Bouquet of Tulips, une œuvre de 10 mètres de haut en acier inoxydable et aluminium pesant 27 tonnes, a été inaugurée vendredi dernier par l’artiste Jeff Koons en présence d’Anne Hidalgo et des représentants des mécènes ayant financé le projet. Le roi du kitsch avait fait cadeau du bouquet à la France en hommage aux victimes des attentats de 2015-2016, pour symboliser l’amitié franco-américaine.
Le bouquet géant devait, selon le souhait de l’artiste, être placé devant le Palais de Tokyo, à proximité de la place du Trocadéro. Face à une violente polémique dénonçant l’outrance du projet, « l’opportunisme » de Koons, l’aspect peu commémoratif de l’œuvre et son installation inadéquate devant un musée voué aux artistes émergents français, un emplacement plus discret a été choisi. C’est donc dans les jardins du Petit Palais, à quelques encablures de l’ambassade américaine, que le bouquet reposera.

« La sculpture Bouquet of Tulips a été créée comme un monument commémoratif, un symbole d’optimisme et de guérison », a déclaré Koons lors de la cérémonie. L’œuvre représente une main géante tenant un bouquet de seulement onze tulipes. « La douzième représente la perte née des attentats », a expliqué l’artiste dans son discours. La sculpture serait une référence à la main de la statue de la Liberté brandissant la torche, et au Bouquet de l’amitié de Pablo Picasso, une lithographie de 1958.
Jane Hartley, l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis en France, était à l’origine du projet. Elle avait sollicité Koons après les attentats pour concevoir un cadeau qui au fil du temps, s’est avéré plus problématique que prévu. « Je voulais rendre ce soutien visible », a-t-elle souligné. Et puis, « un cadeau, ça s’accepte », a ajouté Anne Hidalgo lors de la cérémonie. Malgré trois années de controverses, la maire a affirmé qu’elle ne voulait pas « rater cette opportunité extraordinaire pour Paris, d’avoir ce cadeau des Etats-Unis, de Jeff Koons. »
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Connu pour ses relations avec les marques de luxe, Koons avait été accusé de participer à une marchandisation excessive de l’art contemporain, et le bouquet qualifié de cadeau « opportuniste et cynique ». Sans parler du coût de la production, 3,5 millions d’euros, sortis de la poche de 16 mécènes français et américains comprenant Weber Investissements, Kenneth C. Griffin et Accor. L’artiste a affirmé avoir déboursé un million d’euros supplémentaire pour pouvoir terminer le projet, dont les coûts avaient escaladé.

« J’ai été surpris par l’inexactitude de certaines critiques. Puis la relecture de l’histoire de France m’a aidé à comprendre et à me rendre compte que cette situation s’était déjà produite avec d’autres artistes dans le passé. Mais j’étais tellement heureux de faire un cadeau au peuple français que cela m’a permis de ne pas prêter attention à cette polémique », a confié Koons lors d’une interview pour Paris Match.
Une fois la sculpture dévoilée, l’artiste a salué les familles des victimes présentes sur le site. L’exploitation visuelle de l’œuvre sera gérée par la ville de Paris, 80% des revenus générés par les divers produits dérivés seront reversés à des associations soutenant les familles des victimes, tandis que les 20% restants serviront à l’entretien de l’œuvre.
