Une fois de plus, Aguttes manifeste sa passion et son expertise dans le domaine de la haute horlogerie à travers un catalogue des plus raffinés. La sélection de 123 lots se pare aussi bien de modèles anciens que de rares pendulettes, de gardes-temps modernes ou encore de montres sportives. Tour d’horizon.
Montre légendaire du sport automobile, la Rolex Daytona est celle que tous les passionnés de course rêvent d’acquérir. La marque à la couronne est, depuis 1963, le chronométreur officiel des 24 heures de Daytona, mythique course d’endurance de Floride rebaptisée Rolex 24 at Daytona. C’est notamment Paul Newman, acteur et coureur amateur sorti second de la course des 24 Heures du Mans en 1979 et victorieux en 1965, qui, équipé de sa Rolex Daytona 6239, a contribué à écrire la légende du modèle.

Si elle n’est pas rare, car produite en plusieurs milliers d’exemplaires par Rolex, la Daytona est un objet unique parce qu’elle a été au poignet d’une personnalité autant aimée pour ses rôles que pour son style. La Rolex Daytona 6239 de Newman, que sa femme avait faite gravée d’une dédicace intime pour lui porter chance sur les circuits, a décroché le prix record de 17,8 millions de dollars aux enchères.

L’exemplaire présenté ici, une référence 6241, est doté d’un cadran exotique « Paul Newman » et date de 1968. Selon les experts, seulement 3 000 pièces auraient été produites avec une part très réduite de cadran « Paul Newman ». Montée sur un bracelet Oyster 6635 de 1962, cette montre apparaît pour la première fois sur le marché et se classe parmi les joyaux de la marque à collectionner.

Une remarquable GMT Master de 1959 sera également proposée : cette référence 6542 comporte un boîtier en acier, un mouvement mécanique à remontage automatique, ainsi qu’un bracelet Oyster 7206. Elle sera présentée avec sa boîte et sa documentation d’origine.

En 1946, le fondateur de Rolex, Hans Wilsdorf, annonce la naissance de la petite sœur de la marque : Tudor. Ces montres se targuent d'avoir la même qualité que les montres Rolex mais se vendent à un prix légèrement inférieur. Dix ans après sa création, la marque équipait déjà les plongeurs de la Marine Nationale, et à la fin des années 1970, la Tudor Submariner Snowflake était la montre-outil utilisée dans la plupart des sections de la marine, de l’école de plongée aux plongeurs démineurs, en passant par le commando Hubert. Comme l’indique sa gravure au dos, ce bel exemplaire Tudor « Marine Nationale » 94010 a été affecté en 1980.

Exemplaire très rare sur le marché, ce garde-temps Omega de 1940 présente un spectaculaire cadran cuivre d’origine. Cette Chronographe 2393 est motorisée par le calibre 33.3 d’origine Lemania, calibre d’une précision exemplaire qui a élevé la montre au rang des plus belles et importantes de la production Omega. Avant la naissance de la célèbre Speedmaster, la griffe produisait des chronographes pour les professionnels et dès l’entre-deux-guerres, a conçu cette montre-outil avec comme objectif une précision de chronométrage à toute épreuve.
On note également deux autres superbes modèles de la marque, une Space Compax produite vers 1960 et une Speedmaster de 1962.

Loin des montres sportives et militaires, on retrouve un exemplaire Hermès à la complication unique et poétique. Nommée Arceau, cette montre est née en 1978 dans la maison de luxe parisienne et d’une simple pression sur le poussoir, permet d’arrêter le passage du temps : les aiguilles s’immobilisent en formant un V étroit et n’indiquent plus l’heure, tandis que le mécanisme continue de fonctionner à l’intérieur. Si on presse de nouveau sur le bouton, les aiguilles (et métaphoriquement, le temps) reprennent leur course. Cette Arceau est une édition limitée de 2010 produite à 110 exemplaires pour la seconde édition du saut Hermès au Grand Palais.

Place aux modèles anciens avec cette belle montre gousset chronographe de la fin du XIXe siècle. Conçue par Paul Garnier, horloger de la marine, elle se pare d’un boîtier en or et d’un mouvement mécanique à remontage manuel. Garnier, né dans les Vosges au début du XIXe, est réputé pour avoir signé les horloges des gares françaises et d'être à l’origine de plusieurs brevets pour la Marine Nationale. Figurant parmi les maîtres les plus populaires de son époque, Garnier a contribué à rendre l’horlogerie plus précise et accessible.

On termine avec une montre en forme de bague à répétitions à quarts du XVIIIe siècle, une véritable merveille d’ingénierie. Elle est signée par la maison horlogère genevoise Georges Achard et Fils, une enseigne spécialisée dans la production de montre en émail et l'un des fournisseurs de Breguet. L’histoire de la maison touche à sa fin en 1796, lorsque les fondateurs, les frères Georges et Jean-François Achard, se séparent et poursuivent leur route chacun de leur côté. Cette montre-bague très rare au boîtier en or serti de rubis est un bel exemple du savoir-faire de l’horloger genevois.
Il convient de noter, au sein du catalogue, une pendulette en forme de Lyre Duchene Fils réalisée vers 1850. Elle présente un boîtier en laiton, un mouvement à remontage manuel, une complication calendrier et un merveilleux décor émaillé peint à thème antique.
La vente, qui se tiendra le 21 juillet à 14h30 chez Aguttes, est une invitation pour les passionnés de montres sportives, les amateurs de haute horlogerie, les férus d’histoire et d’ingénierie et les nouveaux acheteurs. À ne pas manquer.



