À l’instar de nombreux pays européens au XIXème siècle souhaitant un musée d’art national, le Nationalmuseet est inauguré en 1886, en même temps que l'exposition nationale de Stockholm. L'architecte allemand Friedrich August Stüler entreprend la réalisation de ce somptueux bâtiment sur l’île de Blasieholmen à Stockholm à partir de 1847, un chantier qui durera deux décennies.

Histoire ancienne et premières collections
Les collections du musée sont en grande partie issues de plusieurs générations de la famille royale, qui sont depuis passées aux mains de l'État. Le Musée National de Stockholm (Nationalmuseet), abrite non seulement de l'art suédois, mais également, dans une plus large mesure, de l'art européen, ce qui en fait une institution d'envergure internationale.
Les parties les plus anciennes des collections actuelles provenant des familles royales remontent au règne de Gustav Vasa (1496-1560) - roi de Suède de 1523 jusqu’à sa mort en 1560. En outre, les collections comprennent également plusieurs prises de guerre, les plus notables datant de l’occupation de Munich en 1632 par Gustav II Adolf (1594-1632) et celle de Prague en 1648.
Deux femmes ont également joué un rôle majeur dans la constitution des collections royales. Au XVIIe siècle, la reine Kristina (1626-1689) tente d’accroître le rayonnement de la famille royale en acquérant des œuvres d’art au cours de ses voyages sur le continent. Sa successeure, la reine Hedvig Eleonora (1660-1719), poursuit sa démarche conduisant ainsi à l'importation de nombreux objets d'art depuis l’étranger, ainsi qu’à la croissance du marché et de la création artistique en Suède.
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XVIIe siècle
Cependant, c’est au XVIIIe siècle que l’institution prédécesseur du Musée National a réellement été fondée, grâce aux acquisitions des rois et reines Adolf Fredrik (1710-1771), Lovisa Ulrika (1720-1782) et Gustav III (1746-1792). Carl Gustaf Tessin (1695-1770) qui ont joué un rôle décisif dans la constitution des collections visibles actuellement.
Le comte Carl Gustaf Tessin, grand amateur d’art francophile ayant séjourné à plusieurs reprises à Paris, achète beaucoup d'art contemporain sur le continent entre 1739 et 1742. Pendant cette période, il acquiert des œuvres de François Boucher et Jean-Baptiste-Siméon Chardin, Rembrandt et Constantin Verhout, qui font la fierté internationale du musée.
C'est également Tessin qui assure la croissance des collections de Lovisa Ulrika et d'Adolf Fredrik. L'un des exemples les plus célèbres est la collection de dessins du Tessin, collection acquise par Adolf Frederick en 1755 puis par Gustav III suite à la mort de son père. La collection est par la suite cédée à la Bibliothèque royale, et, en 1974, est transférée au Musée royal.
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Les collections du Musée national comprennent également une grande partie de la collection de peintures françaises du XVIIIe siècle de la reine Lovisa Ulrika. Celles-ci sont devenues propriété de l'État après que son fils Gustav III ait réglé ses dettes en lui cédant les collections, ainsi que le palais de Drottningholm.
C'est le même roi Gustav III qui crée la pinacothèque (1780) et le musée des antiquités (1785). Ensemble, ces institutions ont jeté les bases de la création du Musée royal inauguré en 1792, l'année même de la mort du roi. Le Musée Royal étant le précurseur du Musée National.
Le fait que le roi Gustav III utilisait à l'époque les fonds de l'État pour acquérir des œuvres d'art a joué un rôle déterminant dans la création des collections du musée. Cela a contribué à la préservation des collections à travers les diverses successions. À la mort de Gustav III, les collections du roi sont devenues la propriété de l'État et ont ainsi été sécurisées en tant que propriété du peuple.
Carl Fredrik Fredenheim, secrétaire d'expédition au Cabinet de la correspondance étrangère et conseiller du défunt roi en matière d'art, figure également parmi les contributeurs du Musée. Fredenheim poursuit l’acquisition d'œuvres importantes en tant que directeur du Musée royal et directeur des collections d'art. Par exemple, il persuade Gustav IV Adolf (1778-1837) d'acheter la collection Martelli à la fin des années 1790. Mais surtout, c'est lui qui obtient l'autorisation d'ouvrir le musée aux personnes sans autorisation de séjour au palais. Un premier pas pour rendre le musée public.

XIXe siècle
Au début du XIXe siècle, l'institution manque de ressources et rencontre des difficultés. Cependant, en 1815, le musée réalise l’une des acquisitions les plus importantes de son histoire avec les sculptures de Johan Tobias Sergels. Cela marque un tournant pour l'institution, qui se recentre ainsi sur le classicisme et l'art national. En 1818, le roi Karl XIV Johan suit la tendance et commande à Bengt Erland Fogelberg les sculptures d'Odin, Thor et Balder, dans le véritable esprit du classicisme national.
Au début du XIXe siècle, avant l'achèvement du nouveau bâtiment qui abritera le Musée national, le musée commence également à acquérir de l'art contemporain et, en 1845, il achète pour la première fois une œuvre d'un artiste vivant, Enlèvement de femmes par des bandits italiens d'Alexander Lauréus.
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Au cours du XIXe siècle, les achats d'art moderne suédois se multiplient, tandis qu'un inventaire des collections d'État des palais royaux est réalisé. Plusieurs dons importants ont également été faits à l'occasion de l'ouverture du nouveau bâtiment en 1866, notamment le don de Martin von Wahrendorff de la Psyke buren av amoriner (Psyché portée par les anges) de Adriaen de Vries, provenant de Pragrovet. Les sculptures de Fogelberg et le Serment d'allégeance des Bataves de Rembrandt ont également été transférés au musée, ce dernier sous forme de dépôt à durée indéterminée.
La collection de peintures suédoises et nordiques du XIXe siècle est rendue possible en grande partie par la donation de 400 œuvres au Musée National par Charles XV (1826-1872). Cependant, la qualité de la collection est inégale. En effet, le roi achetait beaucoup d'œuvres d'art pour soutenir les jeunes artistes en cours de développement. Les collections ci-dessus représentent principalement la peinture française, néerlandaise et de l’époque gustavienne suédoise (1772–1785).

Le bâtiment
Les premières idées d'un nouveau bâtiment pour la collection d'art du château de Stockholm remontent à 1814, cependant le musée n’est achevé que 50 ans plus tard. La question est posée pour la première fois au Parlement en 1828, avec pour modèles les musées de Copenhague et de Munich. La question est à nouveau soulevée en 1840-41, et en 1844-45. Le crédit pour un nouveau bâtiment du musée est alors accordé.
Fredrik Wilhelm Scholander réalise les plans initiaux, mais suite aux critiques de la commission, c’est finalement le Berlinois Friedrich August Stüler qui se voit confier la mission. À l'époque, le projet est l'un des travaux les plus somptueux jamais entrepris et nécessite douze années avant inauguration, incluant trois ans pour l’intérieur.
Stüler conçoit le bâtiment comme une œuvre d'art totale en accord avec les collections du musée et ostensiblement emprunt du style de l'époque. Il s’inspire de l'Antiquité et de la Renaissance italienne, autant florentine que vénitienne. Le bâtiment épouse une forme volontaire comme à Florence, avec des motifs sur la façade dans le style Vénitien.

Le Musée National, depuis sa fondation
Le Musée National est achevé en 1866 et devient rapidement un haut lieu de la vie culturelle à Stockholm. Depuis son ouverture, les collections n'ont cessé de s'enrichir, certaines œuvres étant plus appréciées que d'autres.
Les fresques invendues de Carl Larsson
En 1886, le musée commissionne le peintre suédois Carl Larsson pour réaliser des fresques représentant des scènes historiques suédoises. Carl Larsson emprunte un style rococo avec des tendances Art Nouveau et reçoit de nombreuses critiques, notamment avec son tableau Midvinterblot exposé dans l’escalier principal. Le tableau, qui mesure plus de 13 mètres de large sur 6 mètres de haut, est alors fortement critiqué. Malgré les protestations, Larsson achève l'œuvre et parvient à l’exposer pour un essai en 1915, suscitant alors des débats jusqu'au niveau gouvernemental.
À la suite de la mort de l’artiste en 1919, le tableau est conservé au musée Skissernas de Lund. Entre 1983 et 1984, Midvinterblot est restauré et exposé au Musée d'histoire de Stockholm. Par la suite, un marchand d’art suédois rachète alors l'œuvre, et se voit décliner son offre lors de sa proposition de vente au Musée National.
Le Musée d’histoire refuse également l'œuvre en raison de son prix élevé. En 1987, le tableau est finalement vendu aux enchères et acquis par un collectionneur japonais. En 1997, l'œuvre est prêtée par le propriétaire pour la grande exposition Carl Larsson curatée par le Musée National. Après de longues négociations et le soutien financier généreux de donateurs privés et de fondations, le tableau est finalement acquis par le Musée national en 1997.
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L'art artisanal
En Suède, au milieu du XIXe siècle, les objets artisanaux sont très respectés dans le monde de l’art. En revanche, presque aucun espace n’est réservé à cet effet au Musée National, ce qui suscite de nombreuses critiques lorsque le Musée de la manufacture inauguré en 1851 à Londres (aujourd'hui le Victoria & Albert Museum).
De nouvelles donations de Charles XV, d'Axel Bielke et de l'Association suédoise de l'artisanat accroissent la réputation de la collection, et en 1885, l’artisanat fait son entrée au Musée National. Jusqu'en 2013, date de la fermeture du musée pour rénovation (achevée en 2018), la collection est divisée en deux sections différentes sur la mezzanine du musée. L'une présente des œuvres du début du XVIe siècle au milieu du XVIIe siècle, tandis que l'autre rassemble des œuvres à partir de 1910. La section la plus ancienne contient principalement des objets de provenance royale, tandis que la section la plus moderne présente une variété de textiles, de céramiques, d'argenterie, de meubles, de luminaires, de verre et de design industriel. On y trouve des noms tels que Wilhelm Kåge, Sigurd Lewerentz, Jonas Bohlin, Gunilla Allard, Gunnar Cyrén et Ingrid Dessau.
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Les collections de portraits
Le château de Gripsholm abrite la collection de portraits du musée national du Danemark. La collection est la plus grande collection de portraits au monde et comprend quelque 4 700 œuvres du début du XVe siècle à nos jours.
La collection est constamment enrichie et complétée par des portraits anciens et contemporains de personnages historiques, sélectionnées par la Société Gripsholm en collaboration avec le Musée national. La collection comprend actuellement Dag Hammarskjöld, Astrid Lindgren, Olof Palme, Ingvar Kamprad et Hédi Fried.
David Klöcker Ehrenstrahl, Alexander Roslin, Ulrika Fredrika Pasch, Johan Gustaf Sandberg et Fredric Westin sont représentés dans les parties les plus anciennes de la collection, tandis que le début du siècle compte des œuvres de Carl Larsson, Anders Zorn, Carl Wilhelmson och Einar Nielsen. Les premiers artistes modernes comprennent Isaac Grünewald, Nils von Dardel et Tyra Lundgren, qui sont rejoints par des artistes contemporains tels que Birgit Broms, Cecil Beaton, Irving Penn et Ola Billgren.
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XXe siècle
Entre 1915 et 1919, le musée se réorganise conformément aux principes de la muséologie moderne en vigueur en Europe. À cette époque, Richard Bergh, directeur du musée, n'était pas satisfait de l'absence d'art nordique fin XIXe dans les collections du musée. La concurrence des autres musées d'Europe étant forte, Bergh lance un appel aux riches amateurs d'art pour collecter des œuvres d'art et du financement pour de nouvelles acquisitions.
Grâce à cet appel, des œuvres de Carl Fredrik Hill, Ernst Josephson, Nils Kreuger et Karl Nordström sont ajoutées aux collections du Musée. Également passionné par l'art français du XIXe siècle, Bergh veille à ce que des œuvres d'Edgar Degas, Paul Cézanne, Auguste Renoir et Henri de Toulouse-Lautrec soient acquises pour le musée.
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En 1958, l'art du XXe siècle est transféré au Musée d’art moderne (Modernamuseet), tandis que l'art d'Asie orientale est conservé au Musée d'Asie orientale (Östaasiatiskamuseet) dès 1962.
La première rénovation a lieu dans les années 1960 par l'architecte Per-Olof Olsson. En 1997, un restaurant et un café sont ouverts dans la cour nord. Entre 2013 et 2018, le musée national est fermé pour rénovation - pendant ce temps, la Maison de la culture (Kulturhuset), le Théâtre de la Ville (Stadsteatern) et l'Académie des beaux-arts (Konstakademien) curatent la plupart des expositions temporaires.
Période actuelle
Après cinq ans de rénovation menée par le cabinet d'architecture Wingardhs and Wikerstal Arkitekter, le Musée National de Stockholm a rouvert ses portes en octobre 2018. L'espace a été complètement repensé pour un accueil des œuvres optimisé, sans pour autant dénaturer la sublime architecture d'origine. Deux cours jusqu'alors fermées au public ont été aménagées pour l’accueil d'œuvres et de visiteurs, et plus impressionnant encore, quelque 300 fenêtres ont été percées pour optimiser l'éclairage. Cette dernière opération incluant un système luminaire de pointe pour assurer la conservation des pièces exposées. Le parcours en spirale permet aux visiteurs de découvrir la collection du musée de façon chronologique et d’admirer les chefs-d’œuvre de Rembrandt, Goya, Canaletto et Renoir, ou encore chez les maîtres scandinaves ceux d’Anna Boberg, ou Alexander Roslin.
Les collections se composent aujourd'hui d'environ 700 000 objets du XVIe siècle à nos jours.



