Peu importe que vous soyez arrivé à bord du Mayflower, du moment que vous pouvez entrer au Studio 54.
La légende du Studio 54 commence en 1927, lorsque les portes du nouvel opéra Gallo, situé au 254 West 54th Street entre la huitième avenue et Broadway à Manhattan, s'ouvrent. Conçu par l'architecte Eugene De Rosa, le théâtre fait malheureusement faillite et sera racheté par CBS en 1943 et rebaptisé Studio 52.
L'architecture étonnante a attiré l'attention de nombreux acteurs du monde de l’art et de la mode, qui voyait dans ce bâtiment le parfait écrin pour une boîte de nuit tendance. Le galeriste Frank Lloyd a été convaincu par le mannequin Uva Harden de financer la transformation du lieu. Cependant, Lloyd a rapidement rétracté son financement car sa galerie, Marlborough Art, s’est trouvée au cœur d’une tempête juridique qui lui a coûté 9 millions de dollars : l’affaire Rothko. En effet, après la mort de l'artiste, la famille de Mark Rothko a été informée par la galerie qu'en vertu d'un accord entre Rothko et Marlborough, conclu en 1966 puis révisé en 1969, la galerie était propriétaire des biens du peintre. La bataille juridique s’est conclue au profit de la famille de l’artiste, mettant également en lumière le fait que Marlborough avait sous-évalué les œuvres de Rothko sur le marché.

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Les entrepreneurs Steve Rubell et Ian Schrager ont fini par racheter le bâtiment en 1977 avec le soutien financier de Jack Dushey. De 1977 à 1980, période aussi connue comme la « première ère de la boîte de nuit », le lieu a été un foyer pour les artistes, les mannequins et les visages les plus célèbres de la décennie. Comme l'a fait remarquer Andy Warhol, « Peu importe que vous soyez arrivé à bord du Mayflower, du moment que vous pouvez entrer au Studio 54 ». La boîte de nuit était tout sauf discrète. Lors d'une soirée du Nouvel An, quatre tonnes de paillettes ont été jetées sur la piste de danse.

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Et les invités étaient tout aussi spectaculaires : Andy Warhol, Mick Jagger, Michael Jackson, Elton John, Tina Turner, Calvin Klein, Elizabeth Taylor, Cher, David Bowie, Al Pacino, Salvador Dalí et Jackie Kennedy Onassis ont tous foulé la piste de danse à la fin des années 1970. Pour l'anniversaire de Bianca Jagger en mai 1974, Steve Rubell a fait venir un cheval blanc pailleté, sur lequel elle s’est assise pour se pavaner dans la boîte.
Le divertissement était aussi incroyable que les invités. Donna Summer, Stevie Wonder, Grace Jones et James Brown étaient parmi les nombreux interprètes de légende qui sont montés sur scène de 1977 à 1979.

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Mais ce conte de fées new-yorkais, ce lieu dont le glamour faisait disparaître le temps et les tourments pour un soir, a été de courte durée. Steve Rubell, l’un des propriétaires, se vante à la presse new-yorkaise que le club engrange des millions et attire l’attention du fisc, s'intéresse de près aux finances de l’entreprise. Rubell et Schrager sont soupçonnés de détourner de l’argent, et la fermeture forcée est ordonnée.
Le 2 février 1980, c’est le soir du dernier adieu au Studio 54, où, selon la légende, Diana Ross a chanté la sérénade à Rubell et Schrager. L'histoire du Studio 54 s'est terminée avec Schrager et Rubell qui ont plaidé coupable pour fraude fiscale et ont purgé 13 mois de prison.

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Le Studio 54 a transformé à jamais la vie nocturne et la culture disco de la fin des années 1970. Aujourd'hui, la légende perdure surtout dans les photographies du club réalisées par des photographes célèbres, qui se vendent désormais des milliers de dollars aux enchères. Et bien sûr, les célèbres sérigraphies des billets VIP d'Andy Warhol ont atteint des centaines de milliers d'euros, à la fois comme œuvre d'art et comme souvenir de la boîte de nuit la plus mythique de New York.
