Au début de l’année 2023, le groupe du patrimoine historique de la police de la Generalitat de Valence, en Espagne, a ciblé l’activité d’un groupe de suspects potentiellement impliqués dans un important trafic d’œuvres d’art.
Aujourd'hui, cinq tableaux ont été saisis à Valence. Comme l’a annoncé Gabriela Bravo, ministre de la Justice, de l'intérieur et de l'administration publique, lors d'une conférence de presse tenue le 11 avril, quatre tableaux ont été mis en circulation comme étant de la main de Francisco de Goya, et un comme étant de Diego Velázquez. Quatre suspects ont été interrogés dans le cadre de cette affaire mais n'ont pas encore été arrêtés, a rapporté CNN.

À lire aussi : Diego Velázquez, le portraitiste royal à l’impact planétaire
Les suspects, qui avaient pris soin d’accompagner les faux tableaux de faux papiers et de faux certificats, souhaitaient les vendre pour 76 millions d’euros. La majeure partie de cette somme, soit 50 millions d'euros, aurait été perçue grâce à la vente du faux Velázquez, une copie de son célèbre portrait de la reine d'Espagne Mariana d'Autriche (1634-1696), qui est exposé au musée du Prado à Madrid.
Deux autres portraits, censés avoir été peints par Goya et proposés chacun pour 7 millions d'euros, représentent le prince et la princesse des Asturies (futurs roi Charles IV (1748-1819) et reine Maria Luisa (1751-1819) d’Espagne). Il s'agit en fait de copies légèrement modifiées de deux œuvres d'Anton Raphael Mengs (1728-1779), qui appartiennent également à la collection du Prado.

À lire aussi : Les 5 faussaires les plus célèbres du monde de l’art
Par ailleurs, deux autres tableaux présumés de Goya, Allégorie du pilier de Saragosse et Bénédiction de Santa Rosa de Lima, étaient mis en vente pour respectivement 4 et 8 millions d'euros. Les experts sollicités ont rapidement identifié les faux, qui n'étaient pas particulièrement bien peints.
« La contrefaçon d'œuvres d'art est un crime qui suscite peu d'intérêt social en Espagne, c’est l'un des crimes qui génère le plus de capitaux illicites, juste derrière la drogue, les armes à feu et la prostitution », a déclaré Gabriela Bravo. « Outre la valeur économique, le plus important est que cette pratique criminelle favorise la dévalorisation de nos créateurs, en l'occurrence les grands peintres de notre histoire ».
Pour rester au fait de l’actualité du marché de l’art, inscrivez-vous à notre newsletter gratuite !
