5 choses à savoir sur Rubens 

Pierre Paul Rubens était un peintre baroque flamand actif à Anvers de 1600 à 1640. Son insatiable soif de connaissances, ses voyages à travers l’Europe et ses idées visionnaires ont fait de lui l’un des artistes les plus brillants de son temps. Mais qui était-il vraiment ?  

5 choses à savoir sur Rubens 

1. Anvers et contre tout

Rubens poursuit sa formation artistique dans la ville d’origine de sa mère, à Anvers, à partir des années 1590. À l’époque, Anvers se remet tout juste de plusieurs décennies de conflits religieux et entre dans une période de renaissance qui, bien que porteuse de promesses, offre un avenir incertain à ses habitants. 

Le talent de Rubens, évident depuis l’enfance, lui permet d’intégrer l’atelier d’Adam van Noort, l’artiste le plus reconnu d’Anvers, et de devenir l’apprenti de Vaenius en 1597, un mentor qui lui fait découvrir la peinture figurative de la renaissance italienne. 

Pierre Paul Rubens, « Vue de Het Steen au petit matin » probablement 1636, image via Wikipédia
Pierre Paul Rubens, « Vue de Het Steen au petit matin » probablement 1636, image via Wikipédia

Résident d’Anvers pendant presque toute sa vie, Rubens y développe son réseau de connaissances, de clients, son cercle d’amis, et reçoit la visite de personnalités importantes dans son atelier.

 « Je voudrais rentrer chez moi et y rester toute ma vie ». (Rubens, dans une lettre envoyée depuis Londres en 1629).    

2. Un voyage décisif 

En 1600, Rubens se rend en Italie afin d’y étudier la peinture des maîtres anciens et modernes. Il fait une halte à Venise, à Mantua, à Florence et enfin à Rome. 

À Venise, il s’attarde devant les œuvres du Titien, de Véronèse et du Tintoret. À Rome, il s’amourache du style classique de l’Antiquité et l’étudie avec minutie. Il réalise des dessins en abondance, qu’il conserve afin de s’en servir plus tard, comme une banque d’images personnelle dans laquelle puiser. Il fait également la rencontre de son contemporain et maître incontesté de la lumière, le Caravage. 

Pierre Paul Rubens, Feuille d'études anatomiques, image via Stephen Ongpin
Pierre Paul Rubens, Feuille d'études anatomiques, image via Stephen Ongpin

En 1603, Rubens s’installe à Mantua et continue à peindre pour la cour du Duc Vincenzo. 

 « Je n’ai pas abandonné l’espoir que mon souhait de voyager en Italie soit bientôt réalisé. Mon désir ne fait que croître un peu plus chaque jour. » (Rubens, dans une lettre de 1629). 

3. Un manager hors pair

Après avoir vécu en Italie pendant huit ans, Rubens retourne à Anvers, où il reçoit immédiatement un grand nombre de commandes spéciales, parfois pour des projets à grande échelle. Il décide d’ouvrir son atelier, emploie des assistants et des apprentis, et collabore de temps à autre avec des collègues. 

C’est l’une des raisons pour lesquelles on compte un grand nombre de peintures attribuées à Rubens. Bien qu’il ait eu son mot à dire sur le résultat final, sa contribution variait d’une œuvre à une autre, et les prix des peintures provenant de son atelier dépendent aujourd’hui de son degré d’investissement. 

Attribué à Rubens, « Saint Sébastien secouru par les anges », image via Wikimedia Commons
Attribué à Rubens, « Saint Sébastien secouru par les anges », image via Wikimedia Commons

En Catholique dévoué, Rubens se rendait à la messe deux fois par jour, et son atelier, bien que considéré comme onéreux, comptait l’Église catholique parmi ses principaux clients.  

Rubens a également su maintenir des relations saines avec les rois, princes et autres gouverneurs des capitales européennes, et ses qualités de diplomate ont même contribué à rétablir la paix entre les royaumes d’Espagne et d’Angleterre. 

« Je n’exagère pas en disant que j’ai déjà refusé plus d’une centaine de commissions, même de membres de ma famille ou de la famille de ma femme. Beaucoup de mes meilleurs amis n'étaient pas très heureux ». (Rubens, dans une lettre de 1611).

4. Un homme de famille 

Si Rubens rentre d’Italie en 1608, c’est en partie pour pouvoir s’occuper de sa mère mourante, (son père décède alors qu’il n’a que 10 ans), et se réinstalle définitivement à Anvers. 

Avec tant de réussite professionnelle, Rubens n’en était pas moins un homme de famille dévoué. Il se marie deux fois, la première en 1609 avec Isabella Brant, la fille d’un citoyen influent d’Anvers, qui lui donne trois enfants, la deuxième avec Helena Fourment, une jeune femme de seulement 16 ans, qui donne naissance à cinq autres descendants. 

Pierre Paul Rubens, Gauche : Portrait d'Isabella Brant, 1620-1625 / Droite : Portrait de Clara Serena Rubens, 1618, images via Wikipedia
Pierre Paul Rubens, Gauche : Portrait d'Isabella Brant, 1620-1625 / Droite : Portrait de Clara Serena Rubens, 1618, images via Wikipedia

Bien que très souvent absent, Rubens essayait de passer du temps auprès de sa famille, et a peint plusieurs portraits de sa femme et de ses enfants.

Sa première fille, Clara Serena, décède en 1623 à l’âge de 12 ans, seulement trois ans avant que sa femme Isabella ne soit emportée par la peste. 

« Une telle perte me semble digne de sentiments profonds et comme le remède à tous les maux est l'Oubli, fille du Temps, je dois lui demander de l'aide. Mais il me sera très difficile de séparer le chagrin causé par cette perte de la mémoire de cette personne… » (Rubens, dans une lettre datée de 1626, après le décès de sa première femme, Isabella Brant).

5. Visionnaire et collectionneur 

Doté d’un esprit commercial remarquable, Rubens intègre des graveurs à son atelier, et leur donne pour mission de réaliser des impressions de ses œuvres, qui seront dupliquées et vendues. Une initiative qui se rapproche des techniques de communication actuelles. Rubens a également mis en place l’une des premières versions du concept du droit d’auteur dans le domaine de la reproduction.  

L’artiste flamand commence à collectionner des œuvres d’art et des antiquités dès la vingtaine, continue lors de sa résidence en Italie, et ce jusqu’à la fin de sa vie. 

Willem van Haecht, « The Gallery of Cornelis van der Geest ». Pierre Paul Rubens y est représenté en bas à gauche, image Wikimedia Commons
Willem van Haecht, « The Gallery of Cornelis van der Geest ». Pierre Paul Rubens y est représenté en bas à gauche, image Wikimedia Commons

Son importante collection comprenait des pièces de monnaie, des objets d'Art ancien, des sculptures, dessins, et plusieurs peintures de ses prédécesseurs et contemporains, comme Brueghel, Dürer, le Titien ou encore le Tintoret. 

Ses trésors les plus frappants ? 324 peintures, 7 sculptures en ivoires, et même une momie égyptienne. 

« J'ai dépensé plusieurs milliers de florins l’année dernière et je ne voudrais pas dépasser mon budget pour un caprice (l'acquisition de sculptures grecques et romaines). Je ne suis pas un prince après tout, mais un homme qui vit du fruit de son labeur. » (Rubens, dans une lettre de 1618).

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