Le marché de l’art vient de s’enrichir : ART RESEARCH PARIS, une enseigne fondée par des chercheurs d’art parisiens et des professionnels des enchères, vient d’ouvrir ses portes. Plus qu’une maison de ventes, ARP se décrit comme une entreprise culturelle dont la mission est déjà bien dessinée : promouvoir l’Art et la création, mettre en lumière la recherche de sens et d’émotion.
Comme nous l’a confié Romain Monteaux-Sarmiento, Directeur associé et Responsable de la communication et du marketing chez ARP, « il s'agit tout d'abord de rencontres humaines, puis d'une volonté commune de proposer une nouvelle approche des enchères. Nous souhaitons renforcer l'aspect didactique, la pédagogie envers le client à travers des expériences et des échanges autour des objets, tout en maintenant une personnalisation et une excellence du service et du conseil auprès des collectionneurs ».

À l’ère du Web 3.0, ARP a décidé de mettre son talent au service de l’expérience artistique et du partage de connaissances, par le biais d’une expertise scrupuleuse, d’une recherche approfondie et d’une promotion pointue auprès d’acquéreurs passionnés ou novices. « Nous sommes totalement familiers de la digitalisation du marché de l'art grâce à nos expériences passées », ajoute Romain Monteaux-Sarmiento. « L'ensemble de nos services sont disponibles de manière totalement dématérialisée : demande d'estimation, consultation des E-catalogues, participation en live, devis de transport, paiement en ligne. Nos ventes seront pour moitié physiques et pour moitié digitales ». Forte d’un calendrier de ventes déjà bien rempli, la maison proposera, au-delà des ventes aux enchères, des cycles d’expositions et de conférences axés sur des œuvres d’art et des personnages aux parcours inspirants.
Mais pour l’heure, c’est avec une vacation de joaillerie très spéciale qu’ART RESEARCH PARIS fait ses premières armes…
« Un véritable manifeste », c’est ainsi que la maison a décrit la collection de bijoux qui sera présentée le 10 février prochain. Pour cette vacation inaugurale, les experts ont souhaité mettre en exergue la dextérité et la créativité des écoles joaillières françaises, suisses, et belges. Ainsi, à travers un catalogue d’environ 200 lots, on découvre les designers qui ont su se libérer des contingences commerciales pour défendre leurs idéaux, qu’ils se résument à une utilisation de minéraux rares, une influence de formes futuristes ou encore un emploi de matériaux rares pour retranscrire la beauté du monde végétal.
Il s'agit de bijoux aux confins de la sculpture, entre les beaux-arts et les arts décoratifs.
Partons donc, pour un instant, à la rencontre de ces « joailliers designers », dont les œuvres dansent à la frontière de l’art et de l’artisanat et incarnent, plus que jamais, la poésie du bijou.

Notons d'abord ce grand pendentif réalisé en or 18K brillant et mat, qui est parcouru de perles de rivière du Missisipi et parsemé de péridots. Il n’est pas signé, mais porte néanmoins le poinçon de maître de Wolfers. Daté des années 1960, cet incroyable bijou imite l’apparence d’un récif stylisé. Nul doute que nombreux seront sensibles à la délicatesse et au caractère indomptable de cette pièce, dont l’exécution réussit à capturer l’essence même de la nature.
Thierry Vendome est le fils du célèbre artiste-joaillier Jean Vendome, un nom connu même des non-initiés. En effet, la famille Vendome, et a fortiori le père, a irrémédiablement changé le paysage joaillier contemporain. Son fils, qui a suivi ses pas, est non moins talentueux et créatif. Les créations de Thierry Vendome se distinguent dès les années 1980 ; en 2003, il ouvre son propre atelier-galerie à Paris pour se consacrer entièrement à son art.

Ce collier géode de Thierry Vendome en or de 18K est orné de fleurs d’améthyste et d’améthystes taillées. Il porte sans aucun doute la patte de ce joaillier de talent : alliant des matériaux précieux et non-précieux (ici l’or et l’améthyste), et surtout, jouant de l’asymétrie que Thierry Vendome affectionne particulièrement. L’asymétrie de ce bijou retranscrit la beauté d’une nature à la fois imparfaite mais sublime dans un fragile équilibre.
Après avoir présenté le fils, impossible de ne pas mentionner le père, dont plusieurs œuvres sont au catalogue. Né à Lyon en 1930, c’est à 13 ans que Jean Vendome s’initie à la joaillerie, et à seulement 18 ans qu’il ouvre son premier atelier. À la fois doté d’un sens esthétique inné, d’une imagination et originalité débordantes, il se sert de la joaillerie comme d’une nouvelle forme d’expression artistique. Son œuvre s’étend sur plusieurs décennies, à commencer par les années 1950. Même après sa mort en 2017, il continue d’inspirer de nombreux artistes, laissant une trace indélébile dans le monde de la joaillerie.

Le collier « Flamboyant » est une œuvre de ce créateur de génie, datant de 2002. Ce bijou non-signé est composé de segments d'or 18K et orné d'un motif asymétrique serti d'une tranche de tourmaline rose, laquelle est agrémentée d'étincelles serties de diamants et de tourmalines. Ce bijou joue avec l’asymétrie, usant de motifs se répétant pour créer un équilibre soigneusement étudié. Le collier magnifie la tranche de tourmaline, adoptant sa forme naturelle et l’amplifiant, la faisant ainsi « flamboyer ».

Plusieurs autres bijoux de la main des maîtres Vendome se démarquent par leur élégance et finesse. Par le père, il nous faut mentionner ces pièces couronnées d’or et de bleu qui tantôt foisonnent de figures complexes et éthérées, tantôt surprennent par leur design épuré et plein de poésie. Ainsi le pendentif-broche « Falaise » en lapis lazuli datant des années 1980 et le collier papillon en or et lapis lazuli (environ 1990) imitent deux aspects opposés de la nature. Il ne faut pas oublier la demi-parure « Manhattan » en or 18K et béryls verts. Enfin, notons une bague réalisée par le fils en or et ornée d’une aigue-marine, au design asymétrique encore une fois caractéristique de son style.
Contemporain de Jean Vendome, Fernand Demaret (1924-2013) est un joaillier belge à la carrière prolifique. Il est cité comme étant celui qui a adopté la technique de la fonte à la cire perdue. Avec une préférence pour les pierres fines, sa pierre fétiche était incontestablement l’opale.

Plusieurs de ses créations ont attiré notre attention. Bien évidemment, deux d’entre elles figurent de magnifiques opales : une bague asymétrique formant des entrelacs d’or, de diamants et de perles, ainsi qu’un collier câble en or flanqué d’une opale noire cabochon composite. Ces deux bijoux sont signés et portent un poinçon de maître.
À citer encore, deux broches en or et saphirs avec un diamant ressemblent à s’y méprendre à un circuit électrique pour l’un et à un vaisseau spatial pour l’autre, des inspirations souvent utilisées par Demaret dont le style est qualifié de futuriste. Ce style se retrouve également dans une large bague en feuillages d’or avec rubis, diamant et perle dont l’aspect est organique, voire quasi-extraterrestre.

Gilbert Albert (1930-2019) est un joaillier suisse qui a étudié à l’École des Arts industriels de Genève et aux Beaux-Arts de Genève. Il a ouvert sa première boutique au début des années 1960 et a vu sa carrière rapidement décoller, inaugurant d’autres boutiques à travers le monde et recevant maintes récompenses.
Son travail est caractérisé par l’utilisation de matières inhabituelles, comme avec cette broche-pendentif en or ornée de noix de muscade et d’opales, ressemblant à s’y méprendre à un scarabée. En effet, la nature et le monde animal sont sa plus grande source d’inspiration, comme démontré avec une paire de clips d’oreille en or piqués de diamants et une broche-clip de revers en branchages d’or agrémentés de diamants. Autre bijou végétal, Gilbert Albert réussit à donner à l’or de ce bracelet (orné d’émeraudes, de perles et de rubis) l’apparence de feuilles.

Enfin, mention pour la griffe Tiffany & Co, que l’on retrouvera, entre autres, avec une importante broche orchidée datée des années 1970. Ce bijou en or gris 18 carats représente une délicate fleur en cristal de roche dépoli sculpté, tandis que le pistil est piqué de saphirs roses taille goutte et de trois diamants de taille ancienne.
Rendez-vous le 10 février prochain chez ART RESEARCH PARIS au 174 rue du Faubourg Saint-Honoré, pour saisir, comme l’a déclaré Romain Monteaux-Sarmiento, ces remarquables « bijoux aux confins de la sculpture, entre les beaux-arts et les arts décoratifs ». Un rendez-vous immanquable qui amorce une série d’événements au service du beau et de l’éthique.



