La vente de printemps chez Bukowskis, c’est une sélection de plus de 2 000 objets d’art, de design, d’artisanat et de joaillerie. Les 3 et 4 juin, les collectionneurs sont invités à enchérir sur des œuvres signées par de grands artistes modernes et contemporains comme, entre autres, Chagall, Warhol, Dubuffet, Picasso, Banksy ou encore Anders Zorn. Le mobilier « de style Louis » viendra se mêler aux meubles scandinaves, tandis que les grandes maisons de joaillerie et les objets d’art asiatique les plus fins ponctueront la session.

En 1952, alors que Marc Chagall était sur le point de se remarier, son ami Teriade, critique d'art et éditeur d'ouvrages d’art, lui a demandé d'illustrer la pastorale antique Daphnis et Chloé. Ce projet représente un cycle majeur dans la carrière de Chagall, qui avec sa nouvelle épouse, Vava, et littéralement en voyage de noces, s'est rendu pour la première fois en Grèce afin de trouver l'inspiration pour illustrer ce conte. À Delphes, à Athènes et sur l'île de Poros, Marc et Vava sont tombés amoureux de la Grèce et de l'histoire de Daphnis et Chloé.
Publiées par Teriade en 1961 dans l'édition de luxe de seulement 60 exemplaires, les illustrations réalisées par Chagall pour la pastorale sont universellement reconnues comme les estampes les plus importantes de sa carrière. Springtime in the meadow, lithographie en couleur présentée chez Bukowskis, fait partie de la série d’illustrations pour Daphnis et Chloé publiée en 1961 et porte le numéro 16 sur 60. En 1958, Chagall a également été chargé par l'Opéra de Paris de créer plusieurs décors et costumes pour le ballet Daphnis et Chloé de Ravel.

Cette affiche colorée illustre le thème du roman Reine de Joie, de l'auteur controversé Victor Joze (Joze Dobrski de Jastzebiec de son vrai nom). Dans l’ouvrage, le lecteur suit les aventures d’une jeune courtisane parisienne qui a convaincu le baron de Rosenfeld, un riche banquier juif, de la rémunérer en échange de ses services. À travers le personnage fictif de Rosenfeld, qui aurait été vaguement basé sur le vrai baron de Rothschild, Joze dépeignait les banquiers juifs comme cupides, malhonnêtes et non raffinés. L’illustration et le livre ont provoqué l’indignation de Rothschild et de ses amis, qui ont essayé d’arracher l’affiche placardée dans les rues de Paris.

Dans la deuxième moitié de sa carrière, et particulièrement après la Seconde Guerre mondiale, Jean Dubuffet a exploré les questions de fond et de matérialité. Les surfaces de ses toiles sont épaisses et coagulées, leur esthétique est boueuse et scatologique, et son coup de crayon se veut volontairement grossier. Dubuffet a inventé le terme « Art Brut » pour décrire des productions de marginaux ou de malades mentaux : des peintures, sculptures et calligraphies dont il reconnaît s'être lui-même largement inspiré.
Ses propres peintures sont délibérément « déqualifiées », possédant souvent la spontanéité et l'esthétique grossière des peintures au doigt. Dans le catalogue de la rétrospective de 1961, année de production de Personnage au costume rouge, la lithographie présentée ici, il écrit : « Le vrai art est toujours là où on ne l'attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. L'art, il déteste d'être reconnu et salué par son nom. Il se sauve aussitôt. L'art est un personnage passionnément épris d’incognito. »

Plusieurs œuvres du roi du pop art ponctuent le catalogue, mais la plus emblématique de la sélection est sans doute Liz. Dans les années 1960, Andy Warhol était au sommet de son art et ses mythiques portraits colorés de célébrités sont tout aussi appréciés aujourd'hui qu'ils l'étaient il y a plus d'un demi-siècle. Cette copie de la glamour Elizabeth Taylor a été publiée en 1967 par l'influente galerie new-yorkaise Leo Castelli.

En quête de solitude et de nature, l'artiste Anders Zorn a acheté une cabane de pêcheur à Gopsmor, au cœur de la Suède, pour aller s’isoler et peindre. L'artiste se rendait généralement dans son petit havre de paix en janvier et en été. C'est là-bas qu'il a réalisé Vieux miroir, une huile sur toile de 1915 représentant une femme nue surprise par son propre reflet, ainsi que plusieurs autres scènes d’intérieur et des paysages.

L'un des objets les plus sensationnels qui sera présenté le 3 juin n’est autre que cette pièce de métal d'une valeur de 8 dollars. Il s'agit de la deuxième plus grande pièce de monnaie au monde et pèse environ 14 kilos. La grande pièce de cuivre, qui a plus l’apparence d’un billet, a été fabriquée à Avesta en 1659. Aujourd'hui, il n’existe que six à dix exemplaires connus dans des collections privées, et ce modèle porte une estimation de 180 000 à 200 000 euros, compte tenu de sa rareté.

Autre lot notoire, cette assiette décorative octogonale en émail cloisonné polychrome Fabergé. Il s'agit d'une œuvre de l'orfèvre Feodor Rückert, qui a travaillé comme contremaître chez la célèbre maison russe à partir de 1887.

L’une des sessions sera consacrée aux bijoux et à l'art asiatique, avec pour lot phare cette figure de Bouddha datée du XVIIIe siècle. L'objet est réalisé dans la technique du repoussé, une méthode employée en orfèvrerie ou en reliure, selon laquelle l'artiste travaille à froid, à l'envers, une feuille ou une fine plaque de métal de manière à faire ressortir une image ou un ornement.

Côté joaillerie, les experts ont rassemblé une large gamme de modèles allant des bagues en diamant aux colliers de perles, en passant par les bijoux fantaisie ou les créations de marques de luxe. L'un des bijoux les plus sensationnels du catalogue reste ce remarquable diadème et collier serti de perles et de diamants taille ancienne.
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