La sculpture est une part importante de l’histoire de l’art qui a connu, au même titre que la peinture, des avancées, des révolutions ainsi que l’arrivée de grands maîtres qui ont pu réinventer leur langage plastique. Figurative ou abstraite, unique ou en série, indépendante ou monumentale, elle investit l’espace et nourrit la créativité du spectateur, contribuant à son épanouissement.
Ce qui m’enchante dans un corps de femme, ce sont les rythmes et les volumes.
Certains des plus grands représentants de la discipline seront réunis le 20 janvier prochain, lors d’une vente d’art moderne et contemporain organisée par l’Hôtel des Ventes de Monte-Carlo. Entre Antoniucci Volti, Aristide Maillol, François Pompon, Arman, ou encore Edgar Degas (représenté avec un incroyable ensemble d’épreuves en bronze), les enchères s’annoncent féroces.

Maître du nu féminin, Aristide Maillol a révolutionné la sculpture par une œuvre fondée sur des formes pleines mais simplifiées jusqu’à l’épure. Il a amorcé, au tournant entre le XIXe et le XXe siècle, l’abstraction, comme l’avait fait Cézanne en peinture. Maillol est l’un des rares sculpteurs à avoir atteint la perfection des proportions, tant pour des œuvres monumentales que celles à plus petite échelle.
Une épreuve en bronze à patine brune provenant d’une collection particulière et précédemment de la famille de l’artiste sera l’un des lots phares du catalogue de la vente. Intitulée Femme au crabe, l’œuvre témoigne de la versatilité de Maillol dans les positions de ses sujets et sa maîtrise de l’arrangement des volumes.

Inscrit dans la lignée de Maillol, le français d’origine italienne Antoniucci Volti a été fidèle à la tradition figurative, consacrant la totalité de sa carrière à glorifier la femme et son corps. « Ce qui m’enchante dans un corps de femme, ce sont les rythmes et les volumes », a-t-il un jour déclaré. Les Parisiennes, l’œuvre présentée chez HVMC, fait partie d’une série sur le thème dont la première (d’un mètre de haut) fut présentée au Salon des peintre témoins de leur temps en 1958, une édition axée sur le sujet des Parisiennes. La série a été rendue célèbre en 1992 par la création d’une version en pierre, disparue aujourd’hui.
L’exemplaire proposé ici, une épreuve à patine bleu-noir de 1962 mesurant 1,46 m de hauteur, a été exposé dans cinq musées d’état en Chine et a servi de modèle pour l’illustration de l’une des affiches de ces expositions.

La danseuse d’Ankara est une sculpture de Claire Colinet, artiste française active à Paris dans la première partie du XXe siècle. Connue pour ses représentations de danseuses exotiques, Colinet a répondu à l'ascension du mouvement Art Déco et son œuvre s’apparente au travail de Demeter Chiparus. Elle a par ailleurs reçu la médaille « honorable » au Salon des Artistes Français de 1913, aux côtés de Chiparus et de Louis Comfort Tiffany, ce qui lui a permis d’être exposée régulièrement.
Elle a représenté des odalisques, des danseuses, des jongleurs ou encore des artistes de cabaret, tout en leur conférant une intensité dramatique. Ses personnages sont généralement saisis dans des poses hiératiques et, comme La danseuse d’Ankara, semblent figés en plein milieu d’une chorégraphie ou d'un ensemble de pas complexe. Ses sculptures chryséléphantines en bronze et en ivoire sont parmi les plus belles de son corps de travail. Le drapé du costume de La danseuse d’Ankara témoigne d’une maîtrise extrême du matériau.

Un superbe ensemble de 14 épreuves en bronze d’Edgar Degas viendra ponctuer la session. Parmi elles, 13 sont consacrées au thème équestre, tandis qu’une seule figure humaine, Danseuse attachant le cordon de son maillot, renvoie à son autre sujet de prédilection, le ballet.
Les épreuves en bronze de Degas ont frappé ses contemporains par le réalisme de leur mouvement, tandis leur matière a posé la question d’une sculpture « impressionniste ». Fasciné par son univers proche, il a voué sa carrière à des sujets simples, comme la danse, la vie urbaine, les courses de chevaux et les femmes, tout en inculquant à chacune de ses œuvres une grande poésie. Ainsi, dans l’ensemble d’œuvres présenté ici, on peut admirer un cheval en plein saut d’obstacle, au galop, se cabrant, à l’abreuvoir ou encore au trot, autant de poses qui lui ont permis, comme souvent, de s’appliquer à figer le mouvement avec une précision extrême.

Le franco-suisse Antoine Poncet sera représenté avec Réaile, une épreuve à patine en bronze doré de 2000 qui témoigne de l’influence de Brancusi et Jean Arp, et particulièrement de leur approche de la forme et des volumes, sur sa pratique. Poncet crée des œuvres qui semblent encore prendre forme devant le spectateur, conférant un sentiment de dynamisme et de fugacité. La texture de la surface a une réelle importance dans son travail : ses sculptures sont polies afin de mettre en valeur les jeux de lumière.

La Tourterelle, œuvre du grand sculpteur animalier François Pompon, a d’abord été réalisée en pierre et marque une étape importante dans la carrière de l’artiste. C’est un modèle monobloc destiné à la taille, comme l’a plus tard été le Grand Duc, lui aussi étudié pour d’autres matériaux, notamment la pierre et le marbre. Les représentations de la Perruche et de l’Ara par Pompon seront traitées dans le même esprit, dans une esthétique étonnement moderne et expressive.
Comme le prouve cette Tourterelle, la sculpture de Pompon est réduite à son expression la plus simplifiée, la plus pure. Le volume ne s’encombre pas de détails et témoigne d’une volonté de d’élaborer une écriture originale et honnête. François Pompon, qui a bénéficié d’une reconnaissance tardive mais tout de même de son vivant, est considéré comme une référence dans l’histoire des arts décoratifs et de la sculpture animalière.
Outre ces œuvres tri-dimensionnelles, la vente accueillera plusieurs grands noms de la peinture tels que Jean Dubuffet, Roberto Matta, Chaïm Soutine, Jules Pascin ou encore Paul Gauguin.
Retrouvez toutes les informations relatives à la vente et aux conditions sanitaires en vigueur sur le site de la maison de ventes.
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