La Joconde de Léonard de Vinci a été copiée très peu de temps après sa création. Parmi les répliques célèbres, citons la Joconde du Prado, qui aurait été réalisée par un élève de Léonard de Vinci de son vivant, et la Joconde d'Isleworth, dont la rumeur veut qu'elle ait été copiée par Léonard de Vinci lui-même.
De Vinci a vendu l'original peu avant sa mort à François Ier, qui avait été son dernier mécène et l'avait fait venir en France. Le tableau, le plus visité au monde aujourd’hui, est ainsi entré dans la collection royale de France et a d'abord été conservé dans les châteaux d'Amboise et de Fontainebleau avant d'être transféré au Louvre au XVIIe siècle.

Au XVIIe siècle, les peintres apprentis étaient encouragés à copier les œuvres de grands maîtres, souvent celles issues des collections royales, pour parfaire leur formation. Bien entendu, la Joconde était un modèle de choix. La « Mona Lisa Hekking », une réplique du début du XVIIe siècle à l’histoire rocambolesque, a été adjugée chez Christie's en juin 2021 pour 2,9 millions d’euros, devenant ainsi la réplique la plus chère jamais vendue aux enchères (selon la base de données des prix réalisés de Barnebys).

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Le record précédent était détenu par une autre copie du XVIIe siècle qui avait été cédée chez Sotheby's à New York pour 1,6 million de dollars (1,47 million d’euros) en 2019.
Au fil des siècles, à mesure que les codes et les pratiques artistiques ont évolués, la Joconde n'a pas seulement été copiée : elle s’est hissée au rand d’icône et de véritable muse. De Duchamp à Botero, en passant par Banksy, nombreux sont les artistes qui ont proposé leur propres interprétations du célèbre tableau de maître.

La ré-interprétation la plus chère de la Joconde est celle d'Andy Warhol, qui a commencé a exploiter le sujet dans les années 1960 sous forme de sérigraphies. Explorant l’art de la répétition, l’artiste pop a créé diverses œuvres à partir d'une carte postale de la Joconde, la plus connue étant Thirty Are Better Than One. En 2015, sa Colored Mona Lisa est passée sous le marteau de Christie's pour 56 millions de dollars (50 millions d’euros).

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Les ready-mades de Marcel Duchamp ont eu une influence majeure sur les différents courants de l'art contemporain. En 1919, année du 400e anniversaire de la mort de De Vinci, Duchamp a ajouté une moustache et un bouc à une reproduction imprimée de la Joconde et a intitulé son œuvre L.H.O.O.Q.. Le nom est à la fois un homophone du mot anglais look et un allographe que l'on peut ainsi prononcer « elle a chaud au cul ». L’œuvre s’inscrit dans le courant des ready-made et témoigne de la volonté de l’artiste de questionner l’art. Au fil des ans, Duchamp a réalisé plusieurs versions de L.H.O.O.Q., la plus chère à ce jour ayant atteint 1,2 million de dollars (1,05 million d’euros) chez Christie's en mai 2016.

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En 1959, l'artiste colombien Fernando Botero s'est emparé de l’image de la Joconde pour créer une série de tableaux représentant la femme de la Renaissance à un jeune âge. Ces œuvres ont constitué une étape importante dans la pratique de Botero, amorçant les figures volumineuses qui l’ont rendu célèbre. L’une des œuvres de cette série, Mona Lisa, Aged 12 (1959), a été la première qu'il ait réussi à vendre à un grand musée : le MoMA de New York.
La version illustrée ici, qui a été vendue chez Christie's en 2018 pour 1 million de dollars (853 878 euros), montre une Mona Lisa encore enfantine dans une robe rose et avec un nœud dans les cheveux.

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Le surréaliste René Magritte a peint sa version de la Joconde en 1960, sans même en avoir conscience : c’est l'historienne de l'art Suzi Gablik, qui a vécu avec Magritte pendant quelques mois, qui a trouvé le titre. Magritte a par la suite sélectionné (avec d’autre toiles) sa version de La Joconde pour en faire une sculptures en bronze. Le tableau de 1960 a été vendu 2,5 millions de livres sterling (2,85 millions d’euros) chez Sotheby's en 2011.

Notre dernier exemple s'inscrit dans le courant de l’art de rue, prouvant encore une fois l’impact de la peinture de la Renaissance sur les domaines plus contemporains. Banksy a représenté l'œuvre de Vinci en 2000, après avoir déménagé de Bristol à Londres. Sa Mona Lisa, qui a été cédée chez Christie's pour 731 250 livres sterling en 2019 (824 850 euros), a été réalisée à l'aide d'un pochoir et de peinture en spray. En 2004, Banksy avait secrètement accroché une Joconde avec un smiley entre les tableaux du Louvre.
Et qu'en est-il de la véritable Joconde ? Le Louvre ne s'en séparera probablement jamais, même s'il le voulait. Le tableau appartient à l'État français et n'est donc pas à vendre. Un entrepreneur a récemment proposé d'acheter la Joconde au profit de l'industrie culturelle française, qui a souffert financièrement de la pandémie. Son prix d'achat était de 50 milliards d'euros.
Qui pourrait se permettre de dépenser une somme aussi importante ? Le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, bien sûr. Une pétition, qui ne se voulait probablement pas très sérieuse, a sarcastiquement proposé (ou exigé) que la personne la plus riche du monde ne se contente pas seulement d’acheter le tableau, mais de le manger.







