Le peintre flamand Hugo van der Goes peint la naissance de Jésus dans les années 1470. Dans la partie centrale du triptyque Portinari, on reconnaît les personnages présents dans toute représentation de la Nativité : Marie dans sa robe bleue, Joseph agenouillé sur l'enfant et Jésus sur le sol.
Viennent ensuite divers bergers et leurs moutons, un bœuf, un âne et des anges survolant la scène. L'évènement se déroule dans une étable rustique, le seul endroit de Bethléem où Marie et Joseph avaient trouvé refuge.

En 1896, Paul Gauguin présente sa ré-interprétation de la fameuse scène. Le peintre impressionniste avait définitivement quitté la civilisation occidentale pour se rendre à Tahiti en 1895, un lieu qu’il connaissait déjà suite à un premier séjour.
Dans la peinture de Gauguin, une jeune femme tahitienne est allongée sur un lit au premier plan. Elle regarde vers l’arrière de la composition vers une femme assise tenant un bébé. La tête de l’enfant et de la femme alitée sont entourées d'un halo. Près de la femme assise figure un personnage, un ange, avec des ailes vertes. Plusieurs vaches sont visibles au fond de la pièce.
Bien qu’un halo entoure l’enfant, que les éléments de la Nativité soient présents et que la peinture porte le nom tahitien de Te tamari no atua (« Enfant de Dieu »), il s'agit plus d’une représentation d'un épisode personnel de la vie du peintre que de la naissance du Christ.

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À son retour à Tahiti, Gauguin s’était s'installé dans une modeste cabane près de la capitale de Papeete. Il vivait alors avec une jeune femme du nom de Pau'ura qui, fin 1896, a donné naissance à une petite fille. L'enfant est décédé peu de temps après, infligeant à Gauguin le traumatisme illustré dans la toile. En effet, la femme assise tenant le bébé est similaire aux représentations tahitiennes de l’esprit des morts. Elle tend ainsi l'enfant sans vie à l'ange à côté d’elle.
Paul Gauguin n'était pas particulièrement pieux et ne désirait en aucun cas christianiser les Tahitiens. Au contraire, il avait trouvé à Tahiti son paradis terrestre : une colonie suffisamment éloignée d'une civilisation occidentale qui lui faisait horreur.



