Statue, statuette, sculpture ou figurine, les œuvres en trois dimensions ont pris d’innombrables formes, tailles et fonctions. Les artistes ont redoublé d’inventivité pour trouver de nouvelles méthodes de production et on fait de la discipline l’un des médiums les plus expressifs de l’histoire de l’art. Conservées dans les musées, érigées sur des sites historiques ou dans des espaces publics, les sculptures témoignent du chemin parcouru par l’humanité et recèlent, pour certaines, encore bien des mystères. Retour sur 10 œuvres parmi les plus célèbres du monde.
Le Sphinx de Gizeh, Égypte

Le Sphinx de Gizeh veille, depuis plus de 4 000 ans, sur les pyramides non loin de la capitale égyptienne. On ignore encore l’auteur et le commanditaire, s’il y en a eu un, ainsi que la fonction réelle de cette créature féline à tête de pharaon. Les historiens attribuent sa fabrication à Khéphren, l'un des pharaons de la IVe dynastie de l'Ancien Empire, dont la tête serait le portrait, ou à son père, Khéops.
La roche calcaire qui constitue l’ouvrage aurait été laissée en abondance lors de l'extraction du matériau pour la construction de la pyramide de Khéops. Le Sphinx reste la sculpture monumentale monolithique la plus grande du monde.
La Vénus de Milo, Musée du Louvre

Les deux plus anciennes représentations du corps humain datent du paléolithique inférieur et figurent des formes féminines. Ces deux œuvres ont été baptisées d'après la déesse de l’amour, Vénus, symbole de la beauté féminine par excellence : la Vénus de Willendorf, découverte en Basse-Autriche, et la Vénus de Hohle Fels, du Jura Souabe.
Néanmoins, la représentation la plus célèbre de la divinité est une statue en marbre sans bras datant de la période hellénistique (336-30 av. J.-C.). L’œuvre a été découverte par hasard par un fermier sur l'île grecque de Milos en 1820. La Vénus de Milo est entrée au Louvre grâce à l'ambassadeur de France à Constantinople (la Grèce faisait alors partie de l'Empire ottoman), qui a pu l'acquérir pour le musée parisien.
Les Moaï, Île de Pâques

Aussi énigmatiques que le Sphinx de Gizeh, les Moaï sont des statues colossales qui ont rendu l'île de Pâques, dans l'océan Pacifique, mondialement connue. Les Moaï, terme signifiant « figure de pierre » dans le dialecte polynésien des habitants de l'île, font en moyenne 4,05 m de haut et pèsent 12,5 tonnes. La majorité de ces monolithes sont sculptés dans du tuf issu principalement de la carrière du volcan Rano Raraku.
Ils ont été érigés en rang sur les ahu, plateformes cérémonielles construites à cet effet, par les matamua, anciens habitants de l’île, pour honorer des ancêtres. Aujourd'hui, on peut encore admirer 638 Moaï sur l'île de Pâques, même si autrefois il y en aurait eu plus de 1 000. Au XVIIe siècle, la tradition des Moaï, vieille de 500 ans, a pris fin avec le déclin de la culture de l'île de Pâques.
Michel-Ange, David, Florence

En 1464, une commande est faite à Agostino di Duccio pour sculpter la figure géante d’un prophète pour l'extérieur de la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence. Duccio extrait et dégrossit un bloc de marbre des carrières de Carrare, mais il abandonne au bout de trois ans devant l'ampleur de la tâche. Après une autre tentative d’Antonio Rossellino, le bloc reste quarante ans dans l'atelier de la cathédrale, à moitié travaillé.
En 1501, Michel-Ange est chargé par l'Opera del Duomo et l'Arte della Lana (la plus importante maison de commerce et de banque de Florence au XIVe siècle, liée aux tisserands) de créer une statue monumentale du héros biblique David dans le bloc. Trois années seront nécessaires pour sculpter ce qui sera la première statue monumentale de la Renaissance. Le David, haut de 5,17 m, se tient debout dans son plus simple appareil.
Devant l’insistance de Michel-Ange, David est l'installé devant le Palazzo Vecchio et prend la place de la Judith et Holopherne de Donatello (qui rejoint l'intérieur du Palais), et devient le symbole de Forence, cette Cité-État alors menacée de tous les côtés par des états rivaux puissants.
Jérôme Duquesnoy, Manneken Pis, Bruxelles

Jour après jour, de nombreux touristes se rassemblent devant une fontaine dans la capitale belge pour regarder une statue en bronze de 61 cm uriner. Manneken Pis, représentant un petit garçon nu, a été créé en 1619 par le sculpteur bruxellois Jérôme Duquesnoy pour orner l'une des nombreuses fontaines qui alimentaient les habitants de la ville en eau potable. Conçu à l'origine comme une simple « blague », le Manneken Pis est aujourd’hui le symbole le plus connu des Bruxellois, il personnifie aussi leur sens de l'humour et leur indépendance d'esprit.
Le Manneken Pis possède également sa propre garde-robe : il arbore des costumes à thèmes pour diverses occasions. Le plus ancien témoignage de la tradition d’habiller la statue remonte à 1615 et aujourd’hui, on compte 950 habits dans sa garde-robe.
Auguste Rodin, Le Penseur, Musée Rodin

Dans le jardin du musée Rodin à Paris, sur un piédestal de pierre, on peut admirer le chef-d’œuvre de celui que l’on considère comme le père de la sculpture moderne. Le Penseur, d’Auguste Rodin, faisait à l’origine partie d’une commande pour le musée des Arts décoratifs de Paris et devait représenter Dante devant les portes de l'Enfer, méditant sur son poème. La commande de 1880 n'a jamais abouti, mais Rodin a passé le reste de sa vie à travailler sur ce thème.
Figurant un homme nu symbolisant l'universalité de la pensée, l’œuvre et a été exposée pour la première fois indépendamment à Copenhague en 1888, devenant alors Le Penseur (au lieu du Poète). Rodin a pris pour modèle le boxeur Jean Baud, avec lequel il a également travaillé sur d'autres œuvres.
Frédéric-Auguste Bartholdi, Statue de la Liberté, New York

Alors que de nombreux immigrants arrivaient dans le port de New York à partir de la fin du XIXe siècle, Liberty Island, petite île au large des côtes, semblait être l’emplacement idéal pour une statue symbolisant la liberté. En 1871, à la demande d'Édouard Lefebvre de Laboulaye et de l'union franco-américaine, le sculpteur français Frédéric-Auguste Bartholdi effectue son premier voyage aux États-Unis pour sélectionner en personne le site où sera installée la statue de la Liberté.
Après une collecte de dons des deux côtés de l'Atlantique pour financer le projet, La Liberté éclairant le monde (le vrai nom de l’œuvre) a vu le jour. Pour la statue, Bartholdi a imaginé une déesse grecque coiffée d’une couronne à sept pointes, tenant une torche dans sa main levée. Le 28 octobre 1886, la « Lady Liberty », sur son socle de 93 m de haut, a été inaugurée.
Edvard Eriksen, La Petite sirène, Copenhague

Elle est assise paisiblement sur le front de mer à Copenhague : La Petite Sirène est une statue tirée du conte de fées écrit par Hans Christian Andersen en 1837. L’œuvre en bronze de 125 cm de haut a été réalisée par le sculpteur danois Edvard Eriksen, qui a tenté de capturer le tourment de la sirène tiraillée entre son monde et celui des humains.
Le sculpteur s’est servi de trois modèles différents pour son ouvrage : la sculpture d’Henry Chapu Jeanne d'Arc écoutant ses voix pour la pose, sa propre femme pour le corps nu, et pour le visage, celui de la ballerine Ellen Price, qui avait incarné la petite sirène dans un ballet.
Henry Bacon & Daniel Chester French, Lincoln Memorial, Washington

Abraham Lincoln, le 16e président des États-Unis, trône solennellement dans un temple de style gréco-dorien offrant une vue imprenable sur le Capitole de Washington. Les travaux du temple ont commencé en 1915, à l'occasion du 50e anniversaire de la mort du chef d’État.
Le temple, dont les 36 colonnes symbolisent les 36 états existant pendant le mandat de Lincoln, a été construit selon un plan d'Henry Bacon. La statue de 5,80 m de haut qui se trouve à l'intérieur est l'œuvre du sculpteur américain Daniel Chester French. Comme le David de Michel-Ange, la sculpture se compose de marbre blanc, mais n’a pas été taillée dans un seul bloc. En effet, contrairement à l’ouvrage du maître de la Renaissance, la statue de Lincoln se compose de 28 blocs différents.
Heitor da Silva Costa & Paul Landowski, Cristo Redentor, Rio de Janeiro

Depuis le 12 octobre 1931, la statue Christo Redentor (Le Christ Rédempteur) veille sur la métropole de Rio de Janeiro. À l'occasion du 100e anniversaire de l'indépendance du Brésil, en 1922, l’ingénieur civil brésilien Heitor da Silva Costa a été chargé du projet. Il a fait appel au sculpteur franco-polonais Paul Landowski pour la fabrication. Après cinq années de travail, une statue de 30 m en béton armé de style Art Déco a vu le jour. La montagne Corcovado, qui s’élève à 710 m d’altitude, a été choisie comme site et permet au Christ Rédempteur de regarder la ville et la baie de Guanabara jusqu'à la célèbre montagne du Pain de Sucre.




