Les 271 lots de la prochaine vente de l’Hôtel des Ventes de Monte-Carlo, qui seront dispersés le 16 avril, feront la part belle au temps passé. Avec un penchant pour les Écoles françaises et italiennes, la sélection de tableaux anciens comportera des œuvres de Matteo Cristadoro, Félix Ziem ou Jean-Baptiste Olive, mais aussi de Joaquín Sorolla, Peter van Schendel et Jan van Kessel II. Le mobilier et l’art asiatique seront ponctués de superbes pièces des XVIIIe et XIXe siècles.

Les peintures françaises comprendront notamment une huile sur panneau marqueté de Félix Ziem, peintre de l’École de Barbizon rattaché au mouvement orientaliste. Ziem est considéré comme l’un des précurseurs de l’impressionnisme et s’est démarqué pour ses marines, ses vues de Venise, de Constantinople et de France, vibrantes de lumière. Le quai de la Mairie à Marseille est l’une de ses nombreuses scènes de la ville du sud de la France, où il a rejoint son frère en 1839 après un différent avec l’École des Beaux-Arts de Dijon, pour y rester deux ans avant de partir pour l’Italie.

Le peintre Jean-Baptise Olive, lui originaire de Marseille, lui succédera avec une Vue de la Principauté de Monaco dédicacée à un certain « Mr. Teissier ». Olive est un artiste qui a laissé de nombreux critiques et marchands d’art perplexes, car sa personnalité introvertie, lorsqu’on le connaissait assez bien, était en contraste total avec sa peinture dynamique et éblouissante de clarté. Si on lui connaît plusieurs vues de Toulon, de Cannes ou encore de Monaco, Olive a peint abondamment sa ville d’origine, même à Paris sur les bords de la Seine avec d’autres artistes de son époque, ce qui lui a octroyé une certaine originalité.

Le lot phare du catalogue est signé par un artiste valencien, Joaquín Sorolla y Bastida, un génie des scènes de genre à la croisée de l’impressionnisme, du post-impressionnisme et du luminisme. Avec une tendance à allier réalisme et lyrisme dans ses scènes de genre et de plage (l’un de ses thèmes de prédilection), Sorolla s’est imposé comme le meneur incontesté de l’École moderne espagnole. Il est également connu pour sa maîtrise de la couleur blanche et son appartenance au courant du luminisme (qui vise à mettre l’accent sur le rendu atmosphérique). L’œuvre présentée ici est une huile sur carton de 1882-1886, intitulée L’alchimiste.

Autre lot notoire, L’Adoration des Mages de Matteo Cristadoro, peintre actif en Sicile à la fin du XVIIe siècle. Comme le confirme une inscription en latin sur les bois, cette scène religieuse est datée de 1657 et a été réalisée pour le compte de Pierre Marie Piagga à Palerme. Matteo Cristadoro était un peintre, mais aussi un prêtre et un homme de lettres, dont le tableau le plus connu, Dieu le père peignant l'Immaculée Conception (1659), est aujourd’hui conservé à l’Abbaye San Martino delle Scale près de Palerme.

Du côté des Écoles du Nord, on retrouve le peintre néerlandais Peter van Schendel avec La Marchande de pomme, une huile sur panneau témoignant du talent de l’artiste pour les jeux d’ombre et de lumière. À l’instar de Georges de La Tour, Van Schendel était spécialisé dans les scènes nocturnes, qui ont fait sa renommé et sa fortune. S’il n’a pas toujours gagné le cœur de la critique, ses œuvres ont attiré l’attention du roi Léopold I, et sa maîtrise de la scène éclairée à la bougie lui a valu le surnom de « Monsieur Chandelle ». Le toile présentée ici est un superbe exemple de son domaine d’excellence, et confirme son habitude de fréquenter les marchés de nuit pour travailler.

Le catalogue comprendra également une sélection de mobilier d’exception, dont un bureau dit Mazarin en placage d’écaille rouge daté aux environs de 1900. Le bureau est recouvert, du plateau à l’empiétement, de motifs d’entrelacs, d’animaux fantastiques et d’un bouffon dansant. Le décor rappelle le travail de l’ornemaniste Jean Bérain, actif dans la deuxième moitié du XVIIe siècle.

Il convient de noter cette table de milieu en bois sculpté doré et laqué noir comprenant un plateau de marbre soutenu par quatre éphèbes, lesquels sont reliés par une entrecroise centrée d’un arbre de vie. Haute de 87cm, la table est un travail italien réalisé vers 1700.

Enfin, les arts asiatiques seront à l’honneur avec une sélection d’œuvres graphiques, de figures de divinités, de sculptures et d’objets décoratifs. Le lot phare de la catégorie n'est autre qu’un paravent chinois à huit feuilles en laque de Coromandel, réalisé au XIXe siècle. D’une hauteur de 2,45 mètres, il figure un merveilleux décor polychrome de diverses scènes animées de guerriers, musiciens, notables et divinités.
La vente se tiendra chez HVMC le 16 avril à 14h30, l’exposition ouvrira ses portes du lundi 12 au vendredi 16 avril. Pour toutes les informations relatives aux mesures de sécurité sanitaire en vigueur, nous vous invitons à visiter le site de la maison de ventes.



