Un résultat record dans une période difficile : la vente de photographie tenue par Finarte la semaine dernière a totalisé près de 400 000 euros, soit une augmentation de 40 % par rapport à celle d'octobre 2019. Le catalogue, trop important, a dissuadé la maison de ne pas reporter la vacation à un moment plus calme. Les doutes, car il y en avait jusqu’au dernier moment, ont été balayés par l'importante participation des acheteurs à distance (des collectionneurs étrangers en particulier) et par les excellents résultats obtenus. Grâce aux plateformes en ligne, au streaming vidéo et au traditionnel téléphone, la vacation a été propulsée directement dans le salon des collectionneurs pour révéler, les unes après les autres, les raretés que la maison avait rassemblées ces derniers mois.
Finarte est le témoin que le numérique peut être un allié de taille pour les maisons de ventes et le marché de l’art, et pas seulement lorsque nous naviguons en eaux troubles. Voici ce que Vincenzo Santelia, PDG, et Andrea Cremascoli, Web & Digital Manager, nous ont confié.

Dans une période difficile comme celle-ci, vous avez obtenu un résultat incroyable. Une augmentation de 40 % par rapport à la vente aux enchères d'octobre dernier. Vous vous y attendiez ?
Le catalogue de cette vente était de loin notre meilleur. Il était axé sur la photographie internationale comme sur les artistes italiens, comprenait des œuvres datant des années 1930 et 1940 et des œuvres contemporaines. La vente avait le potentiel pour attirer les bons collectionneurs, mais étant donné la situation incertaine dans laquelle nous nous trouvions, nous n'étions pas si sûrs qu'elle aurait eu le succès mérité en la reportant. Nous sommes extrêmement satisfaits du résultat obtenu, qui était aussi le résultat d'un excellent travail d'équipe dans cette situation « d’urgence » dans laquelle nous nous sommes retrouvés. Nous avons dû nous adapter.

Comment avez-vous géré l'intégralité de la vente en ligne ? Nous avons noté une grande participation, en particulier de la part des collectionneurs étrangers.
La vente aux enchères en ligne s’est déroulé de manière un peu particulière : une personne était chargée de coordonner les connexions à distance des différents opérateurs de plate-forme, pour signaler les offres au commissaire-priseur resté en salle. Nous avons crée un véritable « hub virtuel ». Le principal problème était évidemment la parfaite synchronisation des interventions, mais la technologie actuelle offre des outils efficaces pour mieux gérer les communications en temps réel.
Les collectionneurs étrangers ont été attirés, pour ainsi dire par le segment « international » du catalogue, comprenant des tirages de maîtres. De plus, la conversion de certains supports marketing physiques vers des versions web (en raison de la situation) a certainement contribué à atteindre des acheteurs étrangers plus facilement.
Si nous réussissons à maintenir un engagement digital élevé, nous observerons probablement une augmentation de la participation du public et des acquisitions à distance.

Comment pensez-vous que le monde des enchères évoluera après cette urgence sanitaire ?
Cette situation a incité nos clients à s'inscrire sur notre plateforme en ligne pour assister à la vente retransmise en direct, mais aussi pour suivre nos activités plus assidûment. Quelque part, cette situation nous a aidé gagné la confiance de certains de nos clients en le virtuel. L'exposition de la vente aux enchères de photographies, par exemple, fermée au public prématurément, a été présentée exclusivement en ligne sur nos réseaux sociaux avec une intervention du chef de département et des mini-clips créés et publiés sur Instagram. Dans un sens, ces vidéos peuvent offrir une expérience aussi intéressante que l'exposition physique. Bien sûr, la possibilité de voir les œuvres fait défaut, mais si nous réussissons à maintenir un engagement digital élevé, nous observerons probablement une augmentation de la participation du public et des acquisitions à distance. Cela nous encouragera à expérimenter avec de nouveaux outils. Nous envisageons de créer du contenu pour l'utilisation des casques VR afin de proposer aux acheteurs étrangers une totale immersion.

Quels sont vos projets pour les prochains mois ? Pensez-vous à d'autres enchères en ligne après le succès de la première ?
Pour les prochaines semaines, nous organisons d'autres ventes aux enchères en ligne, dont plusieurs à distance, avec tous les opérateurs installés confortablement à la maison. Les retours positifs que nous avons eu nous ont certainement encouragés à poursuivre dans cette voie. Nous avons également quelques surprises en réserve, des « goodies » que nous attendions de présenter au public et que nous envisageons désormais d'inclure dans le calendrier remanié que nous vous présenterons dans les prochains jours. Après cela, nous espérons pouvoir revenir à nos méthodes traditionnelles, mais pour les allier aux plus modernes.
Pour toutes les informations sur les ventes aux enchères à venir, les résultats et les futurs événements, visitez le site de Finarte.

