La peinture avait été découverte par hasard, nichée dans une alcôve, dans le mur extérieur de la Galerie d’art moderne Ricci-Oddi à Plaisance. La petite cavité était restée invisible à cause d’une épaisse couche de lierre. Peint en 1916-1917, le portrait constituait l’une des pièces maîtresses de la collection du musée ouvert en 1931 et serait estimé à 60 millions d’euros.
« C'est non sans émotion que je peux vous dire que l’œuvre est authentique », a déclaré le procureur Ornella Chicca à la presse la semaine dernière. Les responsables du musée avaient annoncé la nouvelle sans pouvoir se prononcer immédiatement sur sa provenance, déclarant que l’œuvre serait soumise à des examens scientifiques.
Réalisé il y a bientôt 100 ans, le portrait dépeint le visage et le torse d'une jeune femme aux cheveux bruns vêtue d’une veste bariolée, sur un fond vert émeraude. Son vol remonte à février 1997, lorsque les coupables l’avaient dérobé par une fenêtre du toit en verre, sur lequel on avait retrouvé le cadre.

« Le tableau est dans un excellent état. C’est étrange de penser qu’il a été caché dans un mur, près du sol derrière la végétation pendant 22 ans », avait déclaré Jonathan Papamarengh, adjoint à la Culture de la mairie de Plaisance, peu après la découverte. Si le lierre qui recouvrait son emplacement n'avait pas été coupé depuis près d'une décennie, des fouilles intensives avaient bien évidemment été menées après le vol, et le mur n’était à l’époque pas recouvert de la végétation actuelle.
Chicca a déclaré que des tests supplémentaires seraient effectués pour déterminer si la toile est bien restée cachée dans l’enceinte du musée, ou si elle y a été déposée plus tard. « Une fois ces examens terminés, la peinture sera, espérons-le, restituée aux murs de la galerie », a-t-elle déclaré.
L'expert Guido Cauzzi a étudié le portrait sous lumière infrarouge et ultraviolette, en comparant les images à celles prises lors des tests effectués en 1996. « La correspondance entre les images nous a permis de déterminer qu'il s'agit bien de la peinture originale », a-t-il déclaré. L’état du tableau était, selon l’expert, « relativement bon. Il a traversé quelques épreuves, mais n'a besoin que de quelques soins de routine, rien de particulièrement compliqué.
Les analyses aux rayons X effectuées en 1996, quant à elles, avaient révélé que le portrait en couvrait un autre, celui d'une femme différente.
À lire également : Gustav Klimt et Adele Bloch-Bauer étaient-ils amants ?




