Le droit de préemption de l’État, c’est-à-dire le droit pour un musée ou une institution d'intervenir à la chute du marteau pour acquérir un lot lors d’une vente publique, est une pratique courante et permet à l’État de protéger son patrimoine.
C’est sous l’exercice de ce droit que le Louvre et le Château de Versailles ont pu enrichir, lors de deux vacations différentes, leurs collections d’objets d’art.

Le 6 octobre dernier, le musée parisien s’est offert une assiette de 1620 attribuée à Jean Limosin, émailleur issu d’une grande famille de la Renaissance limousine. L’œuvre représente l’Empereur Vitellius sur un cheval bleu portant le sceptre d’Imperator.
Réalisée en émail peint polychrome et émaux translucides sur paillons avec rehauts d’or, l’assiette fait partie d’une série inédite de douze représentant les Césars à cheval, témoignant des nouvelles tendances de l’émaillage à Limoges au début du XVIIe siècle. Leur sujet démontre l’intérêt toujours renouvelé des artistes et de leur clientèle pour le thème des Douze Césars, avec dans le cas présent l’utilisation d’un modèle graphique mis au goût du jour : Jean Limosin s’est inspiré des gravures de Crispin de Passe l’Ancien d’après Stradanus, publiées à Utrecht avant 1600.

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Sur les douze produites, seules trois assiettes sont connues aujourd’hui, dont deux sont conservées au musée national de Stockholm. « L’acquisition de cette assiette, réalisée avec le soutien de la fondation La Marck, est majeure pour le département des Objets d’art car elle permet de l’enrichir avec une pièce inédite signée d’un artiste de grand talent et dont la production est peu représentée au Louvre », a déclaré le musée dans un communiqué. Proposée par la maison Coutau-Bégarie à l’Hôtel Drouot avec une estimation entre 15 000 et 20 000 euros, l’assiette a décroché 88 000 euros frais inclus.

Un peu plus tôt, le 25 septembre, le Château de Versailles s’est offert deux ensembles en porcelaine de Sèvres issus du prestigieux service de Trianon. Les deux sets de 24 assiettes étaient présentés dans le cadre de la dispersion d’une résidence anonyme par la maison Daguerre, chez Drouot.
Les 48 assiettes à décor polychrome, comme le reste du service, ont été commandées à la manufacture de Sèvres sous Louis-Philippe vers 1845. Centrées d'un bouquet de fleurs dans un médaillon et dotées sur l'aile de cinq réserves fleuries sur fond d’or, toutes les assiettes sont marquées du cachet du Trianon.
Vendus en deux lots séparés, les ensembles estimés entre 3 000 et 5 000 euros chacun ont été préemptés, selon les résultats affichés sur le site de la maison de ventes, pour 18 200 et 19 500 euros.
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