La maison Bruun Rasmussen expose à Paris

Pour préparer ses très prochaines ventes à Copenhague, la maison de ventes danoise Bruun Rasmussen fait son grand retour en proposant quelques-uns de ses chefs-d'œuvre à Paris. L'exposition "French Danish Connections" se tiendra à Drouot les 21 et 22 septembre prochains. À ne pas manquer!

Highlights de “French Danish Connections” - Bruun Rasmussen
Highlights de “French Danish Connections” - Bruun Rasmussen

C'est déjà la cinquième fois que la maison danoise investit les quartiers de Drouot pour présenter une exposition. En effet, pour les grandes maisons à vocation internationale comme Bruun Rasmussen, organiser une série d'expositions à l'étranger avant une vente permet de présenter à différents publics, à différents collectionneurs, les lots phares qui passeront sous le marteau. C'est tout l'enjeu de l'exposition French Danish Connections, qui rassemblera des pièces de collections danoises ayant un lien fort avec la France.

Highlights de “French Danish Connections” - Bruun Rasmussen
Highlights de “French Danish Connections” - Bruun Rasmussen

L'exposition rassemble des pièces de trois ventes qui auront lieu à Copenhague les 26, 27 et 28 septembre prochains. Deux d'entre elles seront consacrées aux peintures, sculptures et photos et la dernière portera sur des pièces devenues iconiques du design nordique. C'est une chance inouïe de pourvoir contempler à Paris ces œuvres, dont voici une infime sélection.

Le 23 mars 1891, Gauguin organisait un dîner au café Voltaire, à Paris, pour saluer ses amis avant son départ à Tahiti. On sait que le peintre danois Mogens Ballin était présent. Il fut même l'un de ceux qui accompagnèrent Gauguin à la gare le jour de son départ, le 4 avril suivant. Les deux amis ont échangé plusieurs œuvres à l'occasion de leurs rencontres, parmi lesquelles ce pot en céramique mis en vente par Bruun Rasmussen. Accidentellement cassé, le pot met en scène une Bretonne gardant les oies. Il est estimé à presque 27 000 euros (200 000 couronnes danoises).

Paul Gauguin, Bretonne gardant les oies (1886–87) - Bruun Rasmussen
Paul Gauguin, Bretonne gardant les oies (1886–87) - Bruun Rasmussen

Nombreux seront les artistes français exposés: le peintre et graveur André Marfaing, le sculpteur César Baldaccini, l'une des figures de la Nouvelle École de Paris, Maurice Estève, les peintres Paul Sérusier, Pierre Wemaëre... et bien d'autres encore. Les œuvres présentées racontent toutes une histoire singulière sur les liens qui peuvent unir les scènes artistiques française et danoise. Évoquons par exemple ce collage signé Niki de Saint-Phalle, offert à celui qui fut le directeur du SMK (Statens Museum for Kunst) de Copenhague, Lars Rostrup Bøyesen. Intitulée Cher Lars Rostrup Bøyesen, l'œuvre est estimée entre 2700 et 3700 euros (entre 20 et 30 000 couronnes danoises).

Niki de Saint-Phalle, Cher Lars Rostrup Bøyesen - Bruun Rasmussen
Niki de Saint-Phalle, Cher Lars Rostrup Bøyesen - Bruun Rasmussen

Plus qu'une seule présentation d'œuvres, ce sont des anecdotes autour d'échanges artistiques diverses qui sont explorées dans cette exposition. Aux artistes français se joignent des artistes francophones majeurs, comme le suisse Jean Tinguely ou le belge Pierre Alechinsky. Ce dernier, qui fêtera ses quatre-vingt-dix ans en octobre prochain, est particulièrement mis à l'honneur. Bruun Rasmussen a rassemblé douze de ses œuvres pour la vente, toutes pourront être admirées à Paris. D'abord membre du groupe CoBrA en 1948 (groupe clamant un retour à un art provocateur qui rassemblait des artistes de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam), Pierre Alechinsky oscille entre plusieurs styles et surtout plusieurs moyens d'expression, qui finalement le rendent inclassable. Si bien que l'énergie qui ressort des contradictions de son art devint sa signature.

Pierre Alechinsky, Son p’tit bonhomme de chemin (1997) - Bruun Rasmussen
Pierre Alechinsky, Son p’tit bonhomme de chemin (1997) - Bruun Rasmussen
Pierre Alechinsky, Halloween (1968) - Bruun Rasmussen
Pierre Alechinsky, Halloween (1968) - Bruun Rasmussen

Côté design enfin, les collectionneurs auront également de quoi s'en donner à cœur joie. Bruun Rasmussen est devenue une maison de référence en matière de design. Comme d'ordinaire, les créations mises en vente sont d'une rareté exceptionnelle. Citons notamment deux chefs-d'œuvre de l'architecte et designer danois, Finn Juhl: une table basse unique et la fameuse chaise FJ44, deux pièces dessinées pour l'ébéniste Niels Vodder.

Finn Juhl's, table basse FJ44 in Cuban mahogany up for auction at Danish auction house Bruun Rasmussen. Both designed by Finn Juh for Niels Vodder.
Finn Juhl's, table basse FJ44 in Cuban mahogany up for auction at Danish auction house Bruun Rasmussen. Both designed by Finn Juh for Niels Vodder.

La table, exposée en 1945 au Design Museum de Copenhague, est très audacieuse pour l'époque. Colorée, elle s'inscrit dans cette ère de créativité post Seconde Guerre mondiale empreinte d'un nouvel optimisme. La table n'avait jamais quitté son premier propriétaire avant d'être mise aux enchères. Elle est estimée entre 27 000 et 47 000 euros (200 000 - 400 000 couronnes danoises), mais les enchères pourraient bien s'envoler.

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La chaise, elle, est devenue célèbre parce qu'elle incarne le triomphe de l'industrie du meuble danois du milieu du XXème siècle. Celle en vente ici était l'une des pièces préférées de l'épouse de Finn Juhl. En acajou cubain, dotée d'une assise en cuir, la chaise est estimée entre 37 000 et 57 000 euros (300 000 - 500 000 couronnes danoises).

Finn Juhl, FJ44 (1944) - Bruun Rasmussen
Finn Juhl, FJ44 (1944) - Bruun Rasmussen

L'exposition French Danish Connections de Bruun Rasmussen aura lieu le 21 septembre, de 11h à 21h, et le 22 septembre, de 11h à 16h, au 12 rue Drouot, à Paris. Les ventes auront lieu à Copenhague les 26, 27 et 28 septembre.