1914 que Monet avait pour ambition d’exposer dans une salle circulaire (une idée qu’il abandonnera au profit d’une salle elliptique). Cet ensemble de grands panneaux décoratifs, qui le poussera à faire construire un vaste atelier à l’été 1915 pour les accueillir, a fait émerger une approche plus abstraite chez le peintre, notamment grâce à une utilisation de couleurs plus vives et des coups de pinceau fluides.
Cette nouvelle approche est évidente dans Le Bassin aux nymphéas, la toile d’un mètre sur deux mètres qui sera présentée chez Sotheby's New York le 12 mai, et qui date précisément de cette période de sa carrière. « Exemple remarquable de l'œuvre tardive de Monet provenant de sa maison bien-aimée de Giverny, cette peinture monumentale capture magnifiquement l'évolution de l'œuvre de Monet au fil du temps, de sa percée impressionniste à une approche plus abstraite alors qu'il explorait son étang et ses nymphéas », a déclaré Julian Dawes, co-responsable du département d'art impressionniste et moderne chez Sotheby's New York.

Les Grandes décorations peuvent aujourd’hui être admirées au Musée de l'Orangerie et au MoMA de New York. Les œuvres monumentales associées à cette série sont rarement proposées sur le marché des enchères, comme en témoigne l'estimation du Bassin aux nymphéas, fixée entre 40 et 60 millions de dollars (environ 33 à 50 millions d’euros). « Les occasions d'acquérir un tableau de Monet d'une telle importance sont rares. En effet, il s'agit de l'une des premières peintures de nénuphars à grande échelle à arriver sur le marché ces dernières années », a déclaré Helena Newman, spécialiste de l'impressionnisme et du modernisme chez Sotheby’s.
Actuellement, le tableau de nymphéas de Monet le plus cher de l'histoire est Nymphéas en fleur, vendu chez Christie's en mai 2018 pour plus de 70 millions d'euros.

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Composée de neuf lots seulement, la vente du soir d'art impressionniste et moderne comprend des œuvres de Cézanne, Degas, Picasso, Diego Rivera et Childe Hassam, ainsi que deux autres œuvres de Claude Monet. La peinture à l'huile de l'impressionniste américain Hassam, Drapeaux sur la 57e rue, hiver 1918, a le potentiel d'établir le nouveau record de l’artiste avec une estimation de 12 à 18 millions de dollars.
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