Une virée artistique à travers les âges

Avec d’importantes peintures anciennes du XVe siècle, des chefs-d’œuvre de l’art moderne espagnol, en passant par la sculpture contemporaine, la prochaine vente de la maison madrilène Durán Arte y Subastas nous promet une virée dans les méandres de l’histoire de l’art.

Óscar Domínguez, Revólver y lata de sardinas, 1952, gouache, image ©Durán
Óscar Domínguez, Revólver y lata de sardinas, 1952, gouache, image ©Durán

Comme toujours, la variété est à l’honneur chez Durán Arte y Subastas, et c’est parmi plus de 600 lots que les œuvres d’artistes importants, du XVe siècle à nos jours, se démarquent. Collectionneurs d’Art ancien, moderne ou contemporain, rendez-vous le 29 janvier.

David Tenier Le Jeune, Escena de taberna, huile sur toile, image ©Durán
David Tenier Le Jeune, Escena de taberna, huile sur toile, image ©Durán

David Teniers le Jeune, fil de fils de David Teniers le vieux et de Dymphna de Wilde, est un peintre flamand né à Anvers en 1610. Influencé par Rubens et Adam Elsheimer, le répertoire de Teniers le Jeune est extrêmement varié, allant du tableau de genre aux icônes religieuses, en passant par les paysages et l’illustration. Son travail en tant que peintre de cour de l’archiduc Léopold Guillaume de Hasbourg, qu’il entame en 1651, inclut la gestion des collections d’art de l’archiduc et le pousse, en 1660, à réaliser un catalogue illustré qu’il intitule Le Theatrum Pictorium. L’ouvrage lui vaudra sa renommée auprès des souverains étrangers, tels que le Prince Guillaume II d’Orange, la reine Christine de Suède ou encore le roi Philippe IV d’Espagne.

Atelier d'Abraham Danielz Hondius, Escena de caza, huile sur toile, image ©Durán
Atelier d'Abraham Danielz Hondius, Escena de caza, huile sur toile, image ©Durán

Cette œuvre est signée par l’atelier d’Abraham Danielz Hondius, un peintre néerlandais du siècle d’or connu pour ses scènes de chasse, ses scènes de genre militaire, ses scènes religieuses, mais aussi pour ses portraits et ses paysages. Originaire Rotterdam et fils d’un tailleur de pierres, Hondius étudie la peinture sous la tutelle des peintres Pieter de Bloot et Cornelis Saftleven. Après un passage à Amsterdam, il s’installe définitivement à Londres en 1666, étendant son influence artistique au-delà des frontières néerlandaises. Ses œuvres sont exposées dans les grands musées européens, et notamment en France (au Musée du Louvre, à Bordeaux, à Grenoble et à Brest).

Julio Vila y Prades, Jóvenes romanas, huile sur toile, image ©Durán
Julio Vila y Prades, Jóvenes romanas, huile sur toile, image ©Durán

Le peintre et muraliste valencien Julio Vila y Prades, né en 1873, débute ses études artistiques à l’Académie des Beaux-Arts de San Carlos contre la volonté de ses parents, avant de devenir l’assistant du peintre Joaquín Sorolla de 1893 à 1904. Vila a partagé la plupart de sa vie et de son œuvre entre l’Europe et l’Amérique latine, où il peint des scènes de genre, des paysages, et reçoit plusieurs commissions pour des travaux décoratifs en Argentine, comprenant le plafond du Tigre Club, les murs du Plaza Hotel et du Tucumán Government Palace.

Bonifacio, Nadie faltó a la cita, 1990, huile sur toile, image ©Durán
Bonifacio, Nadie faltó a la cita, 1990, huile sur toile, image ©Durán

Bonifacio, de son vrai nom Bonifacio Alfonso Gómez Fernández, est un peintre et graveur espagnol, que rien ne destinait à une carrière d’artiste. Après diverses expériences professionnelles à son adolescence (plongeur, hôtelier, et même novillero dans 25 corridas), il remporte le premier prix de peinture de Saint-Sébastien en 1955. Sa naissance artistique n’arrive cependant qu’en 1958, alors qu’il participe à sa première exposition personnelle. Son style informel, à mi-chemin entre le surréalisme et l’expressionisme abstrait, et que l’on retrouve dans l’œuvre Nadie faltó a la cita, se détache fortement de celui des peintres basques de l’époque. Son travail reflète l’influence de peintres étrangers tels que Willem de Kooning, Pierre Alechinsky ou le groupe CoBrA.

Óscar Domínguez, Revólver y lata de sardinas, 1952, gouache, image ©Durán
Óscar Domínguez, Revólver y lata de sardinas, 1952, gouache, image ©Durán

Revólver y lata de sardinas, une toile de 1952, présente le vocabulaire plastique de la fin de carrière du peintre surréaliste Óscar Domínguez. Personnalité tourmentée et intense, Domínguez fréquente les surréalistes de Paris dès 1934, une scène artistique à laquelle il apporte « le sifflement ardent et parfumé des îles Canaries », selon André Breton. Dans la préface de l’exposition surréaliste de 1937, écrite par Benjamin Peret, se lit : « La Nature, enfin morte, n'excite plus l'appétit. Elle s'ouvre grand comme une boîte de sardines de Domínguez, mais les sardines ne referont pas leur lit jusqu'à ce qu'il soit l'heure de dormir ». Suite à la mort de son ami Paul Eluard en 1952, le thème de la mort s’étend dans son œuvre, notamment sous la forme de revolvers.

Gerardo Rueda, Almendro, 1960, huile sur toile, image ©Durán
Gerardo Rueda, Almendro, 1960, huile sur toile, image ©Durán

Gerardo Rueda, né en 1926, est une figure importante de la peinture espagnole abstraite du XXe siècle. Il est formé par un peintre d’histoire, mais c’est le mouvement cubiste qui l’emportera sur son œuvre, car dès l’année 1943, il recopie des œuvres cubistes dans un petit carnet. Ses premiers collages remontent à 1953, et évolueront tout au long de sa carrière. En 1960, l’année où il signe la toile Almendro, Rueda participe au pavillon espagnol de la Biennale de Venise, et bénéficie d’un article complet rédigé par le critique Juan Eduardo Cirlot dans le magazine Artes.

Antonio López García, Mujer de Almanzora, 2016, image ©Durán
Antonio López García, Mujer de Almanzora, 2016, image ©Durán

On termine avec l’artiste contemporain Antonio López García, l’un des principaux représentants de l’hyperréalisme en Europe, qui vit et travaille à Madrid. Il reçoit la Médaille d’or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sports en 1983. La sculpture de 2016 Mujer de Almanzora est réalisée en marbre Bianco Sivec d’origine macédonienne. Une version à grande échelle se trouve actuellement à la Fondation d’Art Ibáñez Cosentino à Almería.

Le vente, qui se tiendra le 29 janvier chez Durán Arte y Subastas, comprendra également des lots de haute joaillerie et d'horlogerie, une rare sélection de stylos Kynsey, du design, ainsi que des pièces de maroquinerie de luxe.

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