Une fouille aux airs tout à fait banals
Les fouilles préventives menées par l’INRAP (institut national de recherche archéologique préventive) depuis juillet 2021 au-dessus de l’ancienne cité gallo-romaine d’Aquae Nerii dans l’Allier (Auvergne) ont permis la découverte de plusieurs vestiges antiques. Parmi les éléments architecturaux retrouvés figuraient 21 blocs en grès sculptés, datés environ du Ier-IIe siècle de notre ère. L’un d’entre eux révélait, après nettoyage un incroyable triton. Tout porte à croire que ces vestiges soient ceux d’un mausolée gréco-romain. Une découverte archéologique inédite en Auvergne.
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Tout a commencé par quelques coups de pelle mécanique…
Tout a commencé par une simple demande de permis de construire. Le site de Néris-Les-Bains présentant un potentiel archéologique important, des fouilles préventives furent prescrites dans le cadre d’un projet d’aménagement privé depuis juillet 2021. Quand les archéologues débutent des fouilles superficielles, qu'elle n’est pas leur surprise de tomber sur des murs ainsi que plusieurs blocs en grès sculptés. Les archéologues savaient le site riche d’un point de vue archéologique. En effet, Néris-les-Bains, surtout connue pour ses thermes (son nom dérive de Nérios, dieu gaulois de la source), fut colonisée par les Romains au début du Ier siècle, comme en témoignent les nombreuses ruines et reliques romaines et gauloises retrouvées aux alentours, notamment un amphithéâtre connu depuis le XIXe siècle. Une telle découverte les encourage à poursuivre leurs efforts et une fouille approfondie fut menée entre décembre 2021 et mars 2022. « Ce qui était une fouille archéologique classique a ensuite mis au jour un véritable trésor » raconte Marie-Laure Thierry archéologue et responsable des opérations sur le site, à la chaîne de Télévision France 3.
Ce qui était une fouille archéologique classique a ensuite mis au jour un véritable trésor !
Les archéologues remarquent alors des pierres paraissant angulaires, comme taillés. Noyés dans la terre et brisés en 1000 morceaux, les spécialistes prélèvent des blocs un peu au hasard.
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La découverte d’un trésor archéologique
Après un nettoyage prudent, à l'éponge, et non pas au Karcher comme utilisé usuellement, une très belle surprise enthousiasme les experts. Une semaine après, qu’elle n’est pas la surprise pour les spécialistes de découvrir des décors sculptés sur les pierres apparaître peu à peu. Parmi les morceaux, un bloc interpelle l'attention des spécialistes. Il a une forme conique et comporte un décor organique, mais impossible au début pour l’équipe d’en identifier sa nature. Puis, en le retournant, l’équipe comprend, c’est un morceau de toiture qui ne peut appartenir qu’à un mausolée. En effet, Marie-Laure Thierry, l’archéologue responsable des fouilles, explique que durant l’époque romaine, seuls les mausolées avaient une toiture conique.

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Le monstre marin du mausolée
C’est à ce moment que sur un fragment d’environ 65 centimètres, se définit un homme sirène, musclé et barbu vu de face les bras ouverts. Ne s’agissant vraisemblablement ni de Neptune (dieu romain de la mer, protecteur des pêcheurs et des chevaux), ni de Jupiter (dieu associé à la foudre et aux tempêtes), c’est en fait un triton, qui, comme l’explique Thierry, est représenté avec un réel souci réaliste. La figure du triton étant très souvent associée aux monuments funéraires de l’époque romaine, le bloc de grès vient alors confirmer l’hypothèse des chercheurs. Aux côtés du triton, apparaît une tête hippique, l’animal de prédilection des dieux marins avec les taureaux aquatiques et autres hippocampes. Un univers fantastique faisant référence au voyage des macchabées après la mort. Le grand plongeon et l’ultime nage. D’autres figures similaires furent identifiées sur plusieurs mosaïques et poteries de Herculanum à Ephèse. D'autres structures funéraires comparables comportant des figures de triton furent aussi identifiées en Auvergne, d'Aulnat à Mont-Dore. Néanmoins, celui-ci reste tout à fait spécial puisque c’est le premier à faire surface dans l’Allier.

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Trop rare pour être vrai ?
Même si la combinaison du décor décrit plus haut et de la forme conique d’un des blocs retrouvés permettent aux chercheurs de penser ces restes comme ceux d’un mausolée, certains points restent en suspens. La localisation exacte du bâtiment funéraire par exemple. En effet l’endroit où furent découverts les vestiges ne concorde pas avec l’emplacement usuel d’une telle structure. De plus, ce type de bâtiments étant extrêmement rare tant en Gaule Romaine, qu’en France actuelle, de plus amples recherches sont nécessaires. Quoi qu’il arrive, notre homme sirène aura été sauvé du projet d’aménagement privé qui a débuté sur le site après le passage des archéologues mandatés par la Drac Auvergne-Rhône-Alpes.
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