L'œuvre de Ferdinand Georg Waldmüller, né à Vienne en 1793, peut être divisée en trois catégories : portraits, paysages et tableaux de genre. Si le message inhérent aux deux premiers genres est relativement clair, il n'est pas rare que l'intention de l'artiste soit mal comprise lorsqu'il s'agit de représenter des scènes rurales.

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Après une éducation artistique irrégulière, Waldmüller gagna sa vie (tout aussi irrégulièrement) en tant que portraitiste. Sa première femme, la chanteuse d'opéra Katharina Weidner, finance leur ménage après leur mariage en 1814, alors qu’il exerce en parallèle comme peintre de décors au théâtre. Il est possible que ces circonstances aient été la raison pour laquelle leur union, de laquelle sont nés quatre enfants, a été plutôt malheureuse et qu’ils aient divorcé en 1834.

Néanmoins, au cours de son mariage, Waldmüller est chargé de peindre le célèbre compositeur Ludwig van Beethoven et, en 1827, l'empereur François Ier, ce qui attirera des commandes de la part des hautes sphères.
Afin d'élargir ses horizons, l’artiste entreprend plusieurs voyages d'études en Italie et à Paris. Il se rend pour la première fois dans la capitale française en 1830, alors qu’un changement important est sur le point de se produire sur la scène artistique : la fondation de l'école de Barbizon. En effet, les représentants de cette école se sont consacrés à la peinture en plein air et ont posé les bases de ce qui allait devenir l'impressionnisme.

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Un an après la fin de son mariage, Waldmüller devient conseiller de l'Académie, avec un titre et un salaire de professeur. Plein d'énergie et le regard tourné vers l’avenir, il propose dans les années 1840 de nombreuses réforme au sein de l'Académie viennoise encore très conservatrice, qui seront toutes rejetées et lui coûteront finalement son titre de professeur. En 1857, il est définitivement suspendu et doit vivre avec une petite pension et une réputation amochée. Faute de choix, il expose ses œuvres dans la boutique de mode de sa seconde épouse, Anna Bayer, qu'il avait épousée en 1851.

Mais qu'avait-il donc proposé de si grave ? D'une part, Waldmüller considérait que toutes les académies étaient superflues, car limitatives sur le plan artistique. Il aurait également préféré que les moyens à disposition soient utilisés pour encourager les jeunes artistes. Mais c'est surtout son engagement pour la peinture en plein air, qu'il préférait à la peinture en atelier, qui a déplu aux académiciens conservateurs.

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Après ce coup dur, Waldmüller persévère dans la voie qu'il a choisie et perfectionne sa peinture à la limite du réalisme photographique dans ses tableaux de genre. Il expérimente l'incidence de la lumière du soleil, dont il sait utiliser l'effet sur les personnages et les tissus d’une manière remarquable.

Waldmüller trouve les motifs de ses tableaux de genre dans les régions rurales d'Autriche. Au premier abord, ses œuvres semblent refléter une version romantisée de la vie paysanne, mais en y regardant de plus près, on remarque des échos de critique sociale, comme le sort des familles sans père, le travail des enfants ou les femmes qui s'épuisent entre leurs travaux quotidiens et des grossesses constantes.

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Malgré une image un peu ternie dans son pays d'origine, Waldmüller trouve le succès à l’étranger, grâce notamment à des expositions à Londres qui font de la reine Victoria l'une de ses clientes. Ce n'est qu'en 1864 que Waldmüller est réhabilité par l'empereur François-Joseph Ier et reçoit une pension équivalente à son dernier salaire de professeur.
Malheureusement, il n’en profite pas longtemps, car il meurt le 23 août 1865 à Mödling, en Basse-Autriche. Après une période d'oubli, le rôle de Waldmüller dans l’histoire de l’art, ainsi que celui de sa peinture en plein air inondée de lumière, ont été reconnus et de plus en plus appréciés. Ses œuvres sont aujourd'hui proposées à des prix élevés sur le marché des enchères et exposées dans de nombreux musées, de Londres à Moscou.
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