Pour le British Council, avoir un artiste ghanéen-britannique aussi influent à Venise est un moment exaltant.
Le British Council a annoncé qu’il avait choisi l’artiste et cinéaste Sir John Akomfrah RA pour représenter la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise 2024 (20 avril – 23 novembre 2024).
Akomfrah, fait chevalier au début de cette année dans la New Year UK Honours List du roi (traduit la « liste des décorés du nouvel an du Royaume-Uni »), est né à Accra, au Ghana, en 1957, mais vit à Londres depuis son enfance. Il s’est d’abord fait connaître dans les années 1980 comme membre du Black Audio Film Collective (BAFC), un groupe de sept artistes dont le but était de questionner les perceptions autour de la communauté noire britannique et de l’héritage colonial du pays. Handsworth Songs, un film de 1986 du groupe traitant des émeutes de Birmingham et de Londres, est considéré comme un classique.
Depuis la séparation du groupe à la fin des années 1990, Akomfrah travaille en solo, poursuivant son exploration des identités diasporiques noires, les questions d’injustice raciale, et la crise climatique. Plus récemment, Akomfrah a travaillé sur la pandémie et sur le meurtre de George Floyd.
2024 ne sera pas la première fois que l’artiste apparaît à la Biennale de Venise ; il a démarré le spectacle principal de l’édition de 2015, où son œuvre Four Nocturnes se concentrait sur la destruction de la planète au travers du déclin de la population d’éléphants d’Afrique.

Parmi ses autres œuvres majeures, on compte The Unfinished Conversation (2012), un portrait du théoriste culturel Stuart Hall, Mnemosyne (2010), un témoignage des épreuves endurées par les migrants au Royaume-Uni, Vertigo Sea (2015), une installation qui analysait l’industrie de la chasse à la baleine à côté d’images de migrants faisant le voyage de la traversée de l’océan, et finalement sa plus grande installation à ce jour, Purple (2017), qui mettait en lumière l’urgence climatique. En 2017, il gagna le prix Artes Mundi, la plus importante récompense au Royaume-Uni pour l’art international, avec une vidéo de 40 minutes autour du thème de la migration de masse sur 400 ans d’histoire.
En acceptant cette commande, Akomfrah a dit que c’était « un énorme privilège et honneur » de représenter la Grande-Bretagne à la Biennale. « C’est sans aucun doute l’une des plus formidables opportunités qui peut se présenter à un artiste, » a-t-il ajouté. « Je considère cette invitation comme une reconnaissance et une plateforme pour toutes les personnes avec qui j’ai collaboré au travers des décennies, et qui continuent de rendre mon travail possible. Je suis reconnaissant pour ce moment offert pour explorer l’histoire complexe et la signification de cette institution et de la nation qu’elle représente, ainsi que sa maison architecturale à Venise – avec toutes les histoires qu’elle a racontées et qu’elle racontera. »
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Skinder Hundal, le directeur global des arts pour le British Council et membre de la commission du pavillon britannique, a déclaré : « Avec une carrière s’étendant sur quatre décennies, les juges estimaient que Akomfrah a apporté une contribution très importante à la scène d’art contemporain du Royaume-Uni et internationale. Le style et le discours inspirants de John n’ont cessé d’évoluer, révélant des idées et questions clés à propos du monde dans lequel nous vivons. » Il a ajouté : « La qualité et la profondeur contextuelle de son talent artistique n’ont jamais cessé d’inspirer une réflexion et un émerveillement profonds. Pour le British Council, avoir un artiste ghanéen-britannique aussi influent à Venise est un moment exaltant. »
Même si l’on connaît peu de détails sur le pavillon d’Akomfrah, il promet d’être l’une des commandes les plus anticipées de l’édition 2024.
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