María de la Concepción, surnommée Maya, naît le 5 septembre 1935 de l’union passionnelle entre Pablo Picasso et Marie-Thérèse Walter, dès lors, elle suscitera un jaillissement créatif pour l’artiste.

Maya dans sa vie de femme mènera une carrière d’historienne de l’art spécialisée dans l’œuvre de son père. Elle recevra plusieurs décoration dont l’insigne de Chevalier de la Légion d’Honneur en 2007 et le titre de Commandeur des arts et des lettres en 2016 pour sa participation au rayonnement de l’artiste en France et dans le monde. En 2021, Maya et ses trois enfants, réalisaient une dation de 9 œuvres de la main du grand artiste. Maya est morte le 20 décembre à quelques jours de la fin d’une double exposition au Musée Picasso révélant les neufs travaux ainsi que de puissants témoignages d’une relation entre un père et sa fille.

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« Papa dessine-moi... »
Lorsque Maya voit le jour en 1935, Picasso est marié depuis 1918 avec la danseuse des ballets russes Olga Khokhlova avec qui il a un fils de 14 ans - Paul. La naissance de Maya précipite la séparation du couple et bouleverse l’artiste qui arrêtera de peindre pendant presque un an, jusqu’à février 1936. Si Picasso consacre également de nombreux tableaux à ses derniers enfants, c’est Maya qui le captivera le plus. Rien qu’en un an, alors que Maya a 4 ans, il lui consacre 14 portraits, puis par la suite, de nombreux dessins dans lesquels il étudie avec minutie son évolution physique et psychique.
Avec ses yeux il regardait. Avec ses mains il dessinait ou modelait. Avec sa peau, ses narines, son cœur, son esprit, ses tripes même il ressentait ce que nous étions, c'est pourquoi il fut capable de comprendre l’être humain, si jeune soit-il, avec tant de vérité.
Complices, le dessin unit le père et sa fille. Pour Maya en effet, mais aussi avec elle, l’artiste dessine : « Papa dessine-moi... » et Papa me dessinait ce que je lui demandais avec une patience incroyable ». Malgré la guerre, Maya procure beaucoup de joie à l’artiste qui crée à partir de matériaux de récupération des jouets venant égayer un quotidien obscurci par l’occupation allemande et les restrictions.

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À la fin de la guerre, l’artiste s’installe dans le sud de la France avec sa nouvelle compagne, Françoise Gilot, avec qui il aura deux enfants, Claude et Paloma. Ce déménagement sépare le père et la fille. Néanmoins, Maya maintient un lien très fort avec la famille recomposée à laquelle elle rend fréquemment visite. Elle assistera son père et Henri George Clouzot dans la réalisation de son film « Le mystère Picasso » de juillet à septembre 1955. Cette collaboration caractérisera les derniers instants de vie partagée entre la fille et le père qui meurt en avril 1973 à Mougins sans laisser de testament. Olivier, le fils de Maya témoignait auprès de l'AFP :
C'est la seule personne au monde que je connaisse qui ne parlait pas de Pablo Picasso mais de papa. (...) Je crois que ça témoigne de cette relation exceptionnelle qu'elle avait eue avec lui.

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Le père séducteur
Malgré sa nouvelle union, Picasso maintient également des liens avec Marie Thérèse Walter, la mère de Maya. Le couple se rencontre en 1927 à la sortie des galeries Lafayette alors que Marie-Thérèse n’a que 17 ans et l’artiste lui 45. Il loge la jeune femme dans un appartement rue de La Boétie, à quelques numéros de l’appartement qu’il partage avec sa première femme Olga. Le couple se fréquente pendant 8 ans avant d’avoir Maya en 1935. Marie-Thérèse sera la source d’un grand élan créatif pour l’artiste. On la retrouve dans de nombreuses œuvres de l’artiste, sous forme symbolique (guitares au monogramme « MTW » ), ou expressive des nus féminins aux formes voluptueuses et sensuelles. Marie-Thérèse est à la fois la muse et la mère. Inspiration et relation n’empêcheront pas l’artiste d’entamer une liaison avec Dora Maar de 1936 à 1943, puis de fonder une nouvelle famille avec Françoise Gilot qu’il rencontre en 1943 dans un restaurant parisien. Cette dernière sera d’ailleurs la seule qui saura tenir tête et dire « non » au peintre «croqueur de femmes ».

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