Organisée pour la 16e année consécutive chez Adjug’art, « l’Âme bretonne » a réuni plus de 530 lots illustrant toute l’habilité artistique des créateurs de la région : peintures, dessins, meubles, sculptures, poteries, art populaire étaient au rendez-vous, mais ce sont surtout les faïences qui ont fait vaciller le cœur des collectionneurs.
Ce mélange d’époques, de styles, et de prix est devenu le rendez-vous incontournable des passionnés de la culture. Une vacation à la fois prestigieuse et abordable (à partir de 20 euros), qui pour sa 16e édition, alignait des pièces très rares, toutes sélectionnées et estimées par les experts de Maître Cosquéric, Didier Gouin et Alain Le Berre. « L’Âme bretonne, vente aux enchères à l’aura particulière, s’adresse aux collectionneurs et aux amoureux de la Bretagne à travers le monde », a commenté le commissaire-priseur brestois.

Une centaine de tableaux, aquarelles et dessins sont passé sous le marteau en matinée, y compris une aquarelle de Jean-Julien Lemordant, représentant un couple du Morbihan et rappelant le plafond du théâtre de Rennes, qui s’est envolée pour 1 800 euros. Les objets traditionnels ont également créé la surprise : une cuillère d’apparat en buis sculpté et gravé en inclusion d’étain de 1851 a été poussée à 1 050 euros, tandis qu’un cadran solaire de la fin du XVIIe siècle orné des marqueteries de marquis a trouvé preneur pour 1 300 euros.

Plus que la peinture ou le dessin, c’est le domaine de la faïence qui a confirmé la réussite de la vente. Une imposante figure de 62 centimètres de hauteur représentant la grande sainte Anne des Bretons entourée des cinq évêchés bretons, réalisée vers 1930 par Anie Mouroux pour la manufacture Henriot, a atteint 4 000 euros, quand sa réplique à plus petite échelle s’est disputée jusqu’à 2 050 euros. Anie Mouroux, élève à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, a été la première artiste féminine à monter en loge pour le Grand Prix de Rome de gravure en médailles, qu’elle remporte en 1919, restant pendant longtemps la seule femme récompensée par ce titre.

Outre ses quelques dessins et peintures proposées lors de la vente, l’artiste Meheut Mathurin était représenté avec plusieurs céramiques, dont le groupe des porteuses d'ex-voto marin en faïence polychrome, achetée par le Musée de la Marine à Paris pour 5 200 euros, soit le double de son estimation. Les pièces en grès, comme celles de Jorg Robin (4 800 euros), ont remporté un franc succès, car selon l’expert en céramique Yannick Clapier, « les sculptures en grès nécessitent des fours et des pigments spéciaux qui ne se font plus depuis les années 1980 ».

Autre belle enchère, celle de la statuette en faïence du Grand Saint Yves de Jean Boulbain, cédée pour 5 150 euros. Réalisée, comme c’était le cas pour Anie Mouroux, en collaboration avec la manufacture Henriot en 1940, la figurine du saint ne fait pas beaucoup d’apparitions en salle des ventes. Comme l’a déclaré Yves Cosquéric, « la dernière fois que nous avons vu passer un exemplaire de cette œuvre, c’était il y a seize ans ».
Imbibé de culture et de traditions, l’art breton séduit encore les collectionneurs de la région, et contre toutes attentes, génère un engouement qui s’étend bien au-delà des frontières celtes.
Retrouvez toutes les œuvres d'art populaire aux enchères sur Barnebys !



