Aujourd’hui plus que jamais, l'inspiration que sa vie et son art procurent est nécessaire.
Avec à son talent, ses thèmes et sa force de caractère, Artemisia Gentileschi a brisé les conventions artistiques de son époque et reste l’une des seules femmes à avoir connu le succès au XVIIe siècle.
Passionnante, dramatique et symbolique des obstacles subis par la gent féminine, la vie d’Artemisia Gentileschi résonne, encore aujourd’hui, avec une certaine justesse dans notre société. Le projet d’une série télévisée basée sur ses tribulations a été annoncé par les studios ViacomCBS, avec Jill Offman aux commandes. Cette dernière sera rejointe par Frida Torresblanco, productrice indépendante de cinéma et de télévision hispano-américaine connue pour son travail sur le Labyrinthe de Pan (2010).

« Je ne pourrais pas être plus motivée par l’idée de donner une voix à Artemisia et de porter son histoire à l'écran. Aujourd’hui plus que jamais, l'inspiration que sa vie et son art procurent est nécessaire », a déclaré Torresblanco. « Ce sera une œuvre féministe contemporaine à la fois provocante et transgressive, qui invoquera l'esprit de notre temps de manière éloquente et élégante ».
La série entrera en production l’année prochaine et sera basée sur la biographie Artemisia Gentileschi: The Image of the Female Hero in Italian Baroque Art, publiée en 1989 par Mary Garrard. L’ouvrage contient la transcription du procès tenu suite au viol de Gentileschi, ainsi que des détails crus sur les tortures qu’elle a endurées pour avoir gain de cause contre son agresseur, Agostino Tassi.

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Formée à la peinture par son père, Orazio, Artemisia Gentileschi a peaufiné sa technique en copiant les lithographies des grands artistes de l’époque, le Caravage étant sa référence la plus importante. Bien qu’il se soit montré pédagogue et ouvert d'esprit, Orazio ne lui a pourtant jamais permis d'exercer en dehors des murs étroits de l’atelier, les perspectives d’avenir dans l’art étant particulièrement restreintes pour une femme, surtout issue d’un milieu modeste.
À 17 ans, Gentileschi se fait violer par un ami de son père, Agostino Tassi, alors qu’ils sont seuls dans l’atelier. Un an après l’évènement, Orazio décide de déposer une plainte, qui se transforme en un procès long et douloureux. Les accusations de la jeune peintre seront à peine prises au sérieux et mèneront à des tortures psychologiques et physiques (notamment un examen génital humiliant et douloureux). Tassi est condamné, mais son exil ne sera jamais appliqué, tandis que Gentileschi part pour Florence et poursuit sa carrière.

Le succès ne tardera pas à venir et lui permet même d’intégrer l’Académie du Dessin de Florence, une première pour une femme dans l'histoire de l’institution. La véritable contribution d’Artemisia au monde de la peinture repose dans ses thèmes et ses personnages, qui opèrent une rupture nette avec les traditions baroques. Chez Gentileschi, les femmes sont au centre de l’attention et font preuve d’une détermination, d’une force et d’un courage encore inédits. C’est une véritable révolution dans la représentation des scènes traditionnelles, car même les personnages féminins les plus forts issus de la Bible sont illustrés dans une position de faiblesse ou de soumission.
Son talent a été totalement oublié en 1800 et 1900, avant d’être redécouvert au XXe siècle. Elle revient aujourd’hui sur le devant de la scène et notamment sur le marché des enchères, où les collectionneurs et les institutions s’arrachent ses œuvres et font remonter sa cote. Le record de l'artiste a été enregistré par Artcurial en novembre 2019 avec Lucrèce, un tableau conservé pendant 40 ans dans la même collection qui s'est envolé pour 4,8 millions d’euros. Les musées contribuent à lui redonner sa juste place à coups d’acquisitions et d’exposition, comme celle tenue actuellement à la National Gallery de Londres.
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La vie de Gentileschi avait également fait l’objet d’un film en 1997, avec Valentina Cervi dans le rôle titre et réalisé par Agnès Merlet, bien que la relation de Gentileschi avec Tassi ait été dépeinte comme étant consensuelle. La série des studios ViacomCBS promet un portrait éloquent d’une figure de l’art du XVIIe résolument moderne.



